Les Lituaniens aiment Napoléon qui est passé à Kaunas et Vilnius en 1812.
En 1795, la République des Deux Nations (Pologne et Lituanie) est démantelée. La Lituanie passe dans l’Empire russe. Le service militaire tsariste est de 25 ans ! Le servage accable les paysans (il ne sera aboli que vers 1860). Napoléon est donc accueilli en libérateur. 50000 Lituaniens se joignent à la grande Armée. Les toits des maisons prennent la forme du chapeau de Napoléon.
Arrivé à Kovno (actuellement Kaunas) le 24 juin 1812, Napoléon charge Jean-Baptiste Éblé de construire trois pontons sur le Niemen, espacés de 300 m.
Depuis la colline sur la rivière gauche (celle d’où j’ai pris la photo et qu’on appelle depuis la « colline Napoléon »), Napoléon observe la Grande Armée (600 000 personnes) traverser le fleuve. Les pontonniers ont pu traverser vite car c’est l’époque où la nuit est très courte en Lituanie. Les Russes sont sur l’autre rive mais reculent.
Les Français ont des uniformes rouges aux boutons qui brillent, les filles leur lancent des fleurs.
Napoléon reste trois jours à Kowno, couchant dans un couvent.
Un lièvre se jette dans les jambes du cheval de Napoléon et l’Empereur est désarçonné. Berthier dit « Mauvais présage ». Mais Napoléon poursuit sa marche vers Moscou.
Le 28 juin, il arrive à Vilna (actuellement Vilnius) et il restera jusqu’au 16 juillet. La ville se rend sans combats et Napoléon entre par la porte de l’Aurore.
Il loge dans le palais du Gouverneur (actuellement palais présidentiel). Il y eut des bals, des réceptions, on fêta le 14 juillet, les anniversaires et les victoires de Napoléon. Il écrit « J’habite dans un palais magnifique où récemment a séjourné l’empereur Alexandre ».
à propos de l’église Sainte-Anne, Napoléon dit qu’il aurait voulu l’emporter à Paris. Mais les soldats sont moins admiratifs, ils la transforment en écuries et brûlent l’intérieur.
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Le retour de la campagne de Russie fut moins glorieux. La Grande Armée repassa à Vilnius et à Kaunas en décembre 1812, talonnée par les Cosaques.
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En 2002, lors de fouilles d’un chantier de construction à Vilnius, les restes de 3000 soldats sont découverts. Ce sont des soldats de la Grande-Armée, morts en 1812. Lors du passage de l’armée en 1812, il y avait à Vilnius 17 hôpitaux militaires installés principalement dans des couvents qui accueillaient 6000 malades. La mortalité était très élevée (100 personnes par jour). Ils sont morts, non de combats, mais de typhus, de dysenterie, de famine et de froid (la nuit il faisait moins 30° pendant l’hiver). Les soldats n’avaient plus la force de se rendre au point de ravitaillement. Les boutons ont été bien conservés et on sait que ces soldats appartenaient au 29 è régiment d’infanterie de ligne, au 2ème régiment de dragons et au 7ème régiment de hussards. Ces trois unités faisaient partie de la garde de l'Empereur.
Entre 20.000 à 30.000 soldats de la Grande Armée ont péri en décembre 1812, dans les environs de Vilnius.
Dans le cimetière d’Antakalnis, un monument rend hommage aux soldats de Napoléon. Environ 3 000 soldats de Napoléon dont 40 femmes sont enterrés ici. Le monument a été inauguré le 1 juin 2012 (?)
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bibliographie :
Mémoires du Sergent Bourgogne (1812-1813) : le Sergent Bourgogne raconte le passage de la Grande Armée à Vilnius. Il raconte aussi l’histoire de Cadet, le cheval du Dragon Mêlé qui a fait les campagnes d’Égypte, de la Bérézina et a été tué à Waterloo.
Les cahiers du Capitaine Coignet (livre de poche, pages 270 à 312) Le capitaine Coignet raconte la tempête de neige et de grêle qui survint le 29 juin. 10 000 chevaux moururent de froid cette nuit-là. J'ai lu ce livre en 1972 et le début du livre me servait dans mes cours d'histoire pour parler de la vie dans les campagnes au début du XIX è siècle (notamment celle des enfants). Je connais le début du livre par cœur !
Choses vues (Victor Hugo), un chapitre traite du passage de la Grande Armée à Vilnius. Il raconte que les Anglais récupéraient les restes des soldats pour en faire de l’engrais.
Dans les carnets lituaniens: CLIC