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Visite de décembre 2025 :

Le musée des Beaux-arts de Chartres est installé dans l’ancien palais épiscopal. Construit au XII è et remanié à plusieurs reprises, le palais a été considérablement agrandi (aile supplémentaire, chapelle, grille en fer forgé) par l’évêque Mgr Pierre Augustin Bernardin de Rosset de Rocozels de Fleury en 1746.

photos wikipédia :

la chapelle (wikipédia)

Au début du XX è siècle, le palais des évêques a été transformé en musée. De nombreuses œuvres reposent dans les réserves (je n’ai pas pu voir les tableaux de Henri Villain) et sont exposées périodiquement.

À l’extérieur, deux séries d’arcades formaient des galeries qui menaient du palais à la cathédrale.

Le plan donne une idée du bâtiment mais certaines œuvres se trouvent dans d’autres salles.

 plan modifié (visite de décembre 2025):

salle à l’italienne avec la croix des moines de Thiron

entrevue du duc et de la Duchesse d’Angoulême (Barthélémy Garnier), 1828. C’est une peinture dite « d’Histoire ».

La scène se passe le 1 décembre 1823 au palais épiscopal de Chartres, dans cette salle (on reconnaît le carrelage). Louis de France, dauphin et duc d’Angoulême (fils de Charles X) et son épouse et cousine germaine la princesse Marie Thérèse Charlotte (« madame Royale », fille de Louis XVI), au milieu se retrouvent au retour du duc, Il était parti en Espagne pour aider Ferdinand VII à rétablir la monarchie absolue. Les drapeaux indiquent les lieux où s’est illustré le prince, par exemple la bataille du fort du Trocadero le 31 août 1823 près de Cadix. À la suite des Trois Glorieuses, le 2 août 1830, Charles X est contraint d’abdiquer et convainc son fils d’abdiquer en faveur de son neveu Henri d’Artois, C’est finalement Louis-Philippe, duc d’Orléans qui se proclame roi des Français le 7 août 1830.

À travers la grande porte, on aperçoit la salle à l’italienne et l’autel de la chapelle.

Autres personnages, : des personnalités chartraines (Nicolas-Pierre Billard, maire de Chartres), des membres de la suite du duc et de la duchesse (derrière Billard : M le duc de Damas, écuyer d’honneur de la princesse)

Photo wikipédia : Par Le Passant — Travail personnel :

 au prmeir plan, devant le tableau, on voit le sol de la pièce où est exposé le tableau :

le duc et la duchesse d'Angoulême :

de gauche à droite : le vicomte de Courtavel, Billard, maire de Chartres et  le duc de Damas :

 Mgr de Fleury, Pierre Augustin Bernardin de Rosset de Rocozels de Fleury (1717-1780) palais épiscopal de 1746 à 1780

 

émaux sur cuivre (et cuits en plusieurs fois) représentant les 12 apôtres, (Léonard Limosin, ca 1505-1575), c’est une commande de François I représenté ici en saint Thomas, tout en haut, à droite

On trouve aussi son emblème, la salamandre, La date apparaît sur l’un des émaux ; 1547, La signature de Limosin (LL) apparaît tout à gauche, au-dessus du pied de Saint Jean (Saint Jean, S Io est en bas, deuxième à partir de la droite) et sur le pommeau de la canne de Saint Paul (en bas, deuxième à partir de la gauche). Pratiquement impossibles à voir !

la salamandre :

la date 1547

Salle XVII ème :

 David Téniers le jeune (1610-1690), peintre flamand, Joueurs de boules dans la cour d’estaminet, Huile sur toile, milieu du XVII è.

 attribué à Roelandt Savery (1476-1639), paysage de neige au moulin à vent. Début du XVII è

attribué à Hyacinthe Rigaud (1659-1743), Portrait du duc de Saint-Simon, 1685. Saint-Simon, vidame de La Ferté-Vidame (28), célèbre mémorialiste est né en 1675.

