• Les photos ne sont pas très belles en raison des échafaudages installés pour la célébration du martyre d’Hussein le 10 ème jour du mois de Moharamm. Ce complexe comprend une mosquée, un bazar, un caravansérail, un bain public, un puits d’eau froide, un tekiyeh et … une célèbre pâtisserie, tous situés autour de la grande place. La place a été conçue au 14 ème siècle par le gouverneur de Yazd, Al-Chakhmaq (sous le règne du roi timuride Sharokh) avec l’aide de sa femme Fatemeh ainsi que la vieille mosquée Amir Chakhmaq. Le caravansérail et le bazar ont été construits plus tard.

     

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

     

    A la fin du 19 ème siècle, le tekiyeh a été construit par Abu-al-Qasim et était relié au bazar. C’est un endroit où l’on jouait des tragédies religieuses, appelées ta’zieh pendant le mois de Mouharram, pour commémorer le martyre de Hussein. De ce théâtre, il ne reste que le très beau pishtaq (portail d’entrée). Les gens s’installaient dans les niches, les femmes à l’étage et en haut, le gouverneur et sa famille. Les hommes s’installaient sur la place.

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

     

    Pour rappel, l’immam Hussein était le fils d’Ali et Fatima (la fille de Mahomet). Le 10 octobre 680 (10 è jour du mois de Moharram en calendrier lunaire), eut lieu la bataille de Kerbala qui opposa l’armée de Yazid Ibn Mu’awiyya, deuxième calife omeyade, à l’armée d’Hussein qui refusait de faire allégeance à Yazid I. À l’issue de la bataille, Hussein et sa famille furent tués, à l’exception d’Al Hassan-ibn Ali qui assura la descendance du prophète.

     

     De ce complexe, il ne reste que le tekiyeh, une partie du bazar, la citerne de la mosquée et la tombe de Fatemeh.

     

     Les arcades des deux côtés de la place datent de 1963, sous le Shah Reza.

     

    À droite du pishtaq, se trouve une charpente monumentale : le naqhn (ou nakhl), construite en bois de palmier dattier. On dit qu’elle a la forme d’un cyprès mais Hamed dit que c’est faux car comme on commémore le martyre d’Hussein, cette construction représente le palmier dattier. On suppose que le corps d’Hussein a été transporté à l’ombre d’un palmier dattier. Le nakhl représenterait aussi le cercueil fait en feuilles de palmier. Pendant la fête, on y attache des tissus noirs et rouges, des poignards, des épées, des miroirs. De deux à plusieurs centaines d’hommes portent cette charpente en procession en se relayant car elle pèse plus d’une tonne. Ils font trois fois le tour de la place avant de reposer le nakhl au même endroit.

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

     

    Nous verrons plus tard d’autres nakhls car chaque quartier en possède un.

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

     

      Clic ici pour voir des photos impressionnantes de la procession

    le marchand de nan (pains). Il se fait comme en Arménie : un homme fait une boule de pâte, un autre l'aplatit en large galette qu'il pose sur un coussin et le troisième la plaque sur la paroi du four.

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

    Nous allons faire un tour à la pâtisserie Haj Khalifeh, tenue par Ali Rahbar. Elle est célèbre pour ses baklavas aux pistaches, eau de rose, cardamome mais je manque de temps pour goûter et acheter.

     

    La place Amir Chakhmaq et le pishtaq du tehiyeh

     

    .

     

     


    votre commentaire
  •  Ce jardin se trouve à l’ouest de Yazd. Le pavillon de style qâtjâr a été construit au 18 ème siècle par le gouverneur de Yazd, Mohammed Taghi Khan-e Bafghi et comporte une tour du cent (bâdgir) de près de 35 m, la plus haute d’Iran. Dans cette région, il pleut 250 mm par an, à la fin de l’automne et au début du printemps. Dans le désert, le jardin représente la puissance et l’exploit d’avoir réussi à faire pousser un jardin (symbole du paradis) dans le désert (qui représente l’enfer).

     

    Le jardin (ou chahar-bag) est typique des jardins persans. Il est entouré de murs et composé de quatre parterres quadrillé par un canal et des fontaines. L’eau descend de la montagne par un système de canaux appelé qânâqt. Dans le jardin, les arbres fruitiers, grenadiers, vigne, cèdres, pins et rosiers sont abondants.

    le mur d'enceinte :

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

     

    Dans les jardins persans, il y a au moins un pavillon. Ici, il y en a un (avec la tour du vent) installé sur le premier tiers du jardin et réservé aux invités et un autre, à l’autre extrémité du canal, occupé par les serviteurs.

    le pavillon des invités et sa tour du vent :

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    vers le pavillon des serviteurs :

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

     

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

     Le jardin Dowlat Abad à Yazd

     Revenons à la tour du vent, appelé bâdgir. C’est un système de ventilation très ingénieux. . Elle est en argile. L’air créé par la différence entre la température extérieure et la température intérieure s’engouffre à l’intérieur par les fentes et descend jusqu’au bassin d’eau qui filtre les poussières. L’eau est refroidie par l’air froid. L’air chaud remonte. Il y a presque 18° de différence entre l’intérieur et l’extérieur.

