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En 632 déjà, Dagobert y chassait déjà dans la forêt de Retz.

1528 : De retour en France (il avait été fait prisonnier en Italie après la défaite de Pavie en 1525), François I fait construire des châteaux. En tout, il fera construire 11 châteaux, dont Fontainebleau et Villers-Cotterêts.

Le château de Villers-Cotterêts est situé dans la forêt de Retz, au centre du comté de Valois qu’il avait reçu en apanage de son cousin le roi Louis XII quand il avait trois ans. En général, un roi donne une terre en apanage à son fils cadet. Ici, Louis XII fait don du Valois à son cousin, alors appelé François d’Angoulême. Pour rappel, Louis XII, roi de France avant François I, s’était marié à Jeanne de France (dite la Boiteuse) puis avait fait invalider le mariage pour se marier avec Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII. CLIC.

François I était l’époux de Claude de France, fille de Louis XII et sœur de Renée de France (épouse de Hercule II d’Este, duc de Ferrare : CLIC)

 

Buste de François I en armure. Par Louis Claude Vassé (XVIII è), tirage en plâtre d’après un bronze trouvé au musée du Louvre.

Le château est construit en 1532. Pour réaliser les travaux, François I fait appel à une famille de maçons : Jacques et Guillaume Le Breton s’occuperont de Villers-Cotterêts et Gilles Le Breton de Fontainebleau.

 

C’est ici qu’il signe, en 1539, le décret dit de Villers-Cotterêts, stipulant que les textes officiels devaient être écrits en français et non en latin (articles 110 et 111). En outre, les naissances, mariages et décès doivent dorénavant être notés pdans un cahier par les curés (à l’exception de la communauté juive et des excommuniés). Le roi parlait l’anglais, le français, l’allemand, l’italien mais comprenait moins bien le grec et le latin. Les procès pouvaient être écrits en patois mais le résultat devait être écrit en français. Le but de l’ordonnance était de donner plus d’importance au Roi et moins aux seigneurs locaux. Ce n’est pas encore la monarchie absolue mais cela n’en est pas loin.

l'édit est exposé dans le château (fin du parcours)

Le château est relativement proche de Paris : deux journées à cheval.François I fait de Villers-Cotterêts un lieu de divertissement ; il chasse et joue à la paume, il surnomme le château « Mon plaisir ». Au XIX è siècle, un dicton disait « s’amuser comme à Villers-Cotterêts ». Le château occupe une superficie de 15000 m² à la Renaissance.

Les fêtes sont nombreuses. Henri II y chasse le cerf pendant 7 ou 8 heures d’affilée. Lors d’un séjour de François I, on commande 219 « poulletz et pigons » , 10 cochons, 42 « tourtezelles » et 94 chapons. Louis XIV y est venu plusieurs fois, notamment en 1680 pour un bal masqué.

Henri II :

En 1664, Molière y crée l »Le Tartuffe » et, malgré la désapprobation de l’archevêque de Paris, la pièce est jouée devant le Roi.

le château au XVII è :

En 1661, le roi Louis XIV donne le château à son frère Philippe d’Orléans, dit « Monsieur ». Le château demeure un lieu de fêtes, de jeux et de réceptions. Le Nôtre aménage le parc.

Philippe d'Orléans, par Mignard :

Le Régent, Philippe II d’Orléans (petit-fils de Monsieur), y organise une fête pour le sacre de Louis XV. « Les acteurs et actrices de l’Opéra au nombre de 140 personnes, y compris la danse et la symphonie, ont été traités pendant six jours… L’arrivée de Sa Majesté sur son balcon fut célébrée par l’harmonie bruyante de toute la symphonie placée sur les amphithéâtres ». On a bu pendant ces 3 jours de festivités ; les mille invités ont bu 80 000 bouteilles de vin de Bourgogne et de Champagne. » (Le Mercure de France , 1722)

 

Le château devient bien national pendant la Révolution puis sert de caserne.

En 1808, le château est transformé par Napoléon en dépôt de mendicité. Prison et hospice, il accueille un millier de mendiants. Les mendiants de Paris, tenus à l’écart de la ville et enfermés, y subissent un « redressement moral » par le travail et la religion.

En 1889, le château devient une maison de retraite où vivent près de 2000 personnes, et cela jusqu’en 2014.

Pendant la seconde guerre mondiale, une partie des pensionnaires est évacuée. Le château est occupé par l’armée allemande puis par l’armée américaine. Le nombre de résidents passe de 1250 à 400.

En 2018, le château est restauré et transformé en Cité internationale de la langue française.

