• Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Nous quittons notre hôtel d’Ithea pour un petit trajet en car de 20 min jusqu’à Delphes.

    Le site était consacré au dieu Apollon. En 392, l’édit de Théodose interdit les cultes païens et marque la fin du culte d’Apollon Pythien. Un village chrétien est construit dans le sanctuaire. À la fin su XIX è siècle, l’école française d’Athènes entreprend des fouilles (le village de Kastri est alors déplacé).

    Pour échapper à la jalouse Héra, Leto, séduite par Zeus, trouva refuge sur une île flottante pour accoucher (cette île, c’est Délos, qui est maintenant une île permanente). Le surnom d’Apollon, Phoebos, est peut-être dérivé de « phos » = lumière. Apollon est un dieu oraculaire, il donne les réponses de son père Zeus aux humains. Un hymne homérique à Apollon qui date du VII è siècle av JC raconte le mythe de la fondation de l’oracle. Apollon choisit cet endroit idyllique pour y établir son oracle mais Gaïa Protomantis (puis Thémis) avait déjà un sanctuaire à cet endroit ; la source sacrée et l’oracle étaient gardés par le serpent Python. D’une flèche, Apollon tua le serpent qui se décomposa sur la terre. Pythomai, en grec, signifie « pourri »). Un autre des surnoms d’Apollon est Pythios, et aussi Ekvativolos (celui qui décoche loin) et Argyrotoxos (à l’arc d’argent). Apollon partit de Delphes pour se purifier de ce crime dans le fleuve Pénée au pied du mont Olympe. C’est pourquoi les Grecs pensaient que le dieu n’était pas présent sur le site en hiver. Il était remplacé par Dionysos.

    L’arbre d’Apollon est le laurier. Le mythe dit qu’Apollon poursuivit la nymphe Daphné, fille du dieu-fleuve Pénée. Apollon allait la rattraper quand Pénée transforma sa fille en laurier.

    Delphes est un sanctuaire panhellénique, vénéré pour son oracle et ses concours Pythiques. Toutes les cités contribuaient à son embellisement.

    Nous pénétrons sur le site. Je me suis munie de ma canne de marche car le site est construit sur les flancs du Mont Parnasse, sous les rochers Phédriades (les « Resplendissantes »), Hyanpeia et Nauplia et le dénivelé est important. Les criminels étaient précipités du haut de ces rochers et la légende dit qu’Ésope, s’étant moqué des prêtres de Delphes, fut mis à mort de cette façon.

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Une hypothèse dit que le nom « delphes » viendrait du fait qu’Apollon s’est transformé en dauphin. Mais l’étymologie vient plutôt de « creux, caché dans la montagne ».

    L’oracle de Delphes était très connu dans le monde grec. On venait le consulter de loin. Les réponses étaient données en vers, au sens souvent ambigu, et pouvaient être interprétées de plusieurs façons. En réalité, les pythies étaient sans doute manipulées par les politiciens et les réponses favorisaient les uns ou les autres.

    Quelques exemples de réponses de l’oracle : Crésus, roi de Lydie, vint demander à l’oracle s’il devait faire la guerre contre les Perses. L’oracle répondit « un grand empire sera détruit ». Crésus en conclut que l’empire perse serait détruit, mais ce fut son empire qui fut détruit.

    Les Athéniens demandèrent à l’oracle comment ils devaient se protéger contre les Perses.  L’oracle répondit « par un rempart de bois » et « à Salamine, beaucoup de mères pleureront leur enfant. ». Les Grecs interprétèrent cet oracle en construisant un rempart de bateaux : ce fut la bataille de Salamine.

    En 427 av JC, les habitants de Délos voulaient arrêter l’épidémie de peste. L’oracle répondit qu’il fallait doubler l’autel d’Apollon (un cube). Impossible à réaliser ! Platon en conclut que le dieu leur faisait reproche de négliger la géométrie. L’impossibilité de la duplication du cube à la règle et au compas ne faut prouvée qu’au 19 è siècle, par Wantzel.

    É l’entrée du site, s’étend le marché : on pouvait y acheter des aliments et des ex-voto pour offrir au dieu.

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    derrière la colonne de gauche, une colonne paléochrétienne :

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Un mur monte vers le haut pour délimiter l’enceinte sacrée

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Nous empruntons la voie sacrée qui conduit au temple. De chaque côté, il y avait des statues votives et des « trésors », c’est-à-dire des constructions érigées par les cités et destinées à accueillir les offrandes des citoyens. Tout est calme sur le site, il y a peu de touristes et on a du mal à imaginer l’effervescence qui devait être quand la Pythie officiait ! Multitude de colonnes gigantesques, de trésors ornés de statues polychromes, de pèlerins, de marchands, d’animaux promis au sacrifice, le tout surmonté par le temple d’Apollon. On dit qu’à cette époque, il y avait plus de statues que d’hommes. Néron a, paraît-il, pillé plus de 500 statues.

    Sur le site maintenant, on ne voit plus que les socles des statues.

    un tableau de Tournaire qui représente Delphes à son apogée :

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Hémicycles des Rois d’Argos

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Trésor de Sicyone. Le métope « enlèvement d’Europe » se trouve au musée.

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Trésor des Béotiens

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    quelques vues de ci de là (photos de Marie et de Jules):

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

    Delphes : le sanctuaire d'Apollon

     

     

    Nous continuerons la visite demain, il faudra encore monter...


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