Nous prenons le bus pour Nižbor, à 40 km à l’ouest de Prague.
En route, Katrin ne perd pas de temps et nous parle de la dynastie des Habsbourg.
Nous passons devant l’endroit où a eu lieu la bataille de la Montagne Blanche : CLIC
Nous continuons vers Nižbor. C’est dans cette région, un peu plus loin, à Kolin, qu’est né le mime Jean Gaspard Deburau (1796-1846) qui a créé le personnage de Pierrot et a été immortalisé par Jean-Louis Barrault dans Les enfants du Paradis (le Pierrot est appelé Baptiste Debureau dans le film). Le Paradis, appelé aussi le « poulailler », est le dernier étage du théâtre où les places sont moins chères.
Le château de Nižbor a été fondé au XIIIe siècle par Otakar II (dynastie des Přemyslides).
C’est Monika qui nous guide dans la cristallerie Rückl, et nous verrons toutes les étapes du soufflage du verre à la vente.
La cristallerie a été fondée en 1903 par Antonin Rückl, nationalisée en 1945 et reprise par Jiri Rückl, petit-fils du fondateur en 1992. Les Rückl sont venus dans la région au XVIII è siècle, ont fondé quatre cristalleries : celle-ci, la plus récente, est la seule qui reste.
Entre les deux guerres mondiales, la cristallerie employait 1000 employés. La production limitée est nommée Cristal de Bohême. C’est un cristal au plomb, soufflé, taillé à la roue, gravé, peint à la main et transparent et dur comme du cristal de roche.
La cristallerie a été rachetée en 2016 par Martin Wichterle, petit-fils de Otto Winchterle (inventeur des lentilles de contact souples). Il a innové et a apporté de l’argent, ce qui a permis d’améliorer la production, en combinant style traditionnel et style contemporain.
Sur le logo, le nom Rückl a été conservé. La cigogne tient un bouchon de cristal (l’ancienne cristallerie fabriquait des bouchons de flacons de médicaments). Près de la cristallerie, un couple de cigognes, blessé, se repose dans un enclos.
La cristallerie est installée sur un lieu idéal : la rivière Berounka, toute proche, fournit l’eau, la forêt fournit le bois nécessaire à l’alimentation des fours et le chemin de fer permet le transport des produits finis.
Nous entrons dans la salle de soufflage. Bien sûr, il ne faut pas s’approcher ni toucher les fours !
Les souffleurs sont en chaussures de plage et en shorts pour être plus mobiles.
On utilise du sable très fin (Bohême du nord), on y ajoute de la potasse et du calcaire. 60 % de la matière est faite de verre recyclé. On porte cette matière à 1450° puis on la cueille à l’aide d’une flûte (la pâte est alors à 1100°). La pâte est alors soufflée dans des moules en bois de chêne ou de poirier qui peuvent servir 200 à 300 fois.
La pâte soufflée est emportée dans le four de réchauffage où elle avance sur une chaîne et se refroidit peu à peu, passe de 470 ° à 25 ° en refroidissant (cette étape peut durer 24 h).
L’objet a la forme qu’il avait en quittant la flûte.
On chauffe sous le collet.
Dans les autres salles, les photos sont interdites.
Les produits sont coupés avec une scie de diamant, les arêtes sont lissées à la meule. Le décor est dessiné, puis taillé et l’objet passe au polissage.
Les objets sont mis dans l’acide sulfurique pour obtenir un produit brillant.
Le décor sera soit brillant, soit mat. On pourra peindre les motifs à l’or ou coller des fleurs. Les motifs gravés sont traditionnellement des croisillons, des étoiles.
L’objet est ensuite lavé, séché, emballé.
Deux contrôles du produit ont été faits: l’un après la découpe, l’autre après le passage à l’acide (il peut y avoir des bulles d’air).
30 % de la production est vendu dans le pays et reste est exporté.
La statuette en cristal en forme de lion qui récompense les meilleurs films et acteurs tchèques a été fabriquée ici (notamment L’oiseau bariolé, un très long film adapté du roman de Jerzy Kosinski, paru en 1966.
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sur le site de la cristallerie, vous pourrez voir les productions : CLIC . Les vases sont très beaux !