• Après un bon repas à Getak, au bord de la rivière Yèghèguis, nous entrons dans le village de Yèghèguis (ou Eghegis). Le village s’est appelé Alayaz jusqu’en 1994. Il compte environ 500 habitants. Le chemin est raide mais il y a beaucoup de choses à voir : d’abord l’église Sourp Astvadzadzine au portail décoré de sirènes,

    Balade dans le village de Yeghégis et un petit "rafraîchissement" à Djermouk !

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    puis des mûriers de vers à soie, des troupeaux de moutons et de chèvres conduits par des bergers,

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    des khatchkars,

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    des voitures chargées de foin… Arminée nous recommande de ne pas quitter le sentier car il y a plein de serpents dans les herbes. Le paysage est grandiose.

     

    Balade dans le village de Yeghégis et un petit "rafraîchissement" à Djermouk !

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    L’église de Zorats (son nom signifie «église du soldat»), a été consacrée par l’archevêque Stépanos Tarsaïtch (1324-1331), petit-fils du prince de Siounik, Tarsaïtch Orbélian. Elle a une forme différente de celles qu’on trouve en Arménie : c’est juste un rectangle. Son rôle aussi est particulier : elle accueillait pour la communion les soldats qui partaient au combat.

     

    Balade dans le village de Yeghégis et un petit "rafraîchissement" à Djermouk !

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    Autrefois le village comptait 10 000 habitants, c’était le fief des Orbelian qui avaient fait construire des citadelles, des églises et s’y faisaient enterrer. Il y a aussi un cimetière juif que nous n’avons pas vu. Puis la ville fut abandonnée à la suite de séismes.

     

    Balade dans le village de Yeghégis et un petit "rafraîchissement" à Djermouk !

    Avons d’aller à notre hôtel, le Jermuk, nous nous arrêtons à la galerie des eaux thermales pour goûter l’eau ferrugineuse de Djermouk. Elle est censée guérir toutes les maladies, appareil digestif, rhumatismes, ORL, maladies gynécologiques… La galerie est en felsite, une roche volcanique. Cette ville était la résidence des princes en raison de son climat plus frais (on est à 2100 m d’altitude).

     

    Balade dans le village de Yeghégis et un petit "rafraîchissement" à Djermouk !

    Un bâtiment rouge est en tuf, c’est sa couleur naturelle.

     

    Balade dans le village de Yeghégis et un petit "rafraîchissement" à Djermouk !

    Plusieurs robinets déversent de l’eau à différentes températures, de 30 à 55 °. Les curistes utilisent des gobelets avec becs car l’eau attaque l’émail des dents. On avale quelques gorgées à chaque robinet. Pouah !

     

    Balade dans le village de Yeghégis et un petit "rafraîchissement" à Djermouk !

    La ville se trouve à la source de la rivière Arpa qui coule ensuite dans un canyon.

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      Le parc de l’hôtel est très fleuri. De la chambre, nous voyons les pistes de ski.

     

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  • Économie (résumé des propos d’Arminée)

     Pendant la période soviétique 1920-1991, il y avait des aspects positifs. À partir de Brejnev et après la reconstruction, le système montre des défauts et son incapacité à montrer les valeurs d’égalité. Les points forts du système soviétique étaient l’enseignement et la santé qui était prise en charge. Mais il y avait beaucoup de gaspillage et de « je m’en-foutisme ». La richesse de l’État était mal répartie et mal gérée. La république d’Arménie était relativement mieux approvisionnée. Les habitants des autres états venaient en Arménie acheter des quantités de chaussures, de nourriture pour les revendre dans leur état.

     

    On pratiquait la « vente sans étalage » : les produits étaient cachés. S’il y avait un arrivage de serviettes, on en achetait 12 d’un coup.

     

    Dans les années 80, il y avait des tickets de rationnement pour le beurre (300g par personne par mois), c’était du beurre clarifié.

     

    De 85 à 91, Gorbatchev a fait des réformes (perestroïka), il y avait un peu plus de liberté pour les artistes et pour le commerce.

     

    En 1988, à la suite du tremblement de terre, 50 % des industries sont détruites dans le nord.

     

    En 1993, l’industrie a été privatisée, ce qui était une faute grave, en cette période de crise économique. Les gens vendent leurs parts pour une bouchée de pain. Les usines ne fonctionnent plus, les industriels démontent tout pour investir ailleurs.

     

    Autrefois, les industries polluaient l’air, maintenant c’est le sol qui est pollué.

     

    Le système soviétique était très complexe, de par la spécialisation des états. Par exemple, pour fabriquer un stylo, l’encre venait d’Arménie, le plastique du Kirghizistan, le métal d’Ukraine.

