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Rose sud n° 122. . C’est le vitrail de l’apocalypse. La rose sud a été construite entre 1221/25, c’est-à-dire 15 après la rose ouest, la plus ancienne (la plus récente est la rose nord, qui date de 1230).

 

Les donateurs sont Pierre Mauclerc, comte de Dreux et son épouse, Alix de Thouars, petite-fille de Henri II Plantagenêt. ; ils sont représentés en bas des lancettes avec leurs enfants Yolande et Jean.

Pierre Mauclerc :

Alix de Thouars :

Le Christ est entouré par des colombes, des anges et les symboles des évangélistes : le lion de Saint Marc, le taureau de Saint Luc, l’homme ailé de Saint Mathieu et l’aigle de saint Jean. Les anges sont des thuriféraires (porteurs d’encensoirs), des céroféraires (porteurs de cierges) et des séraphins (les plus hauts dans la hiérarchie des anges). Autour, les vingt-quatre Anciens de l'Apocalypse tiennent dans la main droite la fiole de parfum symbolisant les prières des saints, et dans la main gauche leurs instruments de musique. Comme les verriers étaient payés au carton, pour faire des économies, on utilisait le même carton en l’inversait, en le mettant en miroir…

 Ce qui est drôle c’est que le vitrail donné par Pierre Mauclerc fait face à la rose nord, offerte par son ennemie Blanche de Castille. Considérant que Blanche Castille n’était qu’une femme, donc incapable d’exercer la régence, complota pour tenter d’enlever le futur Louis IX.

Sous la rose, les lancettes symbolisent l'union des deux Testaments : Saint Luc et Jérémie. Saint Matthieu et Isaïe, Saint Jean et Ézéchiel, Saint Marc et Daniel.

 

Baie 121 : rose nord. La rose nord représente la Vierge à l’enfant. Autour, on voit d’abord des anges céroféraires (porteurs de cierges), des anges thuriféraires (encensoirs) et des séraphins (à six ailes). Puis les rois de Juda et d’Israël et enfin les prophètes. Il y a également des fleurs de lys car Louis IX est, avec sa mère Blanche de Castille, le donateur de ce vitrail. C’est d’ailleurs sous ses traits qu’a été représenté Salomon (deuxième à partir de la droite).

Sous la rose, cinq lancettes : au centre Ste Anne portant Marie, et de chaque côté des personnages de l’Ancien Testament et celui à qui ils se sont opposés : David et Saül, Melchisedech et Nabuchodonosor, Salomon et Jéroboam, Aaron et Pharaon.

en décembre 2025, après les travaux de restauration :

Louis IX

 

baie 114 : en hauteur, à l’intérieur du chœur, à l’entrée, à droite : Plusieurs scènes dont la fuite en Égypte.

Comme dans le vitrail 35 (le fils prodigue, voir article précédent CLIC), on voit là aussi deux personnes devant une plaque à carreaux. Diverses interprétations là aussi ! Jeu de dés (qui seraient dans la bourse), jeu d’échecs (pièces dans le sac) ou compte d’argent ?

Au-dessus, l’inscription « Vitrea Colini. Camera Regi » signifie que le vitrail a été offert par Colin, de la Chambre du Roi. La Chambre du Roi faisait fonctionner le palais sur le plan administratif, comptable et domestique (un peu l’équivalent du Grand Échiquier anglais). Les comptes avaient l’habitude de se faire sur une nappe à carreaux. Sur ce vitrail, ce ne serait donc pas des joueurs d’échecs mais un clerc qui récuse les comptes du personnage de gauche (?). Mais d’autres historiens pensent à un jeu, dés ou échecs.


 

Baie 113 : en face, de l’autre côté du chœur en hauteur. La baie est composée de deux vitraux. Le vitrail de gauche a été donné par Renaud (Régnault) de Bar (appelé aussi Renaud de Mouçon), donateur, évêque de Chartres de 1183 à 1217 et cousin germain de Philippe Auguste. Il a relancé la reconstruction de la cathédrale après l’incendie de 1194. Il est proche des familles Montfort, Dreux et Courtenay.

