• « J’approche d’une petite ville et je suis déjà sur une hauteur d’où je la découvre.
    Elle est située à mi-côte, une rivière baigne ses murs et coule ensuite dans une belle prairie ;
    Elle a une forêt épaisse qui la couvre des vents froids et de l’aquilon.
    Je la vois dans un jour si favorable que je compte ses tours et ses clochers ;
    Elle me paraît peinte sur le penchant de la colline. »

     

    C’est ainsi que La Bruyère décrivait la ville.

    Dourdan

     

     

    Nous commençons la visite de la ville sur la place De Gaulle, nommée ainsi en souvenir du passage du Président le 16 mai 1965.

     

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    Sur cette place, il y a trois bâtiments : le plus ancien étant l’église (reconstruite), le château et le plus récent, la halle.

     

    Nous faisons juste un tour dans la cour du château, ce sera l’objet d’une autre visite.

     

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    L’église Saint-Germain l’Auxerrois

     

    Une première église a été construite en 1150. Il n’en reste rien car en 1428, pendant la guerre de cent ans, les troupes de Richard Neville, comte de Salisbury incendient les parties hautes.

     

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    En 1513, Louis XII cède Dourdan à l’amiral Louis Malet de Graville, seigneur de Marcoussis. Celui-ci fait reconstruire les voûtes de la nef et sans doute le clocher nord. Louis de Graville (1438-1516) a eu un rôle important sous Louis XI, Charles VIII et Louis XII. Il a aussi entrepris des travaux à Milly-la-Forêt (halles,église, château). Il a été enterré dans l’église des Cordeliers à Malesherbes démolie à la révolution. Sa fille Anne de Graville se marie avec son cousin Pierre de Balsac. Quelques générations plus tard, on trouve dans la généalogie de Louis de Graville Catherine-Henriette d’Entragues et sa sœur Marie-Charlotte, filles de François de Balsac et de Marie Touchet et qui seront les favorites d’Henri IV.

     

     

     

    En 1567, l’église est à nouveau saccagée par les huguenots au moment des guerres de religion. Le capitaine Jacques Dargiens qui organise la défense de la ville face aux troupes d’Henri IV, fait détruire les accès aux clochers pour qu’ils ne servent pas de base de tir à l’ennemi.

     

     

     

    En 1641, les deux flèches asymétriques ont été ajoutées.

     

    Dourdan

     

    En 1689, la construction de la Chapelle de la Vierge augmente la longueur de l’église de 14 m. Un propriétaire a donné un bout de terrain et fait construire une petite porte pour accéder directement à l’église. Il est donc possible maintenant de faire le tour de l’église.

     

    Dourdan

     

    Pendant la Révolution, l’église est désaffectée et transformée en dépôt de paille et en prison. Elle est rouverte au culte en 1795. Au 19 è siècle, elle menace de tomber en ruines et des étais métalliques sont placés pour contrer l’écartement des piliers. Grâce à l’argent de la Fabrique, de la mairie et aux dons, elle est restaurée.

     

     

     

    Le plan de l’église est inhabituel : il n’y a pas de transept. La nef est construite sur trois niveaux : des arcs brisés , un triforium muet, des vitraux.

     

    Dourdan

     

    Le vitrail du chœur  représente des personnages qui ont marqué l’histoire de la ville. Tout à droite : Saint Louis (il a possedé la ville), à côté : Saint Germain avec sa crosse, le patron de l’église. Tout à gauche : Saint Pierre, avec ses clés, pour rappeler l’autre église de la ville, démolie. À côté : Saint Étienne (l’église contenait des reliques disparues au moment de la Révolution).

     

    Dourdan

     

    Pierre tombale de Jean-François Regnard (voir plus loin l’histoire de ce personnage, dans le chapitre église Saint-Pierre).

     

    Dourdan

     

    Pierre tombale de Mesdard (Médard) Chassevant, officier de la Fourrière du Roi. Mort en août 1757 âge de 74 ans. Il était marié à Marguerite Pichard. L’officier de la Fourrière du Roi était chargé de l’entretien des cheminées. La Fourrière était l’un des 7 services de la Bouche du roi.

     

    Dourdan

     

    La conférencière nous explique les vitraux :

     

    vitrail sud : Ste Emilie, St Fçois de Sales, Ste Amélie (fin XIX è)

     

    Dourdan

     

    côté sud, un vitrail surmonte un cénotaphe. Suite aux discussions qui n’aboutissent pas concernant la construction d’un monument aux morts de la guerre de 14-18, Désiré Léon Lejars (maire de 1820 à 1822) décide en 1920 de faire construire un cénotaphe dans l’église. Le vitrail (en art déco) est détruit par les intempéries et celui que nous voyons a été payé en 1955 par la fille de M. Lejars (mariée à Bernard Rouillon). Il représente un cimetière en bas et deux anges portant les palmes du martyr et de l’héroïsme. Sur le cénotaphe, on a également inscrit les morts de la seconde guerre mondiale.

     

    Dourdan

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    Côté nord :

    Dourdan

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    vitrail représentant une madone italienne, donné en 1880 par Mme Curot-Desprez qui s’est fait représenter en médaillon.

