• Dourdan

    « J’approche d’une petite ville et je suis déjà sur une hauteur d’où je la découvre.
    Elle est située à mi-côte, une rivière baigne ses murs et coule ensuite dans une belle prairie ;
    Elle a une forêt épaisse qui la couvre des vents froids et de l’aquilon.
    Je la vois dans un jour si favorable que je compte ses tours et ses clochers ;
    Elle me paraît peinte sur le penchant de la colline. »

     

    C’est ainsi que La Bruyère décrivait la ville.

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    Nous commençons la visite de la ville sur la place De Gaulle, nommée ainsi en souvenir du passage du Président le 16 mai 1965.

     

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    Sur cette place, il y a trois bâtiments : le plus ancien étant l’église (reconstruite), le château et le plus récent, la halle.

     

    Nous faisons juste un tour dans la cour du château, ce sera l’objet d’une autre visite.

     

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    L’église Saint-Germain l’Auxerrois

     

    Une première église a été construite en 1150. Il n’en reste rien car en 1428, pendant la guerre de cent ans, les troupes de Richard Neville, comte de Salisbury incendient les parties hautes.

     

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    En 1513, Louis XII cède Dourdan à l’amiral Louis Malet de Graville, seigneur de Marcoussis. Celui-ci fait reconstruire les voûtes de la nef et sans doute le clocher nord. Louis de Graville (1438-1516) a eu un rôle important sous Louis XI, Charles VIII et Louis XII. Il a aussi entrepris des travaux à Milly-la-Forêt (halles,église, château). Il a été enterré dans l’église des Cordeliers à Malesherbes démolie à la révolution. Sa fille Anne de Graville se marie avec son cousin Pierre de Balsac. Quelques générations plus tard, on trouve dans la généalogie de Louis de Graville Catherine-Henriette d’Entragues et sa sœur Marie-Charlotte, filles de François de Balsac et de Marie Touchet et qui seront les favorites d’Henri IV.

     

     

     

    En 1567, l’église est à nouveau saccagée par les huguenots au moment des guerres de religion. Le capitaine Jacques Dargiens qui organise la défense de la ville face aux troupes d’Henri IV, fait détruire les accès aux clochers pour qu’ils ne servent pas de base de tir à l’ennemi.

     

     

     

    En 1641, les deux flèches asymétriques ont été ajoutées.

     

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    En 1689, la construction de la Chapelle de la Vierge augmente la longueur de l’église de 14 m. Un propriétaire a donné un bout de terrain et fait construire une petite porte pour accéder directement à l’église. Il est donc possible maintenant de faire le tour de l’église.

     

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    Pendant la Révolution, l’église est désaffectée et transformée en dépôt de paille et en prison. Elle est rouverte au culte en 1795. Au 19 è siècle, elle menace de tomber en ruines et des étais métalliques sont placés pour contrer l’écartement des piliers. Grâce à l’argent de la Fabrique, de la mairie et aux dons, elle est restaurée.

     

     

     

    Le plan de l’église est inhabituel : il n’y a pas de transept. La nef est construite sur trois niveaux : des arcs brisés , un triforium muet, des vitraux.

     

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    Le vitrail du chœur  représente des personnages qui ont marqué l’histoire de la ville. Tout à droite : Saint Louis (il a possedé la ville), à côté : Saint Germain avec sa crosse, le patron de l’église. Tout à gauche : Saint Pierre, avec ses clés, pour rappeler l’autre église de la ville, démolie. À côté : Saint Étienne (l’église contenait des reliques disparues au moment de la Révolution).

     

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    Pierre tombale de Jean-François Regnard (voir plus loin l’histoire de ce personnage, dans le chapitre église Saint-Pierre).

     

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    Pierre tombale de Mesdard (Médard) Chassevant, officier de la Fourrière du Roi. Mort en août 1757 âge de 74 ans. Il était marié à Marguerite Pichard. L’officier de la Fourrière du Roi était chargé de l’entretien des cheminées. La Fourrière était l’un des 7 services de la Bouche du roi.