Son blason est représenté en bas du vitrail.

 

Baie n° 30 b: Belle verrière . à l’entrée du déambulatoire sud. C’est le vitrail le plus célèbre de la cathédrale, avec ce bleu lumineux au cobalt, le « bleu de Chartres », un bleu roman du XII è. (voir article précédent CLIC). Ce bleu ne concerne que trois panneaux carrés où est représentée une Vierge de style roman, qui a échappé à l’incendie de 1194.

Ces trois panneaux ont été insérés dans la baie créée après l’incendie et où les bleus, gothiques, sont moins lumineux.

Jésus a une tête d’adulte, préfiguration de la Passion.

 

En bas du vitrail, on voit les trois tentations du Christ. Le diable est de plus en plus rouge de colère ; à gauche (première tentation) son habit est vert et il a une tête de cochon et une aile (c’est un ange déchu), il espère encore arriver à ses fins. Au milieu, deuxième, l’aile est devenue rouge, il n’est pas content. À droite, ses cornes sont couchées, il bat en retraite.

Paul Claudel était subjugué par ce vitrail ; « Je suis resté une heure en contemplation devant cette Vierge bleue, dans un halo de myosotis, qui est intronisée en haut de ce qu’on appelle la Belle Verrière. (…) Tout cela était comme un visage peu à peu qui s’anime et qui sourit , et puis qui est devenu sérieux, et de nouveau voici le divin sourire qui s’apprête à reprendre au milieu des anges agenouillés. (Vitraux des cathédrales de France » 1937).

au-dessus les noces de Cana :

Le vitrail est jumelé avec le 30 a (à sa droite) : Saint Antoine le Grand (celui qu’on représente avec une canne en forme de tau, une cloche et un cochon) et Saint Paul ermite.

Au-dessus de ces deux vitraux, dans la rose 30 c, une Vierge allaitante. Elle est entourée (comme la Vierge de la Belle Verrière) de deux anges thuriféraires. Nous avions déjà vu une vierge allaitante au n° 138. voir article précédent : CLIC

 

Baie n° 28 : les mois et le zodiaque. En bas, les donateurs : à droite, le Comte de Chartres (Thibault VI de Blois?). Sur ce vitrail, sont représentés les travaux des mois et les signes du zodiaque correspondants.

Janvier a trois visages (passé, présent et avenir).

Avril tient une fleur fanée et une fleur fraîche pour symboliser la mort du Christ et la Résurrection.

Novembre et décembre : les noms sont inversés, erreur de l’artiste.

le donateur, Thibault

les sonneurs de cloches :

les vendangeurs :

Dieu, le maître du temps :

 

Nous regardons maintenant les verrières supérieures, à l’intérieur du chœur. On ne peut les voir qu'à partir du déambulatoire :

Baie n° 109 : Saint Martin Verrière haute (baie double, ici c’est la partie supérieure du vitrail de droite).. Le donateur est Thibault VI. En haut, le Christ apparaît en songe à St Martin et tient le demi-manteau que Martin a donné au pauvre.

Baie n° 105 ; St Pierre à qui le Christ confie les clés. Pierre (reconnaissable à sa tonsure) en prison (on voit les chaînes aux pieds) est délivré par un ange. Donateurs : les changeurs

Pierre reçoit les clés 

les baies 103, 101, 100, 102 et 104 sont celles qu’on voit tout au fond, depuis la nef :

baie 103, tout en haut, un séraphin. Ce sont les anges les plus hauts dans la hiérarchie céleste (après viennent les chérubins, les trônes, etc... et en dernier les archanges et les anges). Les séraphins ont trois paires d’ailes, une vers le haut, une sur le côté (ici rouge et couverte d’yeux) et une repliée vers le bas.

