Mardi 17 juin.
Tere (bonjour) !
Une assez longue journée (14 000 pas) s'annonce avec la visite de Tallinn : ville haute, musée en plein air, ville basse, musée d'art contemporain.
Il fait 17° environ, nous prenons les vêtements de pluie, qui ne ne nous quitteront pas de tout le séjour. Il pleuvra presque tous les jours mais jamais très longtemps si bien que nous ne serons pas gênés.
Le petit-déjeuner est copieux : fromage blanc, harengs fumés, rollmops et saumon de la baltique, porridge et bien sûr nombre de viennoiseries, pâtisseries, fruits, fromages et charcuteries...
De nombreux militaires prennent ici leur petit-déjeuner : des Français, des Hongrois, des Américains, etc, et bien sûr des Estoniens. Ce sont des médecins militaires de l’OTAN.
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La vieille ville est partagée en deux : ville haute et ville basse. Les portes étaient fermées la nuit et on ne pouvait pas pénétrer de l’une à l’autre. Le dernier incendie date de 1684. La ville haute n’est pas aussi bien conservée que la ville basse..La ville est entourée de murailles et de 26 tours de guet. CLIC
La ville haute est la ville des nobles, la ville basse celle des commerçants de la Hanse.
Nous commençons par visiter Toompea, la ville haute, en partant du sud.
Une légende raconte que Linda (née d’un œuf de tetras) a érigé un tumulus (la colline de Toompea) sur la tombe de Kalev. Ses larmes ont formé le lac Ülemiste au sud de Tallinn. Ils avaient donné naissance à Kalevipoeg, doué d’une force surhumaine. Kalevipoeg mourut, victime d’une malédiction, mais ressuscita. Depuis, il veille aux portes de l’Enfer pour empêcher le Diable d’en sortir.
Le premier château en bois a été successivement pris par les Danois (1219), puis les Chevaliers teutoniques Porte-Glaive (1227), puis à nouveau les Danois (1237), puis l’ordre de Livonie issu des Porte-Glaive (1346), puis les Suédois (1501), les Russes (1510). Au XX è siècle, la ville voit d’abord la première République (1918), l’occupation russe puis nazie, puis russe et enfin la seconde République (1990).
La tour Kiek in de Kök est une ancienne tour à canons de la fin du XV è siècle. Son nom signifie «regarder dans la cuisine» car les gardes avaient vue sur les cuisines des maisons. Le bas-saxon était parlé sur tout le territoire de la ligue hanséatique et de l’Ordre teutonique.
Un peu plus loin, la tour Neitsitorn (tour de la Vierge)
dans la brume, à gauche, l'église Saint-Olaf :
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Nous entrons dans le jardin du roi danois. En 1219, les Danois (Waldemar II, le victorieux) prennent la vieille forteresse (bataille de Lyndanisse) et fondent la ville de Tallinn sur la colline : église en bois et forteresse, Taani-linn qui deviendra Tallinn (=château danois). La légende raconte qu’il y a 800 ans, le 15 juin 1219, une bannière portant une croix blanche est tombée miraculeusement du ciel, au moment où les Danois perdaient la bataille contre les Estoniens « païennes ».
En 1229, des moines dominicains arrivent du Danemark, avec l'intention de fonder un monastère. Ils commencent à construire une église en pierre. Mais leur projet est interrompu en 1233 par le conflit qui oppose les Danois et les moines-chevaliers de l'Ordre teutonique des Porte-Glaive.
Trois statues de moines (sans visage) rappellent la présence des moines dominicains. La légende dit que la nuit, les fantômes des moines apparaissent.
Au XIII è siècle, Tallinn rejoint la ligue hanséatique, puissante communauté de marchands et de villes marchandes allemandes.
Les moines dominicains sont partis au XVII è au moment de la Réforme. Le pays adopte la religion luthérienne.
Nous montons maintenant vers la ville haute en empruntant des escaliers, par exemple celui de la Jambe courte qui relie les rues Lühike Jalg (rue de la jambe courte) et le las de Pikk jalg (rue de la jambe longue, ). Drôles de noms, je n’avais encore jamais visité de ville boiteuse.
porte de la jambe courte :
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dans la rue jambe longue (Pikk jalg)
Ces jolies rues pavées sont bordées de trottoirs plats ou de larges marches, bien plus pratiques pour marcher.
Nous arrivons à Lossi plats, où se trouvent la cathédrale Alexandre Nevsky et le Parlement.
Cathédrale Alexandre Nevski est une église orthodoxe russe. L’église orthodoxe Alexandre Nevski a cinq bulbes, le central représente le Christ et les quatre autres les évangélistes. Sous les bulbes, se trouvent des décorations en forme de demi-cercles pointus : les kokochnik. Elle a été construite entre 1895 et 1900 dans le cadre de la politique de russification forcée de l’Estonie sur un projet d’Alexandre III. On dit que le tsar voulait faire construire cette église en remerciement pour avoir survécu en 1888 à un accident ferroviaire. C’est finalement son fils Nicolas II qui concrétisa le projet.
Selon une légende, la cathédrale serait bâtie sur la tombe de Kalevipoeg, évoqué un peu plus haut...
On fait un tour à l’intérieur sans notre guide qui n’apprécie guère ce qui est russe. On ne peut pas prendre de photos à l’intérieur. On y retrouve l’iconostase, les murs couverts d’icônes… Voici quelques photos trouvées sur internet.
photo internet (iconostase)
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Sur la même place, voici le palais du Parlement (Kirikogu), partie de l’ancien château. drapeaux estonien, ukrainien et européen
Nous traversons maintenant le quartier des ambassades. Ambassade de France. Au fond la cathédrale Sainte-Marie
Statue de Voldemar Panso (rue Toom-Kooli). C’était un acteur de théâtre, cinéaste.
La cathédrale luthérienne Sainte-Marie (ou cathédrale du Dôme), Toomkirikusse, sur la Kiriku plats, était au départ une église catholique. Les luthériens ne vénèrent pas les saints mais les respectent et ils donnent le nom de saints à leurs églises (en omettant saint devant le prénom) mais pour plus de commodité, on fait précéder le nom de « saint ».
Pour écouter Ula, nous nous asseyons sur les bancs (ouf!) et nous fermons les portes des bancs.
Les paysans de religion luthérienne étaient un peu alphabétisés, ils allaient à l’école pendant 3 à 4 ans, ce qui leur permettait de savoir lire et écrire.
L’Église luthérienne s’est construite pour s’opposer à la corruption. Il n’y a pas de monastères. La religion luthérienne ayant remplacé la religion catholique, les moines dominicains sont partis au XVII è et les cisterciens au XVIII è. Les prêcheurs luthériens parlaient en espagnol.
C'est la plus ancienne église de Tallinn et de l’Estonie continentale. C'est aussi le seul bâtiment de Toompea à avoir survécu au grand incendie de 1684 mais il a été toutefois été gravement endommagé, notamment en ce qui concerne les parties en bois.
Le buffet d’orgue en bois date du XIX è.
Près de l’autel, on voit les loges des familles nobles.
L’église du Dôme est surtout connue pour les nombreuses armoiries qui sont installées sur ses murs. Parmi les plus originales, on voit celles avec un palmier (armoiries des Templiers), avec un poisson et un anneau d’or…
Mausolée érigé exceptionnellement malgré l’interdiction d’enterrer dans les églises(épidémie de peste)
Palais (Académie des Sciences)
un palais appartenant à Tatania , petite-fille d’un Baranov, russe blanc, et mariée avec un Montesquiou. ????
Dans la rue qui conduit au belvédère Kohtuotsa et sur la place du belvédère, nous voyons de nombreuses boutiques : ambre, petites maisons en céramique, vêtements...
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Du belvédère, nous avons une belle vue sur les remparts, les tours, la ville basse, les églises St-Olaf et St-Nicolas et au loin, la mer.
à gauche : l'église saint-Olaf, à droite église du saint-Esprit
saint Nicolas
église saint-Olaf et devant, église de la Transfiguration :
église du saint-Esprit à gauche et hôtel de ville à droite :
saint Olaf à droite et église de la Transfiguration à gauche :
saint-Olaf et la mer Baltique
les tours de guet, églises saint-olaf et de la Transfiguration
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un petit poème :
Nous passons devant la maison Stenbock, siège du gouvernement estonien tout en haut de la falaise (bâtiment administratif, équivalent de Matignon) et descendons les escaliers pour rejoindre le bus. Ici, la façade arrière de la maison Stenbock.