     

    Dourdan

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    Nous ressortons de l’église pour regarder la façade ouest d’entrée. Les statues ont disparu, sans doute sous la Révolution. Il reste quand même quelques gargouilles, une sculpture représentant un singe qui se gratte les fesses. Située à gauche (partie diabolique) du portail, elle représente le mal.

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    Il y a aussi un joli bas-relief, en bas d’une niche surmontée d’une coquille saint-jacques (mais on n’est pas sur le parcours du chemin de Compostelle).

     

    Dourdan

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    La halle (place du marché aux grains) a été construite en bois au XIII è puis reconstruite de 1836 à 1850. Elle mesure 38 m sur 14 m. C’est maintenant un parking mais le marché s’y tient les mercredi et samedi matin. On y tint la justice à l’étage jusqu’au XVIIIè (la prison était dans le château)

     

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    dans les rues :

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    place du marché aux herbes : L’ Hôtel-Dieu a été construit près de l’église : on y soignait d’abord les âmes, ensuite les corps. Il était placé sous la protection de l’évêque de Chartres. Lieu d’asile, on y accueillait aussi les pèlerins et les indigents. L’hôpital était tenu par les Filles de la Charité. Pendant la Révolution, les religieuses restent mais doivent ôter leurs vêtements religieux et s’appeler les Filles Officieuses. En 1970, un nouvel hôpital est construit en périphérie de la ville et l’hôtel dieu devient maison de retraite et PMI. C’est depuis peu, une propriété privée.

     

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    Portail du 18 è (les pierres viennent des carrières de Saint Chéron).

     

    Dourdan

     

    La chapelle saint Jean évangéliste. On ne peut pas entrer dans la chapelle mais nous voyons deux vitraux de l’extérieur (vitraux de Lorin, de Chartres) :

    Dourdan

    l’un représente Louise de Marillac, elle porte le fichu noir des paysannes et est en train de travailler, la main sur un parchemin. Une inscription indique « La charité de Jésus crucifié nous presse»

    Dourdan

    photo du net :

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    Un autre vitrail représente Jean Gabriel Perboyre (1802-1840), prêtre lazariste, parti en Chine et tué à Wuhan. Le vitrail le représente avec la natte des Chinois, sur une croix. Un écriteau porte les caractères chinois « Propagateur d’une secte abominable ». Dans le bas du vitrail : des menottes et des instruments de torture.

    Dourdan

     

    un vitrail de l’église de Pechpeyroux (Lot) ressemble beaucoup à celui-ci

    Dourdan

     

    De l’autre côté de la chapelle, deux vitraux représentent Saint Paul et Saint Jean évangéliste.

     

     

     

    Cette petite chapelle n’est pas ouverte au public, sauf au moment des concerts.

     

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    Nous empruntons la rue Saint Pierre pour arriver sur une place qui était autrefois l’église Saint-Pierre. De là, nous avons une belle vue sur la rue et la halle.

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    Là, se tenait une église construite au XII è siècle. Elle a disparu en 1816. On ne connaît pas sa hauteur. On ne connaît que son clocher, sur cette carte postale, tout au fond. Il a été endommagé plusieurs fois par la foudre et la grêle, en 1637, 1690, 1702 et 1735 (Saint-Germain n’a rien eu). Dans ses « Chroniques de l’ancienne cité royale Dourdan » Joseph Guyot (1836-1924, rapporte les propose d’un homme passé après la foudre. Les dégâts étaient considérables, les lézardes donnaient l’impression de « griffes ». Après la Révolution, la paroisse Saint-Pierre a fusionné avec Saint-Germain et l’église Saint-Pierre a été démolie.

    Si vous avez le temps, ces chroniques de Joseph Guyot semblent très intéressantes : CLIC ICI

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    Sur la place, se tient la statue (autrefois en bronze, maintenant en pierre) du poète et dramaturge Jean-François Regnard (1655-1709). Il eut une vie mouvementée, voyagea beaucoup, en Italie, en Algérie (où il avait été vendu comme esclave), en Europe du nord, en Laponie, en Europe centrale… De retour en France, guéri de ses passions (sa maîtresse Elvire, le jeu, les voyages) il acheta une charge de Trésorier de France et le château de Grillon où il recevait beaucoup, pour des chasses et des banquets et où il mourut, d’indigestion.

     

    Dourdan

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    au fond, le mur de l'hôtel de ville

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    Un peu plus loin, se tient l’Hôtel de Ville actuel. C’est l’ancien château du Parterre. Michel Jacques Lévy, conseiller du Roi et bailli, fait abattre une partie du rempart et construire le château du Parterre en 1725. Il vend le château à la famille de Verteillac en 1738. C’est le Siècle des lumières, Mme de Vertaillac tient salon, elle correspond avec Voltaire. Sous la Révolution, le château sert de magasin et le parc est destiné aux manœuvres.. On a voulu y faire pousser des pommes de terre mais un ingénieur déclara les terres incultes. De retour d’émigration, les Verteillac, n’ayant plus les moyens d’entretenir le château, le vendirent : plusieurs acheteurs se partagèrent le domaine : la ville de Dourdan, des avocats, des gens de lettres (ils créèrent une société). En 1863, la mairie devint définitivement propriétaire. Les plus belles salles sont la salle des mariages et la salle des portraits des maires.

