Nous avons bénéficié de deux visites guidées par Martine Dal Secco (06 09 61 42 17) de l'Association culturelle de Larchant :
le samedi 21 juin 2024 : les ressemblances entre Notre-Dame de Paris et l’église de Larchant
le jeudi 22 mai : les pèlerinages à Larchant
L'église Saint-Mathurin se voit de loin et est célèbre par sa tour ruinée.
Les pigeons sont nombreux, d'où la présence de filets.
L'église Saint-Mathurin est appelée à tort "basilique" mais elle n'en a pas le statut : est basilique un édifice religieux qui a reçu du pape le droit d'être appelé ainsi (pèlerinage, reliques...). Les insignes d'une basilique se trouvent de chaque côté du chœur (comme à St Benoît/Loire) : le pavillon (sorte de parasol rouge et or) et le tintinnabule (clochettes).
On ne sait pas si une demande pour être basilique a été faite.
Pourtant, il y a eu ici un pèlerinage et des reliques.
L’église saint-Mathurin n’est pas non plus une abbaye.
Saint Mathurin vivait la fin du III è siècle. On commence à parler de lui aux X è et XI è siècle. Son histoire ne fut écrite que 1200 ans plus tard, en 1489, par Jean Bestre, prêtre à Larchant. On n’a aucune preuve de l’histoire de Saint Mathurin et on ne sait même pas s’il a vraiment existé !
Il serait né à Larchant, baptisé par Polycarpe, évêque de Sens. Les campagnes étaient peu christianisées (les mots « païen » et « paysan » ont la même origine). Mathurin convertit ses parents, Marin et Eufémie. Il fut ordonné prêtre à 20 ans. Sa renommée arriva aux oreilles de Maximien Hercule (250-310, co-empereur de l'empire romain avec Dioclétien) dont la fille Théodora (certains disent sa belle-fille) était atteinte de folie *. Le diable disait qu'il ne sortirait du corps que sous les ordres de Saint Mathurin. On alla chercher Mathurin qui guérit la princesse.
* La princesse en question pourrait être aussi la fille de Constance Chlore (250-306), empereur qui a succédé à Maximien et marié à Théodora, celle dont on vient de parler (fille ou belle-fille de Maximien). Constance Chlore était le père de Constantin I le Grand. Constance Chlore a eu deux épouses : Hélène (la mère de Constantin) et Théodora (la fille de Maximien).
Peu importe, cela se passe à peu près à la même époque !
Mathurin resta trois ans à Rome, fit des miracles et mourut le 1 novembre 288. On l'enterra et le lendemain, le corps sortit de terre. On se souvint alors qu'il avait demandé à être enterré à Larchant où on le ramena en grande pompe. Des miracles se produisirent sur sa tombe. L'endroit devint terre de pèlerinage.
La légende raconte aussi que quand il était berger, il fit jaillir une source pour abreuver son troupeau, en frappant le sol d'un coup de pied. Cette fontaine de Saint-Mathurin se trouve un peu à l'écart de la commune.
Bande dessinée affichée dans l'église :
Dans l'église deux statues représentent Saint Mathurin, l'une en bois avec aux pieds la princesse, toute petite, et habillée non pas comme au III è siècle mais comme au XIV è siècle. On avait l’habitude de représenter le commun des mortels beaucoup plus petit que les saints (c’est un peu ce qui a créé la légende de Saint Nicolas de Myre et des enfants dans le saloir, enfants qui étaient en réalité des soldats condamnés par l’empereur Constantin et sauvés par Nicolas).
Sur l'autre statue, il piétine le démon.
Le vitrail de Mathurin (abside)
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Le thème de la première visite était "les ressemblances entre Notre-Dame de Paris et l'église Saint-Mathurin".
Elles ont toutes deux été construites fin XII è siècle dans une époque de paix relative du royaume capétien.
Les deux églises ont été commandées par les chanoines de Notre-Dame de Paris qui héritent, au début du XI è siècle, des terres de Larchant, Boissy-aux-Cailles, Moret et environs.
Il ne reste rien de cette première construction, sauf un puits. Les chanoines étaient très puissants; issus de familles riches et nobles. Ils étaient instruits, l'un était conseiller du Roi. Le pèlerinage existait déjà mais on ne sait pas s'il existait alors une église, c'était sans doute un oratoire.