 

entourage de José Ribera . Saint François d’Assise en prière, 1 ère moitié du XVII è

 

Francisco de Zurbaran (1598-1664), Sainte Lucie, 1635-1640. Sainte Lucie porte la palme du martyre et un plat contenant ses yeux. Sainte Lucie de Syracuse avait fait vœu de chasteté et de pauvreté, ce qui mit en rage son fiancé qui convoitait sa fortune, tout en lui disant qu’il aimait par-dessus tout ses yeux. Elle se les enleva alors et les lui présenta sur un plateau. La Vierge Marie lui en donna de nouveaux. Au bout de nombreux supplices, Lucie eut la gorge tranchée. Elle est sensée guérir les maladies oculaires.

photo wikipédia :

 

 David Téniers le Jeune (1610-1690), Le concert , milieu du XVII è

 

David Téniers le Jeune. Tabagie de singes, milieu du XVII è

Ce tableau est à rapprocher de ceux de Chardin, exposés dans une salle un peu plus loin. Les singeries étaient à la mode, on en trouve au château de Courances et au château de Chantilly.

Jean-Baptiste Siméon Chardin (1689-1779), le singe antiquaire , ca 1740

Chardin. Le singe peintre. Chardin se moque des peintres incapables d’invention.

 

Carl Van Loo (1705-1765), Pomone (1739)

Élisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842). Portraitiste de Marie-Antoinette, ici, elle fait le portrait de al Comtesse Marie-Thérèse Antoinette de Cluzel, 1779

 

 François Bouchot (1800-1842). La mort de Marceau, avant 1835. Marceau est mort à Altenkirchen en 1796, à l'âge de 27 ans.

buste de Marceau

 

 Charles Antoine Bridan (1730-1805). La fidélité, ca 1770. Plâtre. Bridan a aussi réalisé des sculptures pour le chœur de Notre-Dame. Les peintures et sculptures de nus n'étaient autorisées que si elles représentaient des personnages mythologiques. 

 

 Anna Maria Barbara Abesch (1706-1773). Vierge à l’enfant (1744). Huile sous verre (même technique que les icônes roumaines ou les tableaux exposés au musée d’art naïf)

?

 Hubert Robert (1733-1808), le peintre des ruines et paysagiste des jardins de Méréville et du parc de la Ferté-Vidame. Ici, Louis XIV devant l’aqueduc de Maintenon

 

 Auguste Préault (1808-1879) Tuerie (fragment épisodique d’un grand bas-relief en bronze). Préault semble s’être inspiré d’un bas-relief de Triqueti, « la Loi vengeresse ». Préault avait présente plusieurs bronzes au Salon de 1834, toutes refusées sauf celle-ci accrochée dans le seul but de montrer ce qu’il ne fallait pas faire tant c’était horrible. Il a également réalisé la statue du Général Mareau sur la place des Épars de Chartres.

Dans cette salle, sont exposées des œuvres relatives aux travaux des champs.

Paul Richer (1849-1933), La moisson (salon de 1893). plâtre. Né à Chartres, le Dr Paul Richer était neurologue. Élève de Charcot à la Salpêtrière, il a dessiné des crises d’épilepsie. Il a dessiné également des scènes de la bataille de Loigny pendant la guerre de 1870. Il se servait de ces sculptures et dessins anatomiques pour exercer son métier. Deux monuments sculptés par lui se trouvent à Chartres : le monument à Pasteur (contre la maladie du charbon) et le buste du dr Gabriel Maunoury (à propos du Dr Maunoury : il était chirurgien, cousin de Maurice Maunoury, ministre en 1925 et frère du Maréchal Michel Joseph Maunoury, maréchal ayant participé à la signature du traité de Versailles)

 Paul Richer. Faucheur (salon de 1889) 

 

 Charles Daubigny (1817-1878). Le Printemps, 1857. Il fait partie de l’école de Barbizon.