     

    Pendant la période soviétique, en Arménie, on fabriquait des produits chimiques : encre, eau de javel, caoutchouc, vernis, engrais, en très grandes quantités, puisque ces produits étaient destinés à l’U.R.S.S toute entière.

     

    Après 1991, il fallait moderniser. Actuellement, les industries représentent 20 %, l’agriculture 15 %, le commerce 40 %, les services 17 % et l’immobilier 8 %.

     

    Le P.I.B est de 3880 $ par personne (par comparaison, en France : 40000 $ par personne).

     

    L’Arménie est un important producteur de cuivre et de molybdène et aussi d’argent, d’or, de sel, de pierres.

     

    La taille de diamants rapporte beaucoup à l’État.

     

    L’électricité est vendue à la Géorgie qui paie à la Russie (en remboursement de la dette russe). Il y a beaucoup de panneaux solaires, mais cela ne suffit pas et il faudra faire un nouveau réacteur nucléaire.

     

    Le tourisme est de plus en plus important. Il s’étale sur 7 mois dans l’année, surtout en septembre et octobre. L’Arménie est passée de 135 000 touristes en 2002 à 1 500 000 en 2018. Maintenant il y a de plus en plus de touristes du monde entier. Les sports d’hiver (Djermouk et Tsakhkadzor par exemple) intéressent surtout les Russes et les Iraniens. Se pose le problème des infrastructures dans certaines régions. Autrefois, les circuits se faisaient en étoile depuis Érevan et il y avait peu de guides formés. Arminée nous a raconté ses débuts de guide touristique. Maintenant les circuits se font tout autour de l’Arménie, en circuit classique comme le nôtre, ou plus sportifs, petites ou grandes randos, treks, escalade, canoë, kayak…

     

    L’Arménie fait partie de l’Union Eurasienne avec le Kazakhstan (Astana), le Kirghizstan (Bichkek), la Biélorussie (Minsk) et la Russie. Le Tadjikistan (Douchanbé), le Turkménistan (Aghchabat), l’Ouzbékistan (Tashkent) et même l’Iran, sont intéressés.

     

    Véolia gère l’eau en Arménie.

     

    Alcatel a des parts chez Ivasen Orange.

     

    Le gouvernement lutte maintenant contre le travail au noir.

     


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  • Nous reprenons la route, toujours vers le sud, à travers les monts Verdénis. Les collines sont parsemées de fleurs violettes (des sauges?) et jaunes, des achillées. Nous traversons des lieux de transhumance. La neige est toute proche mais ne va pas tarder à disparaître. Il fait très chaud.

     

    Le caravansérail de Sélim

     

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail de Sélim

     

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail de Sélim

    Nous descendons la vallée de Yèghèguis pour arriver au caravansérail de Sélim, perché dans un paysage aride et désertique. Nous sommes à 2410 m, au col de Sélim ou de la Soulema et il fait toujours très chaud ! Autrefois, les marchands sillonnaient les monts Verdènis à dos de chameaux, de chevaux ou de mulets pour transporter des denrées rares et précieuses.

    Le caravansérail de Sélim

     

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail a été construit en basalte en1332 par le prince Késar Orbelian pour abriter ces marchands de la route de la soie et leurs montures qui avaient bien besoin d’un peu de repos. Sur la façade, les inscriptions sont en persan : « à la mémoire de mon fils ». La même inscription se trouve aussi à l’intérieur. Au-dessus de la porte, des bas-reliefs représentent à gauche, une chimère (oiseau à tête de chèvre) et à droite, un bœuf.

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail de Sélim

    Nous franchissons la porte et nous entrons dans la pièce où on déposait les marchandises. La partie habitée se trouve à gauche. Il faut allumer nos lampes électriques, il fait très sombre, il y a juste quelques ouvertures au plafond. De chaque côté, il y a sept arcs avec quatre cases, on pouvait abriter 50 animaux.

     

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail de Sélim

    Le caravansérail de Sélim

    Dehors, la chaleur nous suffoque à nouveau. Des marchands vendent des fruits secs et de l’eau-de-vie.

     


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  • Deuxième arrêt, toujours sur la rive ouest du lac Sèvan, un peu plus au sud. C’est le cimetière de Noratus (prononcer No-ra-dou-ze). Il renferme 728 khatchkars (prononcer : rat-kage) allant du IX è au XVII è siècle. C’est le plus grand cimetière d’Arménie. Le cimetière de Djoulfa était beaucoup plus grand, il comptait 10 000 katchkars mais il a été complètement rasé par les Azéris en 2005.

     au fond, la chaîne Geghama :

    L cimetière de Noratus

    L cimetière de Noratus

     

    Le plus ancien khatchkar de Noratus date de 996. C’est impressionnant de voir ces rangées de pierres dressées qui regardent toutes vers l’ouest. Pourquoi vers l’ouest ? Parce que les gens prient devant la pierre, en regardant vers l’est. Il y a une autre explication : on dit qu’au jugement dernier, le Christ arrivera de l’ouest. Les khatchkars s’inclinent donc vers le Christ qui arrivera de l’ouest. Il fait très chaud  et nous sommes à contre-jour, ce n’est l’idéal pour prendre les photos !

    L cimetière de Noratus

     

    Une légende raconte que, au moment des invasions de Tamerlan, les villageois auraient équipé les khatchkars de casques et d’épées afin de faire fuir les envahisseurs.

     

     

    L cimetière de Noratus

     

    Le mot khatchkar vient de « khatch » = croix et « kar » = pierre. Il y en a environ 50 000 en Arménie, tous différents.

     

    La forme du khatchkar a atteint son apogée au Xè siècle.

     

    Les trois branches supérieures sont égales et celle du bas est plus grande. Chaque branche se divise en 8, qui est le chiffre de la résurrection. À l’extrémité des branches, se trouvent des bourgeons, toujours dans l’idée de renaissance.

     

    La croix est ici, l’arbre de vie, la victoire sur la mort. La rosace représente la renaissance et l’éternité. L’arc entourant la croix représente le paradis. En bas de la croix, les racines de l’arbre de vie remontent vers le ciel. Le disque solaire, symbole du Christ, représente la vie éternelle. Parfois, il y a des grappes de raisin (fruit de la communion), des grenades (symbole de la fertilité qu’on trouve partout en Arménie).

    Avant les invasions arabes, les pierres avaient quatre faces. Au IX è siècle, le khatchkar est utilisé comme stèle votive pour célébrer une victoire, la construction d’un pont, d’un monastère. Puis on les a utilisés comme stèles funéraires avec la tombe devant. La stèle devient ensuite de plus en plus fine. Aux IX è et X è siècles, le khatchkar entre dans sa période primitive, c’est une pierre brute, pas taillée, avec juste une croix dessus.

    L cimetière de Noratus

    L cimetière de Noratus

    L cimetière de Noratus

    Puis elle a été taillée en rectangle, avec un bourrelet au-dessus, décorée et dirigée vers l’ouest. Aux XI è et XII è siècles, c’est la période classique, le khatchkar prend sa forme définitive avec la croix, l’arbre de vie et décoration de grenades, de disque solaire. Au XIIIè siècle, c’est la période des khatchkars dentelle avec un soleil sous la croix et sous l’arbre de vie. Maintenant, on fabrique toujours des khatchkars.

    L cimetière de Noratus

    L cimetière de Noratus

    L cimetière de Noratus

     

    Le khatchkar est inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

    Parfois une croix est encadrée par deux plus petites : ce seraient les croix du Golgotha.

     

    L cimetière de Noratus

    L cimetière de Noratus

    L cimetière de Noratus

    des pierres tombales :

    L cimetière de Noratus

    des khatchkars modernes avec des statues ;

    L cimetière de Noratus

    les tricoteuses :

    L cimetière de Noratus

    les moutons ont de gros derrières

    L cimetière de Noratus

    L cimetière de Noratus

     

    En Arménie, le deuil dure huit jours, on porte des habits noirs. Pour le deuil d’un enfant, on porte des vêtements noirs à vie. Pendant le deuil, les hommes ne se rasent pas (le rasoir ne doit pas toucher la peau), les femmes gardent les cheveux longs.

     

    Il n’y a pas de caveaux familiaux, pas d’incinération, pas de caveaux temporaires. Les dépouilles sont enterrées côte à côte. Pour chaque famille, la municipalité donne une parcelle de 3 m sur 4 pour 4 personnes minimum.

     

    Les gens s’endettent pour faire construire le khatchkar et pour le repas de funérailles.

     

    Quand le défunt est à la maison, on arrête les montres et les horloges.

     

     

     

    Le cimetière de Noratus


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  • Vendredi 28 juin

     

     

     

    Munis de bonnes chaussures de marche, de capes de pluie et de lampes électriques (pour le caravansérail), nous partons à 9 h.

     

    Le premier arrêt est pour le monastère Hayravank. Il est construit sur un piton rocheux qui domine le lac Sèvan. L’église a été construite fin IX è siècle et le gavit un peu plus tard. Des khatchkars sont installés devant.

    Le lac Sèvan : Hayravank

    Le lac Sèvan : Hayravank

    Le lac Sèvan : Hayravank

    Le lac Sèvan : Hayravank

     

     


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