Pour accueillir les pèlerins, les chanoines décidèrent de construire une église afin de montrer la toute puissance de l'Église et de la Royauté. La vie dans le village était alors très active. Le chantier de Notre-Dame de Paris commença au même moment, s'agissait-il des mêmes maîtres d'œuvre ?
À Larchant, Saint-Mathurin était invoqué pour la guérison des fous, des possédés et aussi, paraît-il, des femmes insupportables. Les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle s'arrêtaient pour vénérer les reliques du saint. On y faisait aussi des exorcismes, comme celui-ci relaté par le curé de Larchant en 1601.
Qui dit pèlerinage dit argent. Il y avait beaucoup de dons (on dit qu’on ne comptait pas les pièces, on les pesait).
Le partage des dons était un problème épineux. Les chanoines étaient les seigneurs et touchaient les impôts seigneuriaux ; le clergé percevait la dîme, mais Larchant ne relevait pas de Paris (qui ne sera archevêché qu’au XVII è) mais de l’archevêché de Sens. La fabrique aussi revendiquait sa part de dons (c’est elle qui entretenait l’église, il y avait un conseil de fabrique, composé de marguilliers) et les commerçants vendaient beaucoup. S’ils vendaient en dehors de la ville, il ne payaient pas d’impôts.
Larchant vivait grâce au pèlerinage. Il y avait 17 auberges. Des foules innombrables de pèlerins et de malades affluaient de toutes parts. Les fous et les folles se calmaient en arrivant dans l’église. Tous les ans, on sortait les reliques, on faisait 40 km en chantant pour parcourir tous les villages du plateau : La Chapelle-la-Reine, Fromont, Rumont… On allongeait les fous par terre et on passait la châsse par-dessus, ils se calmaient. L’histoire ne dit pas si la guérison était définitive ! La fabrique sortait parfois la châsse en dehors des jours prévus, ce qui provoquait des procès. Le pire conflit a été entre les chanoines et l’archevêque de Sens ; il y eut même des excommunications.
Le marché des reliques était très florissant. Tout le monde voulait avoir des reliques, vraies, fabriquées, volées… Les pèlerins achetaient et rapportaient chez eux une « enseigne » (c’est l’équivalent d’un insigne, d’un écusson, d’un pin’s !) qui pouvait s’ouvrir. On pouvait aussi acheter de l’eau où on avait fait tremper le linge qui avait frotté la relique. Les enseignes, fabriquées en série, étaient faites de métal quelconque, bon marché. Des moules sont exposés au musée de Cluny.
On a retrouvé des enseignes dans la Loire, dans la Seine et même dans la Tamise !
Voici une enseigne trouvée à Angers. Au centre, Mathurin, vêtu d’une aube et d’une chasuble, foule un démon. Dans sa main gauche, il tient un livre et les fers que l’on mettait aux pieds des fous. Il est entouré par Théodora (à sa droite) et de Maximien-Hercule. Théodora est couronnée, de sa bouche sort le démon. Elle est renversée en arrière, ce qui évoque l’arc de cercle des hystériques. Au-dessus, la châsse de Mathurin est transportée par des nautoniers, est-ce au cours d’une procession ou pendant le transport de Rome à Larchant ?
Conférence de Mme Colette Lamy-Lassalle (1990) sur les enseignes de saint Mathurin. CLIC.
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une autre enseigne de saint Mathurin (XV è)
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On a trouvé également des trompes en verre dans une maison de Larchant (elles sont au musée de Nemours). Servaient-elles au pèlerin à faire fuir les animaux, les brigands ? À annoncer sa venue dans les villages ?
Des rois vinrent en pèlerinage à Larchant : Charles IV, Louis XI, Charles VIII, François I, Henri II, Henri III, Henri IV.
Saint Mathurin est le patron des fous, des bouffons, des clowns et aussi des potiers d’étain à Paris et des marins (qu’on appelle mathurins en Bretagne) : il calma une tempête en mer.
Architecture :
L’église a vécu toutes époques du gothique, primitif, classique, rayonnant, flamboyant, et même Renaissance.