En bas du vitrail, les donateurs : ce sont les bouchers, métier peu estimé (contrairement aux boulangers) ; la carcasse éventrée évoque la luxure. ce dernier est considéré « illicite » comme les changeurs, prostituées…

 

baie 101 les donateurs sont Gaufridus et Eremburge et leurs enfants, ce sont des chaussetiers (on voit la botte rouge)

baie 100, au centre du chœur. Marie, visitation et annonciation. Les donateurs sont les boulangers

Baie 102  un personnage regarde le buisson ardent d’où surgit Dieu. Ce n’est pas un diable mais Moïse qu’on représente souvent pourvu de cornes. Moïse est souvent représenté avec cette chevelure bifide formant deux petites cornes. Cela vient d’une erreur de traduction de la Vulgate par saint Jérôme. Il est écrit que Moïse rayonnait en descendant du Sinaï. Or, en hébreu le mot rayonnant se dit karan, proche de karen qui signifie cornu.

Donateurs : boulangers

baie 104 : un autre séraphin, Donateurs : drapiers, fourreurs, pelletiers

Continuons dans le déambulatoire :

 

baie 14 : Saint Rémi. Portrait de Clotilde, femme deClovis

Baie n° 10 : Saint Nicolas. Grisailles. Les grisailles apparaissent à la fin du XIII è siècle, Le réseau de losanges, carrés, quadrilobes entrelacés est rehaussé de rouge et jaune (jaune d’argent =argent + fer). On utilise le jaune d’or, le jaune clair est négatif.

La scène de saint Nicolas a été ajoutée au XV è ou XVI è, puis restaurée en 1921 (deux des enfants, restaurés par le verrier Lorin), puis 1994 .

Saint Nicolas de Myre (appelé aussi de Bari) porte le manipule sur son bras gauche orné de svastikas sinistrogyres, symboles de résurrection.

Et la crosse pontificale. Il ressuscite les trois « petits enfants ». En réalité, ce ne sont pas des enfants mais des officiers (Népotien, Ours et Apollon) condamnés à tort et sauvés par Saint Nicolas qui demanda leur grâce à Constantin. Au cours des siècles, la légende parla de trois clercs, de trois étudiants et de trois petits-enfants tués par l’aubergiste et sa femme et mis au saloir (la complainte de Saint Nicolas). Les trois officiers sont tout petits pour monter la toute puissance du grand Saint Nicolas.

On trouve d’autres représentations de Nicolas dans la cathédrale : baies 10 (celle-ci), 137 , 39 , 29 a et 14, statue du tympan du portail sud et dans la crypte.

 

Baie 8 : St Sylvestre. Les donateurs sont les maçons et tailleurs de pierre. À gauche de ce vitrail, saint Piat (en grisaille, baie n° 6)

baie 4 Saint Paul

baie 2 St André

baie 0 les apôtres, donateurs : les boulangers. à gauche : la baie n° 1 (Sts Simon et Jude)

à gauche, un homme pétrit la pâte dans laquelle on peut distinguer, à l’aide des jumelles, le visage du Christ.

photo du net : on voit mieux le visage : 

Un homme achète du pain.

On pétrit et on enfourne le pain.

La pêche miraculeuse

l’ascension : les apôtres regardent le Christ dont on ne voit que les pieds.

 

baie 1 Sts Simon et Jude

baie 3 grisaille

baie 5 : Saint-Jacques-le-Majeur. Donateurs : les fourreurs et drapiers, 

Baie n° 7 : Charlemagne. Les donateurs sont les pelletiers, à moins que ce ne soient des fourreurs ?

Charlemagne part avec des preux et un évêque. Certains des chevaux n’ont que deux pattes. 

Roland veut briser son épée Durandal sur le rocher :

Baie n° 15 : saint Cheron. Donateurs : les tailleurs de pierre. Le chef est habillé en rouge, teinture onéreuse. Les pauvres sont toujours habillés de toile beige, blanche ou marron.

Saint Cheron est un saint céphalopore local (portant sa tête dans ses mains). Exorcisme : on voit le diable sortir de la bouche de la possédée.

Je n'ai pas trouver où placer cette photo des cordonniers (ou chaussetiers ?):

 

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