Visite du château

Il est possible de se garer sur un grand parking juste à côté du château. Il y a quelques restaurants tout près dans la rue mais nous avons choisi de rester dans le château pour déjeuner Chez Alexandre. Plats salés servis jusqu’à 15 h (formule brasserie, plat-dessert pour 24 €). Il vaut mieux réserver ! Dans l’après-midi, on peut y retourner pour un thé et des pâtisseries.

Il n’y avait pas beaucoup de monde ce week-end-là pour les visites guidées mais il vaut mieux réserver sur internet. Nous avons réservé la visite guidée de l’exposition Trésors et secrets d’écriture le samedi et une visite guidée du parcours de la langue. Il faut compléter ces visites par des billets d’entrée au musée. Nous avons choisi un billet journée qui permet de sortir et entrer comme on veut (indispensable si on veut aller déjeuner en ville).

Le château a servi de modèle à des châteaux écossais de Falkland, Stirling, Holyrood et Linlithgow (en 1537, Jacques V d’Écosse s’est marié avec Madeleine de Valois, fille aînée de François I puis avec Marie de Guise en 1538).

Nous pénétrons dans la cour des Offices (construite selon le Nombre d’or).

 

Puis nous passons sous le porche pour entrer dans la Cour du Logis (construite également selon le Nombre d’or). La façade sud porte au milieu une loggia créée sous Henri II par Philibert Delorme.

Buste de François I au milieu

 

La cour du logis servait pour jouer à la paume. Elle est maintenant couverte par une verrière et un ciel lexical de 80 mots choisis par les enfants de Villers. Au fond de la cour, les murs sont en coin pour pouvoir jouer à la paume (une salle sera construite plus tard) et des galeries sont construites autour pour les spectateurs. Je détaillerai dans un prochain article le vocabulaire qui nous est venu du jeu de paume.

 

En tout, il y a 155 salles dans le château, certaines sont réservées aux bureaux, aux résidences d’artistes...

Dans la cour sont exposées des affiches sur le thème « Graphisme et intérêt général ».

En voici quelques-unes :

Ouvre-la, défends-la (Dugubus)

Paradiuvogel (Toan Vu-Huu)

Être né quelque part (Eddy Terki)

Nos amitiés (Isabelle Jego)

L’égalité est un sentiment doux à vivre (Filloque et Zammit)

Les langues métissent (Tom Gazin)

Chai pas (Achim Reichert)

Solidarité (Vanessa Verillon)

Être envies (BRD)

 

Nous entrons dans l’espace accueil-billetterie et montons à l’étage par l’escalier du Roi au sud-ouest(c’est le seul élément d’origine avec l’escalier de la Reine et la chapelle royale). Les symboles de François sont nombreux : plusieurs salamandres (symboles des Valois d’Angoulême), des fleurs de lys , des couronnes fermées (appelées aussi couronnes à l’impériale ou couronnes de Charlemagne, elles ont été adoptées par François I pour montrer sa supériorité sur Charles Quint).

des salamandres, emblèmes de la famille d'Angoulême et repris par François I

le F de François I 

Quelque part, un homme qui tient les serpents symbolise la Prudence (pas de photo)

la couronnée fermée :

À gauche, en haut de l’escalier, une petite salle en accès libre est consacrée à l’histoire du château (voir plus haut)

 

La chapelle royale se trouve au premier étage de l’aile sud. Tout est sculpté dans la maçonnerie. C’est une des premières chapelles qui n’est pas dans le style gothique. Les emblèmes du roi (salamandre, fleurs de lys, initiales couronnées) remplacent les symboles chrétiens. 

 

le nom d'un maçon derrière le putto :

Nous terminons la visite en descendant par l’escalier de la Reine (au sud-est) où sont sculptées plusieurs scènes mythologiques : François I nu, en Hercule combattant le lion de Némée. François I était un géant (90 kg de muscles et 1,98 m). À la fin de sa vie, il était devenu obèse, atteint d’une fistule à l’anus. Il est mort de septicémie en 1547 (à 52 ans) au château de Rambouillet.

On voit aussi un Cupidon avec les yeux bandés qui tient un vase rempli de coings, fruits vénusiens que l’on conseillait aux épouses avant la nuit de noces.

Satyre violant une nymphe.

Nous avons manqué de temps pour visiter le reste de la ville : les maisons XVIII è, le pavillon Henri II, la maison Dumas (pas de visite), le musée Dumas et autour de Villers-Cotterêts les maisons de Racine (à la Ferté-Milon), de La Fontaine (à Château-Thierry), la maison de Paul et Camille Claudel (à Villeneuve-sur-Fère)

une terre d'écrivains : Dumas, Dumoustier, Paul Claudel, Gautier de Coincy, La Fontaine, Racine.

 

 

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