Fin XII è, on voit apparaître les croisées d'ogives. À l'époque, on parlait d'art français ; le terme gothique donné par l'architecte toscan Giorgio Vasari au XVI è siècle avait une connotation péjorative et faisait référence au sac de Rome par les Goths.
Les croisées d'ogives avaient pour but de répartir les forces sur les piliers et permettait aux murs d'être évidés et remplacés par des verrières. Il y avait 52 fenêtres, il n'en reste plus beaucoup, la plupart ont été bouchées ou remplacées par des murs. C'était un grand espace très lumineux mais il n'y avait pas de déambulatoire.
Le chœur, tout en légèreté, aurait été construit dix ans avant la nef de Notre-Dame de Paris.
chapiteaux en feuilles d'acanthe, comme à Notre-Dame.
Piliers
Fin XIII è, un clocher est accolé (ce n'était pas vraiment prévu), il faut construire un contrefort pour contrecarrer les poussées exercées par la tour.
La guerre de cent ans n'a pas eu trop d'incidence à Larchant mais les guerres de religions ont causé beaucoup de dégâts. Larchant se trouvait à la limite entre le territoire catholique et le territoire protestant. Le comte de Montgomery (celui qui a tué accidentellement Henri II dans un tournoi) a incendié le village et l'église en 1568 (il y avait déjà eu un grave incendie en 1490). Une partie de l’église s’effondre (comme les parties sont distinctes, tout ne s’effondre pas).
Il devenait dangereux d'aller sur les routes et les pèlerinages ont peu à peu cessé.
En septembre 1675, la tour fragilisée par l’incendie, s'effondre. Il n'y a plus de toit, plus de plancher, l'église est en ruines.
Sous la Révolution, il n'y a pas eu trop de destructions, contrairement à Notre-Dame de Paris. Alexandre le Noir sauve les sculptures de Notre-Dame et les fait entreposer dans des musées, par exemple au Louvre, dirigé par Dominique Vivant, baron Denon.
Prosper Mérimée classe l'église monument historique. Mais l’église est toujours en ruines, fermée pendant un temps.
Début XX è, on ferme le transept. Les deux extrémités du transept sont en bois et le milieu est en béton façon bois.Les restaurations se poursuivirent peu à peu au XX è siècle.
May. Les mays étaient des objets d'orfèvrerie ou de grands tableaux d'autels donnés par les orfèvres puis par les grands peintres, Le Brun par exemple. Il y a donc pléthore de mays à Notre-Dame et les chanoines de Notre-Dame en offrent un à Larchant (le peintre, Guillebaud, vit au Mans). Ce tableau représente la résurrection du fils unique de la veuve de Naïm (évangile selon St Luc, 7, 11-17). Le tableau a été restauré deux fois.
une autre statue dans l'église :
La chapelle de la Vierge (côté nord-est) a été construite fin XIII è / début XIVè siècle.
Le retable (fin XV è) est magnifique, avec au milieu une statue en plâtre de la Vierge. La tête de la Vierge est du 14 è, le reste a été refait au XIX è. Les vitraux sont de 1960.
Huit socles représenteraient les péchés capitaux (dans le sens inverse au sens horaire : avarice, paresse, envie, luxure, gourmandise, colère, personnage avec phylactère, orgueil)
des clés de voûte (supportant des autels) :
dans la chapelle
dans le chœur :
le linteau du porche nord est exposé ici :
Extérieur :
Nous faisons le tour de l'église, à l'extérieur, dans le sens contraire au sens horaire.
contreforts fin XII è et clocher ajouté au XVIII è
boudins et taille en pointe des diamants.
salle du trésor
Chapelle de la Vierge : gargouilles, pinacles, leur rôle est d'exercer une force sur le contrefort et de le stabiliser mais aussi d'aller encore plus haut pour se rapprocher de Dieu.
l'abside :
côté nord :
À l'ouest, il n'y avait pas de portail comme c’est souvent l’usage ; ici, le portail principal se trouvait au nord car les pèlerins arrivaient par cette grande route. Au bout de la route, il y avait trois auberges.
la tour date du XIII è . Elle mesure 50 m. Le dernier étage date du XV è (gothique flamboyant)
Description du portail : au XV è , ajout de gothique flamboyant
Huile d'Achille Varin
Le tympan représente le Jugement dernier.