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    Dans le jardin, se trouve le cinéma (il existe depuis 1930). Il y a deux salles : la salle Michel Audiard et la Salle Jean Tourane, le créateur du petit canard Saturnin. Outre Michel Audiard et Jean Tourane, ont vécu ou sont morts à Dourdan et au Val Saint-Germain, Georges Franju, Roustam Raza (le mameluk de Napoléon), la mère d’Emile Zola, Cécile Aubry et Lino Ventura.

     

    Dans le parc, on voit les drapeaux des villes jumelées : Bad Wiessee (Allemagne), Toungoumé au Mali, Lac-Maganic au Québec, Great Dunman (Royaume-Uni) et Montserrat en Espagne.

     

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    Les remparts :

     

    Ils datent de la deuxième moitié du XVI è siècle, pendant les guerres de religion. Ils ont été construits dans l’urgence, ainsi que le montrent le peu d’épaisseur des murs et la mauvaise qualité des pierres. Il y avait 18 tours, il en reste 7. Les portes étaient gardées par de grosses tours. Il y avait quatre portes principales (Paris, Chartres, Etampes et Puits des Champs) plus deux fausses portes : celles du Petit-Huis et du Moulin Routeau. Nous sommes devant la porte de Paris : le pilier de gauche a été déplacé : il ne se trouve donc plus dans l’alignement des remparts.

     

    Dourdan

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    Dans la rue Michel, se trouvent de belles maisons bourgeoises du XIX è siècle.

     

    les maisons étaient achetées sur des catalogues édités par Juliot et Thézard. Deux types de maisons : des villas en pavillon avec composition symétrique et des villas éclectiques avec décrochements, matériaux variés.

    Dourdan

    la maison Thezard

    Dourdan

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    Les bureaux de l’éditeur Emile Thézard (1860-1939) étaient de l’autre côté de la rue de la rue par rapport à son habitation. Sur la cheminée, on lit les lettres TL (sa femme s’appelait Pauline Lajotte).

     


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  • Le château de Villeprévost se trouve sur la commune deTillay-le-Péneux près d’Orgères. Le nom de Tillay-le-Péneux s’explique ainsi : Tillay = tilleuls et Péneux = Pagani, envahisseurs normands.

    photos trouvées sur internet, le propriétaire e souhaitant pas que les photos de l'intérieur soient publiées.

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

    Le château est plus exactement une gentilhommière entourée d’un parc et de hauts murs. Nous sommes accueillis par Hervé Fougeron, le propriétaire du domaine dont il s’occupe à plein temps depuis 2012. Le château appartient à la famille Fougeron depuis plus de deux cents ans. Nous visiterons la chapelle, le salon, le colombier et les caves.

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

    On attribue la construction du bâtiment central aux Ramezay dans le courant du 16 è siècle. En 1696, François de Ramezay vendit le manoir à Pierre Le Juge, seigneur de Goury, Loigny et environs, conseiller du roi Louis XIV et maître de la cour de Comptes de Paris. Pierre Le Juge fait agrandir le bâtiment et aménager le parc.

     

    Son fils Charles entreprend de grands travaux, il fait installer des persiennes aux fenêtres (avant il y avait des volets intérieurs). Il fait remplacer les tuiles par des ardoises et surélever la maison. Il abaisse les combles du pavillon central et remplace les tuiles par des ardoises. Il aménage le parc en 1756.
    Mais il est trop dépensier et, en 1784, il échange le château avec Amand-François Fougeron (1757-1832), Conseiller du Roi au Châtelet d'Orléans contre effacement de ses dettes,. Sous la révolution, Fougeron est emprisonné à Orléans mais il échappe à la guillotine et s’installe à Villeprévost en 1794. Il devient juge de paix d’Orgères. C’est lui qui sera chargé du procès de la bande des « chauffeurs d’Orgères » entre le 30 janvier et le 2 mai 1798.

     

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

    En 1870, le château échappe aux bombardements prussiens lors de la bataille de Loigny. Une partie du château est transformé en hôpital de campagne. On opérait dans la salle à manger.

     

    En 1989, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

     

    La chapelle est un ex-voto : elle a été construite en 1871 (ou 1873?), en remerciement de la famille pour avoir survécu aux combats dans la région. Elle est dédiée à Notre-Dame et saint-Etienne. Une plaque mentionne que « l’évêque de Chartres Mrg de Hascouët fit de Villeprévost son Béthanie où il aimait se reposer avc ses amis. ». La chapelle est encore en activité, c’est une chapelle privée, la messe y est dite deux fois par semaine. Elle renferme un remarquable chemin de croix et une très belle Annonciation du XVII è siècle, en carreaux bleus, offerte par la princesse Marie Pia de Savoie, belle-mère du fils des propriétaires actuels.