 

 Jules-Jacques Veyrassat (1828-1893). Le repas des moissonneurs, 1862

 Constant Troyon (1810-1865). Le retour du marché , 1855

 

 Rosa Bonheur (1822-1899). Cheval (1863)

 

 Johann Barthold Jongkind (1819-1891). Paysage au moulin (1860)

 

 Camille Corot. Le repos des chevaux

 

Dans la dernière salle, sont exposées les œuvres des Fauves, nommés ainsi car ils peignaient de violents contrastes de couleurs. Vlaminck a vécu à Rueil-la-Gadelière à partir de 1920.

 André Derain (1880-1854). portrait du père de l’artiste (1905)

 

Maurice Marinot (1882-1860) Étude d’atelier, 1905. Maurice Marinot a consacré par la suite son art à la verrerie.

 Maurice Marinot . Étude d’atelier, 1904

 

Maurice de Vlaminck (1876-1958). Nature morte aux navets.

 Vlaminck. Bouquet rouge aux anémones 1955

 

 Vlaminck. Portrait de Solange. 1912. Solange Prévet-Vlam était sa fille, et c’est elle qui a légué la collection de tableaux de son père à la ville de Chartres.

 Vlaminck. Le pont de Meulan. 1910

 Vlaminck. Nature morte au pichet et à l’orange. 1910

Vlaminck. Nature morte au panier de fruits.1910

 Vlaminck, La nuit à Bougival. 1912

 Vlaminck. Effet de neige à Beauche. 1932

 Vlaminck. Les meules 1950. Cinq tableaux de cette salle ont été prêtés à un musée de Postdam pour l’exposition « Maurice de Vlaminck. Modern Art Rebel. »..

 

Verreries de Henri Navarre (1885-1971)

 Chaïm Soutine (1893-1943) chapeau et pinceau de l’artiste.

Né près de Minsk, Soutine a eu une enfance très difficile, marquée par la misère et les pogroms. Il émigre à Paris, en compagnie de Kikoïne où il connaît de nouveau la misère, s’installant d’abord à la Ruche avec son ami Modigliani. Après des années d’errance, il es t soutenu par les mécènes Marcellin et Madeleine Castaing qui l’invitent dans leur maison de Lèves près de Chartres où il peint la cathédrale, les bords de l’Eure, les escaliers… En 1939, il se réfugie à Civry/Serein avec sa compagne Gerda qui est arrêtée en tant que juive. En 1943, Soutine meurt d’un ulcère à l’estomac.

 Chaïm Soutine. Les escaliers de Chartres

 Chaïm Soutine . Le grand enfant de chœur. Ce tableau est absent en ce moment du musée. Il est parti pour tout 2025 pour être exposé à Copenhague puis à Berne dans le cadre de l’exposition « Chaïm Soutine , à contre courant ».

 Chaïm Soutine La raie,. 1923

Anton Kruysen (1898-1977) Clochard, 1930. Il a résidé longtemps à Chartres.

 

Le musée renferme également une intéressante collection d’objets africains et de Papouasie.

 dans la salle italienne : masque rom porté pour la danse de Rom, dans sacrée qui maintient et renouvelle les liens spirituels et sociaux de la communauté, Matières végétales, fibres de cocotier, pigments naturels, bois.

dans le couloir  conduisant à la salle Vlaminck, Soutine, Derain, Navarre .Ces objets appartenaient à Maurice de Vlaminck qui était très attiré par l’art africain.

Statuettes féminines : République du Congo (population Kuyu), République du Gabon (population Tsogo), Côte d’Ivoire (population Bété)

masque : République démocratique du Congo, population Pende), harpe à tête humaine (Rép. Gabonaise, population Fang), masque (Côte d’Ivoire, population Bété)

Dans une autre salle, se trouvent des objets de Papouasie : Ils ont été donnés en 1970 par la veuve du gouverneur Louis-Joseph Bouge.

Masque jipae (population Asmat, région de Sawa Erma, Papouasie Nouvelle Guinée) ; La tête et la poitrine sont faites de cordelettes d’écorce de mûrier, le tronc et les épaules en rotin, les bras et la jupe en feuille de sago, les yeux en bois et plumes de casoar, et le derrière de la tête en plumes blanches de calao et graines.