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

     

    La tour, de structure octogonale, comporte huit cheminées indépendantes.

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

     Les bâtons situés sur la tour servent à maintenir la tour en cas de séismes.

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    un peu de repos dans le jardin :

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    non, je ne prendrai pas cet escalier :

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

     

    D’autres tours du vent, moins hautes, sont dans le bâtiment des propriétaires.

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

     Un ingénieux système permet de boire avec une paille jetable.

    Le jardin Dowlat Abad à Yazd

     

     


    votre commentaire
  • Les ruelles de Yazd contrastent avec les rues commerçantes plus animées. Elles sont peu élevées mais ont parfois un sous-sol sur plusieurs niveaux, ce qui est pratique pour lutter contre les températures extrêmes d’été et d’hiver.

    La promenade dans ces ruelles très agréable. Mais il se fait tard, et Hamed nous offre une glace pour le goûter.

    Les ruelles se ressemblent un peu toutes mais pour moi, chacune a son charme et rappelle un bon moment.

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    deux heurtoirs : ils ont un son différent, de cette façon les propriétaires savent si c'est un homme ou une femme qui frappe et si les femmes doivent se couvrir pour aller ouvrir. Mais parfois des petits malins frappaient avec le heurtoir femme. Le heurtoir femme est à droite en forme d'anneau et produit un son aigu et le heurtoir gauche est en forme de marteau.

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

    Dans les ruelles de Yazd

     

     

     


    votre commentaire
  • Nous sommes à Yazd, la ville des Zoroastriens. Yazd est une des plus anciennes villes, après Ur en Mésopotamie. C’est une ancienne ville caravanière, sur la route de la soie. Actuellement, Yazd compte 0,5 million d’habitants pour une superficie égale à celle de Paris.

    Les habitants de Yazd sont réputés pour leur diplomatie, leur ambiance bon enfant. Dans cette ville, les musulmans, juifs, arméniens, zoroastriens cohabitent bien.

    Promenade dans le bazar et dans les rues de Yazd. Tchadors et robes à l’occidentale.

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    la fête du martyr Hussein approche et les rues se couvrent de drapeaux noirs

    Dans les rues de Yazd

    je vous expliquerai plus tard ce qu'est cette étrange construction sous le pishtak :

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    cette boîte décorée de deux mains est destinée à recevoir les dons de solidarité :

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

     

    Demain, la suite des visites à Yazd.

    J'aurais aimé assister à une séance d'entraînement dans le Zurkaned. Mais cela n'était pas prévu au programme et Hamed nous a dit que c'était beaucoup moins authentique qu'avant, fait avec des enfants, et pour les touristes.

    Une émission est passée à la télé il y a quelques mois et j'ai appris que :

    Le zurkhanek (maison de force) où l’on pratique une lutte très ritualisée. Les athlètes (pahlevan = héros) s’entraînent en groupe et en rythme, accompagnés par des chants inspirés des poèmes de Hafez et des chants du Shanameh, épopée iranienne. Le morshed, patron du zurkaned, joue du tambour. C’est le maître de cérémonie. Il guide les sportifs et les encourage avec les chants et le son du tambour.

     

    L’athlète doit avoir des qualités physiques mais aussi morales. Il doit être le modèle des autres.

     

    L’arène est sacrée et représente la modestie et l’humilité. Les athlètes sont plus bas que les spectateurs, ce qui signifie qu’ils sont modestes.

     

    L’arène symbolise aussi la tombe.

     

    Les athlètes exécutent une sorte de danse en tournant sur eux-mêmes, commes les derviches, ce qui leur permet de se défendre avec leur sabre de tous les côtés. Mais cela ne provient pas du tournoiement des soufis. Ils tournent des bordures au centre et là, ils s’arrêtent de tourner, au nom de l’unité, de la droiture.

     

    Une vidéo prise sur le net :

    les repas du jour :

    Lundi 14 midi : Restaurant hôtel Vili (maison du gouverneur Hamil). Le patron du restaurant nous autorise à nous dévoiler. Soupe. Caille avec tomates. Ragoût d’agneau avec pois chiches, oignons, safran, double concentré de tomate. Riz.

