Mercredi 18 juin, 11500 pas, 20°
Après un copieux petit-déjeuner estonien (harengs fumés de la Baltique, saumon…), nous quittons Tallinn pour longer la côte en direction de l’est.
Nous passons devant la statue de l’Ange noir, monument dédié aux victimes du naufrage du Roussalka : CLIC
Un petit coup d’œil sur la baie de Tallinn et sur la station balnéaire de Pirita.
On voit que la ville a trois niveaux : la mer, le port, la vieille ville.
Nous passons devant ce grand tunnel noir : c’est le mémorial pour les victimes du communisme. Derrière, il y a un jardin du souvenir planté de pommiers (pour que les âmes se sentent comme chez elles quand elles reviendront)
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Puis nous passons devant le centre nautique des JO de Moscou en 1980 (les autres épreuves se déroulaient à Moscou)
jolies maisons en bois
De chaque côté de la route, on voit des tombes sous les arbres. C’est le cimetière de la forêt. Les Estoniens sont très proches de la nature. Quand un enfant naît, on plante un arbre et quand les gens meurent, on les enterre sous les arbres. On ne met pas de croix mais une bougie est allumée sur la tombe et on place un petit banc devant. On peut dire que c’est un cimetière légèrement païen. 90 % des Estoniens sont incinérés. Les tombes sont gratuites. Dans ce cimetière, sont enterrés l’acteur Ruts Bauman (nous avons vu son buste au musée de Tallinn), le joueur d’échecs Paul Keres, l’écrivain Eduard Vilde (nous verrons sa statue à Tartu)… et bien d’autres personnalités. J’ai lu que la circulation en voiture serait autorisée dans les allées des cimetières de Tallinn et les bougies à lumière artificielle interdites …
Nous nous dirigeons le long de la côte, vers l’est, en direction de Narva, ville-frontière mais nous arrêterons à une centaine de kilomètres avant la frontière, pour aller vers le sud, direction Tartu. 270 km.
La côte est très découpée (3000 km de côtes). La mer Baltique est peu salée (7 g/l au lieu de 30 g/l pour l’Atlantique nord). Comme elle est peu profonde, son eau est plus souvent renouvelée et alimentée en eau de pluie et neige.
La route est longue, Ula nous donne quelques informations sur l’Estonie.
En vrac : les transports à Tallinn sont gratuits pour les Talliniens.
Depuis l’an dernier, les professeurs doivent obligatoirement donner les cours en estonien et non en russe. C’est particulièrement compliqué à Narva où il y a beaucoup de russophones. Il y a encore de nombreux professeurs qui ont étudié et enseigné sous le régime soviétique.
La prison de Tartu accueillera sans doute des prisonniers suédois, mais certains Estoniens sont méfiants.
Le cybercentre de l’OTAN se trouve à Tallinn. Il y a peu de grèves.
L’Estonie vit de l’industrie du bois, du tourisme (8%), des industries de transformation : cabines d’ascenseurs, ceintures de sécurité, moteurs Tesla, bidons pour l’industrie pétrolière, la réparation des bâtiments, les peintures pour les maisons en bois…
Nous traversons le parc national de Lahemaa avec ses quatre péninsules, ses forêts, ses marais (exploitation de la tourbe), ses myrtilles, champignons et lichens ; de temps en temps, des panneaux indiquent Attention, passage d’élans, d’ours, de lynx… Nous n’en avons pas vu. Nous nous arrêtons à Käsmu, au bord de la mer, dans la troisième péninsule.. Jolie balade d’une heure. Ici, se tenaient un chantier naval et une école maritime. La statue du chevreuil est typiquement soviétique ! Sur la roche, sont écrits des noms et dates : ceux de bateaux construits ici ?
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les blocs erratiques :
Käsmu, tableaux de Julie Hagen-Scharz (musée des beaux-Arts de Tallinn)
Il y a 2300 manoirs dans la région et nous nous arrêtons à celui de Sagadi, toujours dans le parc Lahemaa. Les manoirs portent le nom des villages, pas celui des propriétaires.