En haut, des anges thuriféraires (portant l’encensoir). Celui de gauche en haut porte le soleil et celui de droite porte la lune.
Le linteau (XVI è) représente la résurrection des morts. C’est une copie, l'original est exposé dans l'église (voir plus haut). Des travaux ont été faits en 1555, comme l'indique l'inscription. Les arcs en plein cintre ont été remplacés par des arcs renaissance, détruisant ainsi les sculptures de certains mois (voir ci-dessous)
les voussures : première voussure : les anges du jugement dernier sonnant de la trompette.
Deuxième voussure :
à droite : en bas : scènes de l’enfer, . Au-dessus, ce serait Aaron.
des damnés mijotent dans un chaudron (le feu est attisé par un diable et son soufflet
À gauche : de bas en haut : Abraham portant les âmes des justes dans un sac, Saint-Jean Baptiste avec l’agneau, Moïse et sans doute des prophètes.
troisième voussure : le livret indique qu’il y a : à droite les confesseurs et à gauche les martyrs (un saint céphalophore (Saint Denis ?), puis Saint Laurent et son gril ? Saint Vincent ?
Jean Baptiste :
Les statues : Les statues ont été en partie mutilées pendant les guerres de religion.
Saint Jacques, à gauche, tient un sac avec deux coquilles et l'épée de son martyre. Le livret parle aussi de saint André et saint Pierre. À droite, Saint Paul et saint Étienne. P 41. Sous la statue du milieu, ce petit personnage pourrait être le sculpteur.
sait Jacques ;
Les vierges folles, symboles des damnés (à droite)
et les vierges sages, symboles des élus (à gauche, c’est-à-dire, à la droite du Christ)
Dans l’épaisseur du mur, a été sculpté le calendrier des mois de l'année. À gauche, de bas en haut : janvier fait un bon repas, février se chauffe devant la cheminée, mars taille sa vigne.
À droite, de haut en bas : octobre sème, novembre récolte les glands, décembre tue le porc.
On pense que le sculpteur s'est représenté ici (à droite du portail sous les statues)
Nous passons le portail pour pénétrer dans ce qui était la nef du XIII è, maintenant en ruines. Elle a été séparée de la nef couverte par un mur (XVIè) après l'effondrement de la tour.
En principe, l'entrée dans la partie ruinée est déconseillée (chute de pierres), nous y allons quand même et prenons soin de nous tenir au milieu.
La partie XIII è (ruinée) est très épurée.
départ de croisées d'ogives.
La façade ouest a été vendue à un carrier mais celui-ci a stoppé la démolition qui était trop compliquée.
Nous sortons par la porte des morts, au sud, elle communiquait avec le cimetière.
le portail ouest vu de l'extérieur :
la nef côté sud vue de l'extérieur
Invader a mis une mosaïque mais celle-ci a été enlevée :
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Plaque apposée sur le mur d'une maison en face de la nef côté sud :
Ici la Chapelle de Saint Mathurin
Dieu
Vérité Charité
Patrie
Maison où vécut et
mourut le chanoine
Mancou prêtre du Tiers (sous-entendu : ordre)
de Saint Dominique
livret en vente auprès de l'association :
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Un parcours est disponible sous forme de Qr codes à scanner. Il commence sur le banc devant l'abside de l'église :
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1- Nous partons du portail Sud du transept de l'église. De l'autre côté de la rue, dans le prolongement de la place, une porte cintrée est tout ce qui reste de visible de l'ancienne chapelle, disparue à la révolution, où fut enterré Saint Mathurin.
2- A gauche se trouvait l'ancien cimetière de Larchant dont ne subsiste que la croix centrale. Désaffecté au début du XXème siècle, c'est aujourd'hui une propriété privée.
3- En suivant l'ancienne rue de l'Hôtel-Dieu, contigüe au cimetière, nous trouvons l'ancienne Poste, auparavant Presbytère, ou "Maison des Coquilles", chapelle de l'Hôtel-Dieu, lequel comprenait 3 chambres basses. Au XVIIème siècle, les Petites Écoles y étaient installées, dans une des chambres à feu.
4- Nous arrivons sur la place, ancienne rue de la Bretonnière, qui devait son nom aux nombreux pèlerins bretons qui venaient à Larchant. Jusqu'à la fin du XIXème siècle s'y trouvait un puit, où une femme trouva la mort en 1744.