     

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    La conférencière nous explique les vitraux :

     

    vitrail sud : Ste Emilie, St Fçois de Sales, Ste Amélie (fin XIX è)

     

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    côté sud, un vitrail surmonte un cénotaphe. Suite aux discussions qui n’aboutissent pas concernant la construction d’un monument aux morts de la guerre de 14-18, Désiré Léon Lejars (maire de 1820 à 1822) décide en 1920 de faire construire un cénotaphe dans l’église. Le vitrail (en art déco) est détruit par les intempéries et celui que nous voyons a été payé en 1955 par la fille de M. Lejars (mariée à Bernard Rouillon). Il représente un cimetière en bas et deux anges portant les palmes du martyr et de l’héroïsme. Sur le cénotaphe, on a également inscrit les morts de la seconde guerre mondiale.

     

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    Côté nord :

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    vitrail représentant une madone italienne, donné en 1880 par Mme Curot-Desprez qui s’est fait représenter en médaillon.

     

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    Nous ressortons de l’église pour regarder la façade ouest d’entrée. Les statues ont disparu, sans doute sous la Révolution. Il reste quand même quelques gargouilles, une sculpture représentant un singe qui se gratte les fesses. Située à gauche (partie diabolique) du portail, elle représente le mal.

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    Il y a aussi un joli bas-relief, en bas d’une niche surmontée d’une coquille saint-jacques (mais on n’est pas sur le parcours du chemin de Compostelle).

     

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    La halle (place du marché aux grains) a été construite en bois au XIII è puis reconstruite de 1836 à 1850. Elle mesure 38 m sur 14 m. C’est maintenant un parking mais le marché s’y tient les mercredi et samedi matin. On y tint la justice à l’étage jusqu’au XVIIIè (la prison était dans le château)

     

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    dans les rues :

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    place du marché aux herbes : L’ Hôtel-Dieu a été construit près de l’église : on y soignait d’abord les âmes, ensuite les corps. Il était placé sous la protection de l’évêque de Chartres. Lieu d’asile, on y accueillait aussi les pèlerins et les indigents. L’hôpital était tenu par les Filles de la Charité. Pendant la Révolution, les religieuses restent mais doivent ôter leurs vêtements religieux et s’appeler les Filles Officieuses. En 1970, un nouvel hôpital est construit en périphérie de la ville et l’hôtel dieu devient maison de retraite et PMI. C’est depuis peu, une propriété privée.

     

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    Portail du 18 è (les pierres viennent des carrières de Saint Chéron).

     

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    La chapelle saint Jean évangéliste. On ne peut pas entrer dans la chapelle mais nous voyons deux vitraux de l’extérieur (vitraux de Lorin, de Chartres) :

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    l’un représente Louise de Marillac, elle porte le fichu noir des paysannes et est en train de travailler, la main sur un parchemin. Une inscription indique « La charité de Jésus crucifié nous presse»

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    photo du net :

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    Un autre vitrail représente Jean Gabriel Perboyre (1802-1840), prêtre lazariste, parti en Chine et tué à Wuhan. Le vitrail le représente avec la natte des Chinois, sur une croix. Un écriteau porte les caractères chinois « Propagateur d’une secte abominable ». Dans le bas du vitrail : des menottes et des instruments de torture.

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    un vitrail de l’église de Pechpeyroux (Lot) ressemble beaucoup à celui-ci

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    De l’autre côté de la chapelle, deux vitraux représentent Saint Paul et Saint Jean évangéliste.

     

     

     

    Cette petite chapelle n’est pas ouverte au public, sauf au moment des concerts.

     

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    Nous empruntons la rue Saint Pierre pour arriver sur une place qui était autrefois l’église Saint-Pierre. De là, nous avons une belle vue sur la rue et la halle.

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    Là, se tenait une église construite au XII è siècle. Elle a disparu en 1816. On ne connaît pas sa hauteur. On ne connaît que son clocher, sur cette carte postale, tout au fond. Il a été endommagé plusieurs fois par la foudre et la grêle, en 1637, 1690, 1702 et 1735 (Saint-Germain n’a rien eu). Dans ses « Chroniques de l’ancienne cité royale Dourdan » Joseph Guyot (1836-1924, rapporte les propose d’un homme passé après la foudre. Les dégâts étaient considérables, les lézardes donnaient l’impression de « griffes ». Après la Révolution, la paroisse Saint-Pierre a fusionné avec Saint-Germain et l’église Saint-Pierre a été démolie.