     

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

    Le colombier, dit « à pied , est séparé du corps du logis. C’est un bâtiment circulaire antérieur à 1789. Ce sont sûrement des chanoines qui ont fait construire ce colombier. La toiture est en bonnet d’évêque. Il faut le différencier d’un pigeonnier qui est plutôt une extension d’un bâtiment existant.Les boulins sont répartis sur toute la hauteur, à partir d’un mètre au-dessus du sol. Le bas est enduit pour empêcher les rats de monter dans les boulins. Il y a 980 boulins puisque le domaine a une superficie de 495 ha. Il y a toujours une fenêtre à l’ouest car c’est par là que rentrent les pigeons le soir. Ici, il y a trois fenêtres : au nord, au sud, à l’ouest. Cette année, un couple est venu. À chaque fenêtre, des chaînes permettent d’actionner des chaînes pour ouvrir et fermer.

     

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

    À hauteur des yeux, sont exposés des moulages en plâtre qui représentent les masques des 21 condamnés à mort de « la bande d’Orgères » qui écumait la région et terrorisait les paysans depuis des années. En 1798, en tandem avec le maréchal des logis Vasseur, il arrête 300 suspects qui sont enfermés dans les caves. Les condamnés furent guillotinés place du Marché aux Vaches à Chartres (acte médiatique où assistèrent de nombreuses personnes dont le futur député François André Isambert, alors âgé de 7 ans.).

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

    Nous pénétrons ensuite dans le salon où le juge Fougeron recevait les accusés. Le juge interrogeait jusqu’à 50 suspects par jour.Au mur, se trouvent plusieurs portraits peints par Hyacinthe Rigaud : le Docteur Claude Deshais-Gendron (1663-1750) a écrit des traités sur la nature et la recherche des cancers. Son frère Louis Florent Deshais-Gendron était maître de chirurgie à l’Hôtel Dieu de Paris. Il a écrit un traité sur les maladies des yeux. chirurgien. Ils sont tous deux originaires de Voves.

     

    Le parc de près d’un hectare, jardin remarquable à la française, a été conçu par un élève de Le Nôtre, sur ordre de Charles Le Juge. Charles a voulu faire plaisir à sa femme, Marie. Le soir du 15 août, vers 21 heures, le soleil qui avait disparu derrière les arbres réapparaît au bout de l’allée centrale du tapis vert. Un spectacle magique qui ne se produit malheureusement pas tous les ans.

     

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

    De chaque côté de l’allée centrale, des arbres sont taillés, « en table », comme des haies. Un travail de titan pour le propriétaire et ses fils ! La taille se fait mi-juillet pour ne pas déranger les oiseaux en train de nicher.

     

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

    Dans un coin du parc, se trouve la tombe d’un soldat prussien, Herman Planck, né à Kiel en 1850 et mort à Loigny le 9 décembre 1870. C’est le frère du physicien Max Planck, auteur de la loi de Planck et précurseur de la physique quantique. Cinquante autres morts ont été rendus aux familles.

     

    À lire : « La loi de la guillotine » deAlain Bouzy.

     « Ma bataille de Luigny » Jean-Louis Riguet

    quelques liens :

    le château de Villeprévost : clic

    et

     

    À 4 kilomètres de Villeprévost, le château de Goury abrite actuellement un gîte. Il a été acquis en 1650 par Ppierre de Goury.

    la porte d'entrée :

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

     

    Le château de Villeprévost et les chauffeurs d'Orgères

     

    Voici ce qui est écrit sur un panneau à l’entrée du château :

     

    « Il forme un rectangle avec un pavillon à chaque angle. Le grand pavillon d’entrée pouvait recevoir un pont-levis et une porte fortifiée. La tour était entourée de douves.

     

     

     

    Il fut le théâtre des batailles en 1870. Le matin du 2 décembre 1870, vers 9 h, le premier coup de canon de la bataille de Loigny était tiré par les artilleurs du général Barry sur le parc de Goury à une distance de 1800 m. L’obus tomba sur une reconnaissance allemande qui fut dispersée. Le château était alors entouré d’un grand parc dont les murs aidaient la défense.

     

    Les Bavarois occupent les bâtiments et à l’arrivée des Français un jeu violent s’engage soutenu par l’artillerie allemande. À 10 h, les troupes françaises, ébranlées par les pertes effrayantes, se retirent dans un désordre indescriptible.

     

    De leur côté, les Bavarois sont soutenus par la brigade prussienne du général Von Kottwitz avec des bataillons des villes hanséatiques qui vont reprendre Loigny. Goury servit ensuite d’ambulance. Après la bataille lusieurs tombes françaises et allemandes entourèrent le parc du château.

     

     

     

    Récit d’un prisonnier français à son arrivée à Goury.

     

    J’arrivais bientôt devant Goury, magnifique château du Moyen-âge, véritable forteresse flanquée de tours, entourée de douves profondes, des milliers d’hommes auraient …. à l’aise dans les cours ; des fenêtres des pavillons, on doit dominer toute la campagne, les murs étaient percés de …. et de meurtrières sur plusieurs rangs. »

     


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  •  La visite de l’église s’est faite sous la conduite d’une dame, membre de l’association des Amis de l’église de Mesley-le-Grenet (3 €/personne). Si on n’a pas eu le temps de réserver, on peut voir l’intérieur de l’église à travers une vitre qui ferme l’entrée de l’église. Bonne idée mais frustrant de ne pas voir les peintures de près.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Les travaux de restauration de l’église et des peintures murales classées monument historique ont duré de 2006 à 2010, période pendant laquelle l’église a été fermée.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    trace d'une ancienne fenêtre :

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     À l’extérieur, une croix marque l’emplacement de l’ancien cimetière.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Les murs du chœur et de la nef sont entièrement recouverts de peintures.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

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    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     L’église primitive (chœur et nef centrale) date du XII è siècle.