Le manoir fut bâti en 1753.
La série TV policière historique Van Fock se passe au manoir de Sagadi, au XIX è siècle. Le héros est Paul Von Fock, est-ce le Paul Alexaner Von Fock (famille germano-balte) qui agrandit le manoir au XIX è siècle en y ajoutant de nombreux bâtiments agricoles ? Après 1919, le dernier descendant Von Fock fut exproprié et le manoir devint une école puis un kolkhoze. Il abrite maintenant un hôtel-restaurant (où nous déjeunons), et le musée de la forêt qui nous a permis de découvrir la faume et la flore de Lahemaa.
Nous visitons d’abord quelques salles du manoir, une décoration lourde et sombre à mon avis.
le poêle :
Une partie est consacrée à la loge franc-maçonnique de Kalevipoeg : une copie du portrait du Comte de Saint-Germain (au Louvre), des vêtements. La loge porte le nom de Kalevipoeg, héros mythologique national, fils de Kalev et Linda dont j’ai déjà parlé dans l’article sur Tompea (Tallinn) (les larmes de Linda, pleurant son époux, auraient formé le lac Ülemiste au sud de Tallinn). CLIC
la lettre de fondation de la loge :
Nous sortons pour visiter le musée de la forêt aménagé dans les communs qui bordent le parc.
une application permet de comparer notre vitesse de course à celles des animaux de la forêt. Je serais vite rattrapée par le loup !
Nous déjeunons au restaurant du manoir : salade, perche et purée, soupe de myrtilles et mousse. On appelle cette purée le porridge Mulgi (Vilendi). C’est un plat traditionnel composé de purée de pommes de terre et d’orge, parfois garnie de porc frit et d’oignons (ce n’était pas le cas pour notre repas). Il était servi aux paysans.
Recette :
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1 kg de pommes de terre épluchées
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2 dl d'orge perlé
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1,5 l d'eau
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sel
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2 oignons
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200 g de jarret de porc
Instructions:
Mettre les pommes de terre coupées en rondelles dans une casserole et verser l'orge préalablement trempée dessus. Saler légèrement et faire bouillir ou mijoter les ingrédients jusqu'à ce qu'ils soient tendres. Mélanger, sans écraser les pommes de terre. Servir avec du jarret de porc poêlé et des oignons hachés.
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Le château de Rakwere, forteresse danoise du XIII è, (l’ancien nom Tarvapää signifie « tête d’aurochs ») est en ruines et est actuellement transformé en musée avec animations.
La statue de Tarvas représente un aurochs (7 m de long sur 3,5 m de haut, 7 tonnes !), elle a été créée en 2002 par Tauno Kangro pour célébrer les 700 ans du village. et se voit de loin. Nous grimpons les 70 marches, les talus sont couverts de fleurs jaunes (les bunias d’Orient) et de fleurs violettes (delphiniums)
je pense que ce sont des lychnis, j'ai toujours confondu avec les silènes
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C’est dans ce village que se trouve la plus grande charcuterie d’Estonie.
Selon une ancienne légende, à l’époque préhistorique, vivaient d’énormes taureaux, certains disent qu’ils atteignaient plusieurs centaines de mètres de long. Un jour, les chasseurs décidèrent de s’unir et, pendant plusieurs années, traquèrent une bête si énorme que sa tête était à Rakvere et sa queue à Tartu. Tartu est à 140 km de Rakwere !
Nous traversons une région agricole riche en terres noires : colza, blé, orge, pommes de terre, fèves, betteraves (pour les animaux). Les céréales sont exportées en Afrique. Sous le régime soviétique, c’était la région des sovkhozes (les paysans étaient salariés, sans être propriétaires des terres qui appartenaient à l’État) et des kolkhozes (réunion de coopératives agricoles exploitant des terres appartenant à l’État). Nous ne sommes pas loin du lac Peipus (au milieu du lac se trouve la frontière avec la Russie) où vivent encore des Vieux-Croyants, installés ici depuis le XVII è siècle, époque où ils ont été chassés de la Russie orthodoxe, suite à un schisme.