    Si vous avez le temps, ces chroniques de Joseph Guyot semblent très intéressantes : CLIC ICI

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    Sur la place, se tient la statue (autrefois en bronze, maintenant en pierre) du poète et dramaturge Jean-François Regnard (1655-1709). Il eut une vie mouvementée, voyagea beaucoup, en Italie, en Algérie (où il avait été vendu comme esclave), en Europe du nord, en Laponie, en Europe centrale… De retour en France, guéri de ses passions (sa maîtresse Elvire, le jeu, les voyages) il acheta une charge de Trésorier de France et le château de Grillon où il recevait beaucoup, pour des chasses et des banquets et où il mourut, d’indigestion.

     

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    au fond, le mur de l'hôtel de ville

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    Un peu plus loin, se tient l’Hôtel de Ville actuel. C’est l’ancien château du Parterre. Michel Jacques Lévy, conseiller du Roi et bailli, fait abattre une partie du rempart et construire le château du Parterre en 1725. Il vend le château à la famille de Verteillac en 1738. C’est le Siècle des lumières, Mme de Vertaillac tient salon, elle correspond avec Voltaire. Sous la Révolution, le château sert de magasin et le parc est destiné aux manœuvres.. On a voulu y faire pousser des pommes de terre mais un ingénieur déclara les terres incultes. De retour d’émigration, les Verteillac, n’ayant plus les moyens d’entretenir le château, le vendirent : plusieurs acheteurs se partagèrent le domaine : la ville de Dourdan, des avocats, des gens de lettres (ils créèrent une société). En 1863, la mairie devint définitivement propriétaire. Les plus belles salles sont la salle des mariages et la salle des portraits des maires.

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    Dans le jardin, se trouve le cinéma (il existe depuis 1930). Il y a deux salles : la salle Michel Audiard et la Salle Jean Tourane, le créateur du petit canard Saturnin. Outre Michel Audiard et Jean Tourane, ont vécu ou sont morts à Dourdan et au Val Saint-Germain, Georges Franju, Roustam Raza (le mameluk de Napoléon), la mère d’Emile Zola, Cécile Aubry et Lino Ventura.

     

    Dans le parc, on voit les drapeaux des villes jumelées : Bad Wiessee (Allemagne), Toungoumé au Mali, Lac-Maganic au Québec, Great Dunman (Royaume-Uni) et Montserrat en Espagne.

     

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    Les remparts :

     

    Ils datent de la deuxième moitié du XVI è siècle, pendant les guerres de religion. Ils ont été construits dans l’urgence, ainsi que le montrent le peu d’épaisseur des murs et la mauvaise qualité des pierres. Il y avait 18 tours, il en reste 7. Les portes étaient gardées par de grosses tours. Il y avait quatre portes principales (Paris, Chartres, Etampes et Puits des Champs) plus deux fausses portes : celles du Petit-Huis et du Moulin Routeau. Nous sommes devant la porte de Paris : le pilier de gauche a été déplacé : il ne se trouve donc plus dans l’alignement des remparts.

     

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    Dans la rue Michel, se trouvent de belles maisons bourgeoises du XIX è siècle.

     

    les maisons étaient achetées sur des catalogues édités par Juliot et Thézard. Deux types de maisons : des villas en pavillon avec composition symétrique et des villas éclectiques avec décrochements, matériaux variés.

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    la maison Thezard

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    Les bureaux de l’éditeur Emile Thézard (1860-1939) étaient de l’autre côté de la rue de la rue par rapport à son habitation. Sur la cheminée, on lit les lettres TL (sa femme s’appelait Pauline Lajotte).

     


  • Commentaires

    2
    Mardi 19 Octobre à 17:52

    J'apprends encore plein de choses sur Dourdan grâce à toi. Quand j'y vais (comme demain!) je me gare souvent dans la rie de la maison Thézard....

      • Mardi 19 Octobre à 19:43

        nous nous sommes garés au parking Québec.

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