     Les pèlerins étaient nombreux au Moyen-âge (les saints Orien et Blaise, patrons de l’église avaient la réputation de guérir les bêtes et les hommes). Au XV è siècle, l’église, devenue trop petite, fut agrandie par le sieur des Grenet d’une nef latérale, au nord.

     La voûte a été restaurée car l’église avait perdu sa toiture. Autrefois, elle était en lattes de châtaignier peintes. Les poutres du chœur datent du XII è siècle. La poutre de gloire avec Christ sépare le chœur de la nef.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

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     Les engoulants sont en forme de dragon. « Il faut bourrer la gueule des monstres par la croix symbole de la chrétienté » Ce n’est pas le dragon qui avale la poutre mais la poutre de la chrétienté qui bouche l’entrée du Léviathan.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Les bancs clos étaient réservés aux gens qui payaient. Ce type de bancs existe aussi dans l’église d’Illiers.

     Sur l’autel, sous le drap, il y a la pierre de consécration où sont gravées 5 croix, au centre et aux quatre coins. Elles représentent les plaies du Christ. À certains endroits de la danse macabre, se trouvent des croix dans un cercle peint en bleu. Je ne sais pas à quoi elles correspondent, j’en ai compté 7, ce sont peut-être des croix de consécration, cela en ferait donc douze avec les croix de l’autel.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Les peintures de la nef sont du XV è. Elles ont été découvertes sous le badigeon en 1864 puis restaurées peu après puis en 1942. Les peintres restaurateurs ont travaillé d’après les œuvres de Guyot Marchant et de Verard.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    le tronc pour mettre des sous

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Ces peintures ont été peintes un peu partout en France et en Europe, suite aux malheurs des guerres, de la peste noire de 1347 et de la famine. Certaines églises n’ont parfois que les peintures du dict des trois morts et des trois vifs, mais celle-ci a quatre sortes de peintures : la danse macabre, le dict des trois morts, le dict des bavardes (rare) et, apparemment unique, le dict de la mort du roi.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Un texte a été écrit par Jean Charlier de Gerson (1363-142). La première danse macabre peinte a disparu : elle date de 1424 et a été peinte dans le charnier des Saints innocents à Paris, sur commande du duc de Berry en mémoire à son neveu. En 1485, Guyot Marchant, éditeur parisien, a publié une danse macabre illustrée par une copie des peintures. En 1492, Antoine Verard, autre éditeur parisien, fait tirer des exemplaires sur velin du poème qui seront ensuite illuminés à la main.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     La danse macabre est un défilé de personnages, chacun accompagné de son mort. Les personnages sont alternativement des ecclésiastiques et des laïcs et rangés par hiérarchie. La danse veut dire que tous sont égaux devant la mort, qu’ils soient riches ou pauvres. Une petite consolation pour les pauvres !

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Autrefois, dans cette danse macabre de Mesley, il y avait 20 personnages, maintenant on n’en voit plus que 19.

     La danse macabre se trouve dans la partie du bas du mur sud.

     Au début, le récitant raconte l’histoire.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     1 Le pape dont la mort porte le cercueil est coiffé de la tiare à trois couronnes car il a trois pouvoirs : pontifical, séculier, spirituel.

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     2 l’empereur, porte le glaive et le globe, symbole de pouvoir temporel

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    3 le cardinal en robe et chapeau rouges, il retrousse sa robe et montre sa chaussure et sa chaussette, allusion aux scandales des Borgia.

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    4 le roi tient la main de justice et le sceptre

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    5 le patriarche  porte la double croix

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    6 le connétable avec sa grande épée, son casque, son armure

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    7 l’archevêque a des points sur ses gants pour rappeler les stigmates

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    8 le chevalier avec son grand manteau et bonnet vert

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    9 l’évêque coiffé de la mitre, sa crosse est tournée vers le peuple

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    10 le gentilhomme damoiseau

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Sur le mur ouest qui suit, on remarque trois personnages aux traits efféminés, trois visages efféminés qui font penser au tableau placé sur le côté nord : « le sacrifice d’Abraham » (art sulpicien)

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     11 l’abbé dont la crosse est tournée vers l’abbaye

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    12 le bailli avec un bâton, symbole de la justice qu’il exerçait au nom du roi ou du seigneur

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    13 l’astrologue

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    14 - le bourgeois

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    15 le curé de campagne (je ne l’ai pas photographié)

     16 le médecin et la mort regardent dans un bocal d’urine, c’était le seul moyen à cette époque de diagnostiquer les maladies

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    17 le laboureur porte une houe, une gourde et ses clés accrochées à la ceinture. Il est vêtu d’une tunique courte et de chausses. Il fuit la mort

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    18 l’enfant dans son berceau n’est pas épargné : un enfant sur trois mourait

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     19 l’usurier, il vendait du temps seul Dieu avait le droit

     20 l’ermite ne se voit plus. Voici une représentation d’après photo ancienne

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    d 'après photo ancienne

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Il faudrait avoir un bon appareil photo, ou de bons yeux, une bonne lumière pour mieux apprécier les détails , le drapeau du linceul du mort, les regards, la façon dont le mort saisit le vivant. Les morts gesticulent, croisent les jambes, sautillent. On croit entendre le cliquetis des os comme dans la danse macabre de Camille Saint-Saëns.