    Dans les rues de Yazd

     

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

     

    Lundi 14 soir : Dadhotel restaurant. Nous dînons sur le toit. Crudités. Feuille de vigne avec riz, yaourt séché, aubergine et œufs, poissons, veau aux oignons et épices. Poulet grillé au basilic, estragon et persil. Fruits.

     

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Nous n'avons pas eu beaucoup de temps pour apprécier les installations de l'hôtel Arg :

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

    Dans les rues de Yazd

     


    votre commentaire
  • Avant d’arriver à Yazd, nous faisons un arrêt à Cham, village zoroastrien. Quand j’étais ado, j’avais un correspondant indien, habitant à Bombay (maintenant Mumbaï), fils de commerçants. Kushru était Parsi, descendant des Zorastriens qui avaient quitté l’Iran au moment de la conquête musulmane. J’avais été très étonnée d’apprendre que, au moment de sa mort, son corps serait exposé en haut des tours du silence (dakma) et dévoré par les vautours. Je ne sais pas si cette pratique est encore autorisée en Inde (il me semble que oui mais rendue difficile par la raréfaction des vautours). En Iran, elle est interdite depuis 1975.

     

    Hamed nous propose de monter au sommet de la tour du silence de Cham. Nous sommes en fin de journée, nous pourrons nous reposer et la montée sera moins rude que celle de la tour du silence de Yazd. Le soleil commence à se coucher et la roche prend de belles couleurs.

    Cham et sa tour du silence

    en file indienne:

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Le zoroastrisme est une des premières religions monothéistes, elle date de plusieurs siècles avant JC. Eette religion a été instituée par Zarathoustra (Zoroastre). C’est une adaptation du mazdéïsme. Le dieu est Ahura Mazda et le livre sacré l’Avesta. Zoroastre prêchait un dualisme qui repose sur la dualité entre le bien (Spenta Mainyu, fils d’Ahura Mazda et le mal (Angra Mainyu ), le jour et la nuit, la vie et la mort.

    Les zoroastriens respectent le feu (Atar) comme symbole divin.

     

    Il y a encore 40 000 zoroastriens en Iran (30 000 à Yazd). Ils sont bien tolérés, le zoroastrisme est considéré comme religion officielle, au même titre que les autres religions du Livre. Ils ont leur représentant au Parlement.

     

    Les Zoroastriens prescrivaient l’usage du musc pour la purification. Le musc provient d’une glande des moschidae, petits cerfs qui vivent dans l’Himalaya. Les caravaniers le transportaient du Tibet jusqu’à Yazd qui se trouvait sur la route de la soie.

     

    Pour ne polluer ni le ciel ni la terre, les solaur (ceux qui s’occupaient des morts) déposaient au sommet des tours, sur une dalle de pierre, les dépouilles de leurs morts, exposées au soleil et aux vautours. Seul, le roi avait le droit d’être enterré car il était divin. On mettait un morceau de viande sur la poitrine du mort. Comme l’exposition des corps est interdite, les Zoroastriens ont recours maintenant à l’inhumation dans des caveaux tapissés de ciment pour que les corps ne soient pas en contact avec la terre.

    L’intérieur circulaire de la tour est divisé en quatre zones concentriques. La partie circulaire contre le mur extérieur de la tour était consacrée aux hommes, le deuxième cercle aux femmes, le troisième aux enfants. Le quatrième comprenait un puits où l’on conservait les ossements.

     

    L’ensemble funéraire de Cham se situe à l’est du village. Au pied de la tour, on voit des khaele, installations qui comprennent l’auberge, la loge du gardien, la tour de la lanterne, le brasero et la tour du silence.

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Le village de Cham compte 15 habitants, tous zoroastriens. Le village est entouré de vergers de grenadiers, pistachiers, noyers.

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Les maisons ont une structure en bois recouverte de terre. Quand la terre est sèche, on enlève le coffrage de bois.

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Aérations des chaudières.

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Nous entrons dans la cour du temple du feu au milieu de laquelle trône un cyprès de 3000 ans, le Pir Sarv. Il mesure 18 m et est attentivement surveillé car il a subi des dégâts suite aux tempêtes et invasion d'insectes. Nous donnons un petit billet à la dame qui nous a gentiment accueillis.

    Cham et sa tour du silence

    les avis de décès :

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

     

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Cham et sa tour du silence

    Nous arrivons à Yazd. Comme d(habitude, le chauffeur est obligé de traverser la route pour faire contrôler sa fiche.

     

    Le repas du soir se fait à l’hôtel Arg. Soupe de lentilles avec aneth et double concentré de tomates servie à table. Soupe épinards (ou oseille?) au vinaigre (c’est la spécialité de Yazd). Buffet (gratin de courgettes, tomate farcie, poulet). Dessert : gelée et halva.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique