Le fort n°9 se trouvé à l’extérieur de Kaunas.
À la fin du XIX è siècle, Kaunas était entourée de 8 forts et 9 batteries. L’empire tsariste voulait la plus grande et la plus forte des citadelles pour défendre ses frontières occidentales. Un neuvième fort fut construit en 1902. Pendant la première guerre mondiale, les forts ont été détruits
Le fort n°9 fut transformé en prison entre les deux guerres (Lituanie indépendante)
Pendant la seconde guerre mondiale, les nazis et les collaborateurs lituaniens l’ont transformé en usine de la mort.
En 1941, les 40 000 Juifs de Kaunas furent enfermés dans le ghetto de Kovno (ancien nom de Kaunas) composé de deux ghettos. Les ghettos étaient surpeuplés (moins d’un m² par personne).
Le 4 octobre 1941, les nazis tuent la quasi-totalité du petit ghetto au fort n°9. Ils continuent de réduire la taille du ghetto et le 29 octobre 9200 personnes dont 5000 enfants sont massacrées au fort n°9.
Les conditions dans le ghetto sont terribles, les gens sont obligés de travailler en dehors du ghetto à des travaux forcés, les grossesses sont interdites.
Les Lituaniens ont essayé de sauver les Juifs. Les femmes mettaient les enfants dans des sacs. Certains mouraient. Après elles ont laissé les enfants près des maisons. Une femme qui travaillait dans la cuisine du ghetto avait mis un enfant dans un sac de pommes de terre. Un autre a caché trente personnes dans un trou creusé sous un poulailler.
En 1943, le ghetto est transformé en camp de concentration. Les gens sont envoyés à Auschwitz ou dans d’autres camps. D’autres sont exécutés au fort. 3000 personnes survivent.
Le 15 mai 1944, le convoi n°73 parti de Drancy avec 878 déportés, uniquement des hommes, arrive au fort n° 9. 22 survivront. 600 furent exécutés au fort n° 9, les autres à Tallinn. Sur le site du fort, une inscription indique « Nous sommes 900 français ».
En 1993, une première délégation dirigée par Simone Veil s’est rendu sur les lieux. André Jacob et Jean le père et le frère de Simone Veil ont été fusillés ici.
/image%2F0651057%2F20250902%2Fob_75f893_45-memorial-16.jpg)
Le 8 juillet 1944, les nazis évacuent le camp, déportant 25 000 personnes à Dachau et Stutthof. Ils dynamitent le ghetto quelques semaines avant l’arrivée de l’Armée rouge.
Le monument en béton armé, de style brutaliste a été sculpté en 1984 par A.Ambraziunas. Il mesure 34 m de haut. Les trois parties de la construction symbolisent la Douleur (à droite), l’Espoir (à gauche) et la Libération (au milieu) avec des visages souriants.
Cette composition sculpturale en béton, de style brutaliste, en trois parties symbolise la confrontation avec le mal, la montée au combat et la résistance. La plus petite, à droite, s'appelle « Douleur », celle de gauche, en diagonale, « Espoir », et la plus grande, décorée de visages souriants, « Libération ».
L'endroit où sont enterrées les victimes des massacres est une pelouse sur laquelle la phrase suivante a été écrite en plusieurs langues:
« À cet endroit, les nazis et leur assistants ont tué plus de 30 000 juifs de Lituanie et d'autres pays européens. »
Dans le fort n° 9 se trouve un musée.
Composition « Animitas » (2021) de Christian Liberté Boltanski (1944-2021). Son père s’est caché sous le plancher de la maison familiale pour échapper aux rafles de la seconde guerre mondiale. Cette composition rassemble 230 clochettes japonaises attachées à des tiges métalliques de façon à refléter le ciel nocturne le jour de l’anniversaire de l’artiste. Quand les cloches bougent, elles produisent un son qui, selon l’artiste, peut être comparé à la musique des âmes. Par ce travail, Boltanski exprime le désir d’unir le ciel et la terre. Il nous invite à nous rappeler les personnes disparues. Jusqu’à sa mort, il a été marié à l’artiste Annette Messager.