     

    la mort a une grande faux empruntée à Saturne

     Sous la peinture, un texte en vieux français raconte les paroles des morts et des vivants. Dans le petit livret en vente dans l’église sont reproduites certaines de ces paroles (avec la traduction) : le connétable, l’abbé, le médecin, l’enfant. Les droits étant réservés, je ne les indique pas ici. Le texte a sans doute été écrit par Jean Le Fèvre en 1376.

     

    Le dict du roi mort : la peinture se trouve sur le mur d’entrée, à droite de la porte. le Roi est allongé par terre, la tête penchée vers la danse. Sa couronne a roulé par terre. C’est sans doute une représentation unique. Le récitant enroule le phylactère (qui se trouvait aussi au début, à droite du récitant), c’est la conclusion de la danse macabre.

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Le dict des trois morts et des trois vifs. Il y en a 92 en France, parfois seuls, parfois associés à la danse macabre. Ici, la peinture est en deux parties, séparées par la fenêtre.

     

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    Les jeunes seigneurs partis à la chasse au faucon (à droite)sont abordés par trois cadavres qui sortent d’un cimetière (à gauche). Les trois morts reprochent aux trois vifs leur vie dissipée et insouciante et les exhortent à se repentir. Entre eux, à gauche de la fenêtre, l’ermite Saint Macaire attend le repentir des trois vifs.

     

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    le faucon avec son capuchon :

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    « Le dict des femmes bavardes » se trouve à gauche de la porte d’entrée. il y en a 4 en France : Mesley-le-Grenet, Parné-sous-Roc (Mayenne), Nonancourt (Eure), Champteussé sur Baconne (Maine-et-Loire).

    À droite, on voit le diable Titivillus, démon des calligraphes. Autrefois, il se tenait derrière les moines pour leur faire faire des erreurs. Il devait rapporter à son maître mille péchés par jour. Lorsque la liste n’était pas assez longue, il tirait sur le parchemin pour l’allonger. Titivillus écrit les péchés des femmes.

    Le diable de gauche met la main sur la tête d’une femme : elle a de mauvaises pensées. Il arrache le cœur d’une autre : elle a de mauvais sentiments.

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Il y a d’autres peintures de ce genre dans la région : Alluyes, Amilly ( à l’ouest de Chartres), la Chapelle de Réveillon….

     Les peintures du chœur datent du XIX è : le baiser de Judas, la flagellation, le portement de croix, la crucifixion, la descente de croix, la mise au tombeau. Statues de Saint Orien et Saint Blaise.

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    tableau : le sacrifice d’Abraham. Le fils d’Abraham est représenté (comme l’abbé de la danse macabre du mur ouest) dans le style sulpicien, mièvre et efféminé de la seconde moitié du XIX è siècle.

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

    L'église de Mesley-le-Grenet, sa danse macabre et autres peintures

     Une autre danse macabre à La Ferté Loupière CLIC ICI et à Cherbourg : CLIC

    le dict des trois morts à La Ferté Loupière : CLIC

    à Antigny : CLIC

    à JOUHET : CLIC

    le dict des bavardes à Parné-sous-roc : CLIC

     

     


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  • Nous sommes allés deux fois à Loigny-la-Bataille : une fois avec l'Amicale des Anciens et Anciennes de l'Ecole normale (d'où un premier article le 2 décembre 2019) et dernièrement, en mars 2020 (juste avant le confinement) avec un groupe d'amis, d'où cet article modifié.

     

    Le 2 décembre est une date riche en événements :

    2 décembre 1804 : sacre de Napoléon, 2 décembre 1805 : Austerlitz, 2 décembre 1851 : coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte. 2 décembre 1852 : proclamation du Second Empire.

     

    2 décembre 1949 : convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui.

     

    2 décembre 1959 : rupture du barrage de Malpasset

     

    et le 2 décembre 1870 : bataille de Loigny

     

    Actuellement, à Loigny-la-Bataille (Eure-et-Loir) un musée moderne retrace l’histoire de la guerre de 1870 en France et plus particulièrement dans la région d'Orgères. 

    La visite, commentée par un guide passionnant, a duré deux heures.

     

    Dans le musée, le guide nous explique à l'aide de cartes interactives les causes de la guerre, la progression des armées. Vous connaissez le début, la dépêche d'Ems, la tuerie de Gravelotte, une des batailles les plus meurtrières du XIX è siècle. Les balles et les obus pleuvaient si dru qu'on en a fait une expression "ça tombe comme à Gravelotte". Puis c'est la bataille de Sedan, Napoléon III fait prisonnier (c'est le quatrième souverain à avoir été fait prisonnier. Les autres ? Louis IX en 1250, Jean le Bon à Poitiers en 1356 ("Père gardez-vous à droite... disait son fils) et François I à Pavie en 1525).

    Puis la capitulation de l'Empereur, proclamation de la République, le siège de Paris, le gouvernement à Tours, l'armée de la Loire...

     

    Le 2 décembre 1870 a eu lieu une terrible bataille à Loigny (en Eure-et-Loir), renommé depuis Loigny-la-Bataille.

    35 000 Prussiens sont côté nord, de la Maladrerie à Lumeau.

    40 000 Français sont côté sud, à Villepion, Nonneville, Terre Rouge, Faverolles (le restaurant « Aux Zouaves » nous avait servi un bon repas, lors de notre visite à Loigny, avec l’Amicale des anciens de l’École Normale).

     

    Entre les deux zones, se trouve Loigny-la-Bataille et c’est là qu’ont eu lieu une terrible bataille le 2 décembre 1870. . Chaque rue, chaque quartier, chaque impasse, chaque maison, chaque cave, étaient à défendre.

     

    Les Français étaient les Mobiles de l’Armée de la Loire et 300 Zouaves pontificaux commandés par Louis-Gaston de Sonis et Athanase de Charette de la Contrie (le petit-neveu du général Charette des guerres de Vendée).

     

    Pourquoi des Zouaves pontificaux participaient-ils à cette bataille ? En 1860, des Français, commandés par Charette, sont allés combattre au côté des états pontificaux au moment de l'unité italienne. Licenciés, ils reviennent en France et Charette propose ses services au gouvernement français qui accepte à condition que le nom soit changé en Volontaires de l'Ouest. Charette considère que la guerre de 1870 est une punition divine en réaction aux fastes de l'Empire et à l'abandon du Pape par les Français.

    La bataille était mise sous le signe de la religion, c'est un message christique pour le rachat des fautes des hommes : communion avant la bataille, bannière du Sacré-Cœur déployée par Charette. En une journée il y eut 9 000 morts.  Il faisait froid, il neigeait.

    Cette bataille fut récupérée au point de vue politique et religieux et parfois appelée « bataille de Patay » en référence à la bataille de Patay gagnée par Jeanne d’Arc le 18 juin 1429.

    Dans le musée, on voit des costumes : ceux des Prussiens avec les armes et les casques à pointe. Ceux des moblots, troupes mobiles, (les soldats de ligne étaient appelés « lignards ») et des zouaves pontificaux.

     

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Il y a aussi des documents sur l’hôpital de campagne. Le château de Villeprévost (on peut le visiter en été), célèbre pour avoir été la demeure du juge Fougeron (celui qui a jugé les chauffeurs d’Orgères), est à cette époque réquisitionné par les Bavarois et transformé en hôpital de campagne (on l’appelle ambulance »). Dans une vitrine, il y a une scie pour les amputations, des fers pour cautériser les plaies, des outils pour extraire les balles. On opérait les blessés sur les billards des cafés ou des maisons bourgeoises, ce qui a donné l’expression « passer sur le billard » (par la suite, cette expression a pris un autre sens : pendant la guerre 14/18, le billard était l’espace entre les tranchées d’où les expressions monter sur le billard (sortir de la tranchée pour attaquer), rester sur le billard (mourir) et passer sur le billard (être opéré sur place)

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Nous passons maintenant dans l'église contiguë au musée. L’église votive Saint-Lucain a été construite en 1871, par souscription, pour remplacer l’église détruite pendant la bataille.

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Des tableaux et des peintures murales évoquent les épisodes de la bataille.

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Deux tableaux ont été exécutés par Lionel Royer. Il a 17 ans au moment de la bataille et s’est engagé dans les zoauves pontificaux. On le connaît surtout pour son tableau patriotique représentant Vercingétorix déposant ses armes au pied de César (César = Kaiser). Dans le même ordre d’idée, un tableau représentant Jeanne d’Arc. Il est trois heures du matin, en ce 2 décembre 1870 quand les soldats reçoivent la communion des mains du Père Doussot, dominicain, aumônier du 1 er bataillon du général de Sonis.

    Cela se passe en l’église de Saint-Péravy-la-Colombe.

    1 – le général Sonis

    2 – commandant de Troussures,

    3 : le colonel de Charette,

    4 : le marquis de Cloislin, 67 ans, c’est le plus âgé du bataillon

    5 : le peintre Royer lui-même, le plus jeune.

    Au-dessus (6) la Foi donne la bannière du Sacré-Cœur au général de Sonis.

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    " L'agonie du général de Sonis" (tableau de Royer)

    1 – le général de Sonis

     

    2 – la vision de Sonis

     

    3 – Fernand de Ferron venu mourir sur l’épaule du général de Sonis

     

    4 – le commandant de Troussures, achevé à coups de crosses

     

    5 – ambulanciers prussiens

     

    6 – l’église et le village de Loigny en flammes

     

     Le soir du 2 décembre, le général est blessé sur le champ de bataille. Le général de Sonis passa la nuit, dans la neige, à rassurer les blessés. Recueilli le lendemain, il affirma avoir reçu le secours de la Vierge. Était-ce en esprit ? Véritable vision ? Il refusa de répondre. On l'amputa de la jambe gauche. Il mourut en 1887.