La fête jipae célèbre le passage des morts du monde des vivants vers celui des esprits. Les masques-costumes, fabriqués secrètement par les hommes, représentent les personnes décédées depuis la dernière fête jipae. Durant cette fête, les morts reviennent pour un jour et une nuit puis quittent définitivement la communauté. À a fin de la cérémonie, le masque est frappé, s’écroule et meurt à nouveau

Il est transporté à l’intérieur de la maison, hors de la vue du village. L’esprit du mort quitte définitivement la communauté pour rejoindre le monde des ancêtres.

étoffe tapa (îles Alofi et Futuna). L’étoffe est réalisée à partir de liber d’écorce de mûrier à papier nettoyéet séché, puis battu. Les lés sont assemblés, estampés sur des matrices en bois puis peints. L’étoffe est uni au verso et les motifs sont exécutés à main levée. Ces étoffes faisaient l’objet de troc entre les îles de Micronésie (Marshall, Fidji)

 hache-ostensoir (population kanak, Nouvelle-Calédonie). Elle a été nommée ainsi par les Occidentaux par similitude à l’ostensoir utilisé dans le culte catholique. C’est une hache de parade portée par les chefs lors des fêtes ou des harangues. Elle symbolise la puissance du clan. Elle demande plusieurs mois de fabrication. Le disque de serpentine de 20 cm de diamètre et 1 cm d’épaisseur est emmanché sur un morceau de bois et maintenu par des brindilles ou tresses en poil de chauve-souris roussette ou fibres végétales. L’ensemble est fixé sur un socle fait d’une demi noix de coco et recouvert de tapa ou de tissus de couleurs vives troqués avec des occidentaux.

bambous gravés (kanak)

La production traditionnelle, peu figurative, est modifiée quand la Nouvelle-Calédonie sort de son isolement avec l’arrivée de Cook en 1774 puis l’arrivée du premier évêque en 1853. À partir de ce moment, les bambous sont gravés de villages kanak, cases, champs d’ignames, d’animaux (chauve-souris roussette, tortue marine, et l’endémique pigeon hotou), bateaux à voiles, soldats européens avec fusils, prêtres…

 

Nous terminons la visite par l’exposition temporaire « 1000 ans de sculptures à Chartres ».

tête d’ange. 1 ère moitié XIII è

 Jean l’évangéliste milieu XIII è, provient peut-être de l’ancien jubé de la cathédrale. Les cheveux et le visage juvénile sont typiques du style « Saint-Louis »

 clé de voûte de l’ancien Hôtel-Dieu. Début XIII è. Stuc peint. Agneau, angelots (qui ressemblent au Jean évangéliste précédent) et croix

 Lion de Saint Marc. Ancien Hôtel-Dieu. Début XIII è. Stuc peint. Le lion est proche des félins représentés sur les portails N et S de la cathédrale (même époque)

statue colonne de l’abbaye de Josaphat à Lèves. Milieu XII è. Assez proche des sculptuures du portail royal (1145-1155)

Moïse. Pierre, début XII è. Mo¨se est souvent représenté avec cette chevelure bifide formant deux petites cornes. Cela vient d’une erreur de traduction de la Vulgate par saint Jérôme. Il est écrit que Moïse rayonnait en descendant du Sinaï. Or, en hébreu le mot rayonnant se dit karan, proche de karen qui signifie cornu.

lavis à l’encre représentant Saint Sébastien (Françoise Pétrovitch)

Un livret de parcours-découverte est disponible pour les enfants ; CLIC

et un livret pour ados : CLIC

Lors de notre visite de décembre 2025, nous avons vu deux autres tableaux récemment acquis :

Ste Cécile (Adolphe Lalyre)

Christ au tombeau (Lionel Royer)

Nous avons également visité la petite salle de l'instrumentarium; (en bas de l'escalier d'entrée). Ces instruments sont représentés dans la cathédrale dans des vitraux ou des statues.

 

 

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