5- Arrivés sur la place, nous passons devant l’École Primaire qui fut inaugurée en 1884. A cette époque, les filles étaient séparées des garçons. Le bâtiment abritait aussi la Mairie.
6- Nous prenons ensuite la seconde rue à gauche, ruelle du Pressoir, d'après l'ancien pressoir banal qui s'y trouvait. A l'endroit où la ruelle s'élargit, se situait l'ancienne Grange aux Dîmes (il n'en reste que les murs, servant d'enclos à un verger) à droite, et l'Audience et les anciennes Prisons à gauche.
7- La ruelle débouche sue la rue de l’Église, à droite, anciennement dénommée rue du Pont. Au coin de la rue, à droite, se situait l'enseigne de l'Image St-Etienne, puis l'Image St-Jacques et l'Image St-Pierre, avec son étage à encorbellement et ses devantures ordonnancées en pierre de taille, sur le modèle des anciennes échoppes. Au Moyen Age c'était l'une des rues les plus animées du village. De l'autre côté de la rue nous avions l'enseigne de l'Homme Sauvage. Dans la cour de cet établissement, au fond d'un puits, furent trouvés les restes d'instruments de musique en terre et en verre qui étaient vendus lors des pèlerinages. Plus loin dans la rue, à droite, une maison correspond à l'emplacement des anciennes Halles, avec une inscription "Le 29 juin 1792 fait par Jean-Pierre Bernard et Adelaïde Hamelin ma femme".
8- Le croisement entre la rue de l’Église et la rue de la Libération (ancienne rue de Nemours) s'appelait autrefois le Coin Musard car le crieur public venait y annoncer les nouvelles, juché sur une pierre. Les gens s'attardaient là en commentant les petits potins. Laissant la rue de Chouard, anciennement Grand Chemin de Melun (menant au nord du département et peut être à l'Abbaye Notre-Dame de Jouarre, d'où la déformation du nom) nous remontons la rue vers le carrefour des Trois Rois. Sur la droite se trouvait l'ancien four banal, juste après l'ancienne auberge de l’Écu de France, entre la rue de Chouard et la ruelle du Four. A carrefour, à l'entrée de la rue de Paris, l'auberge des Trois Rois est la seule auberge intacte. Sa façade, datée du XVème siècle, est classée. Elle reste hôtellerie jusqu'au XVIIIème siècle. En 1601, Mathurin Dupetit, hôte de l'auberge est témoin d'un exorcisme qui eut lieu dans l’Église.
9- La rue de Paris, ancienne voie de communication qui rejoignait la voie de Chailly en plaine, nous mène jusqu'aux anciens fossés. Elle conduisait aux carrières et les tombereaux de sable y causaient d'importants dégâts.
10- Vers la gauche, nous remontons la rue où se situent les plus importants vestiges des anciennes murailles du village. Les habitants obtinrent l'autorisation d'édifier des fortifications en 1528. On peut encore voir l'appareillage de ce mur d'enceinte, qui montre les restes d'une tour en haut de la rue. Les fortifications servirent de carrière de pierre après l'incendie de 1778, pour réparer les dommages causés aux habitations du village.
11- En arrivant à la porte des Sablons, avec la mare du village à droite, nous observons la très ancienne Ferme du Chapitre, restaurée en 1761, qui domine le village. Le grand bâtiment, avec pierres appareillées, est la grange aux Dîmes. On distingue aussi un beau pigeonnier. C'est aujourd'hui une propriété privée.
12- En descendant la rue, certaines maisons anciennes sont reconnaissables à leur toit très pentu (au n°34 et 36). Au n° 15, un soupirail est barré d'un "nœud de sorcière", destiné jusqu'au XIXème siècle, à éloigner les mauvais esprits. Au n°22 se situe la Maison du Pèlerin, qui montre sur sa porte les signes distinctifs des pèlerins : le bâton et la coquille Saint-Jacques, rappelant que Larchant fut une étape sur la route de Compostelle.
13- Par la ruelle, en face d'une ancienne maison à encorbellement frappée d’alignement, nous rejoignons la place du Pilori, notre point de départ.
site sur les vitraux de la chapelle : CLIC
site de l'association : CLIC