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Vingt tables de marbre indiquent les noms de 750 soldats tombés de Loigny. C'est peu comparé aux 9000 victimes de la bataille. Il s'agit des soldats identifiés lors de l'identification de la chapelle mortuaire en 1874. Les noms des Volontaires de l'ouest sont gravés sous les vitraux. En l'an 2000, des drapeaux allemands ont été ajoutés aux drapeaux français sur la voûte d'entrée de la chapelle. Dans le musée, un diaporama insiste sur la nécessité de l'amitié entre les peuples.

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    La visite en intérieur se termine dans la crypte où se trouve un ossuaire (1140 morts) ainsi que les tombeaux de De Sonis et Charette et celui du curé de Loigny.

     tombeaux de De Sonis (à droite) et Charette (à gauche) :

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    ossuaire

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    La visite se poursuit en extérieur en autonomie, nous louons une tablette. L'application nous fait revivre les combats à différents endroits :

    Guy laisse travailler les copines :

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    dans le cimetière (disparu ainsi que l'église)

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    , la croix de Sonis,

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    les indulgences, ça existait encore ...

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    le château de Villepion,

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    le bois des Zouaves.

    Nous sommes allés ensuite voir le monument à Neuvilliers, dressé en hommage aux Mobiles (les Moblots) de la Haute-Vienne de la division du général Morandy. Il se trouve sur les lieux de la bataille. Dessous, reposent les restes de 1100 soldats français et 40 prussiens.

     

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    à l'horizon : l'église de Loigny

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    À 20 km de Loigny, se trouve un autre monument  qui commémore la lutte des habitants de Civry et Varize et l’incendie des villages (octobre 1870) et en mémoire du combat soutenu par les Francs-Tireurs de la Gironde et de Paris (29 novembre 1870)

     

    Bataille de Loigny 2 décembre 1870

    quelques sites :

    https://www.laguerrede1870enimages.fr/page286.html

    https://www.loire1870.fr/pages/pa_div/sl.htm

    extrait de "Mobiles de la Mayenne" : https://www.loire1870.fr/pages/pa_pdf/mlamp1870_doc_ope_9994.pdf

    https://www.loire1870.fr/pages/pa_mobile/mobile66.htm

    un livre : "Augustin, ma bataille de Loigny" de Jean-Louis Riguet (aucun lien de parenté avec nous.

    un livre pour les enfants : Le piège de l'ossuaire (Gérard Streiff) qui se passe dans l'ossuaire de CHampigny/Marne, où il y a également un musée.

    La débâcle (Émile Zola)

     

     

     


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  •  J’ai raté la visite mensuelle à cause d’une méchante tendinite mais Guy a pris quelques photos de la visite. C'est notre conférencière Virginie qui a commenté cette visite.

     

     Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King a été aménagé depuis 2014, à côté du square des Batignolles, près de la Porte de Clichy, dans le XVII è. Il est situé sur le terrain de l’ancien hall de marchandises de la gare des Batignolles.

     

     Ils sont entrés dans le parc par une des 8 entrées, celle-ci était au 147 rue Cardinet.

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

     

    Les plantes du parc sont peu consommatrices d’eau et on emploie peu de pesticides et d’engrais.

    Une passerelle permet de franchir les voies de la Petite Ceinture.

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

     

     

    Un jardin partagé de 170 m² s’appelle « Perlimpinpin » en référence à la chanson de Barbara qui parle du square des Batignolles.

     

    L’aménagement du parc n’est pas terminé. Il y aura une station de métro « Pont Cardinet » (ligne 14).

     

    Quand j’étais enfant, j’allais chez ma marraine qui habitait rue Jouffroy et elle m’emmenait au spectacle de Guignol dans le square des Batignolles.

     Yves Duteil évoque aussi le square des Batignolles :

     et Patrick Topaloff

     

    Près du parc, se trouve le nouveau quartier des Batignolles avec le nouveau Palais de Justice et l’immeuble des services de la Direction nationale de la police judiciaire de la Préfecture de police de Paris. Avant, ce service était composé de 18 sites éparpillés dans Paris, dont le 36 quai des Orfèvres. Maintenant, ce service s’appelle toujours le 36 mais rue du Bastion.

     

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    les Ateliers-Berthier, une annexe du théâtre de l'Odéon.

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

     

    Cet immeuble abrite depuis 2018 le siège du Tribunal de Grande Instance de Paris (avant le Palais de Justice se trouvait île de la cité).

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

     

    Le bâtiment fait 120 000 m², comporte 90 salles d’audience et 38 étages.

     

    Il a été créé par Renzo Piano, à qui l’on doit également le centre Pompidou.

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    photo de photo :

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    comme dans les aéroports, contrôle. Contrôle plus agréable quand même qu'à Téhéran ou Shiraz (du moins pour nous, les femmes !)

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    service d'accueil du justiciable.

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    les puits de lumière, appelés marylines

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

    une salle d'audience :

    Le parc Clichy-Batignolles-Martin-Luther-King et le nouveau Palais de justice

     D'autres photos sur le site de Joëlle : le parc il y a quelques années. Clic !


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