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Arrangement en gris et noir n° 1 (James Abbott Whistler, 1934-1903.) 1871. Musée d’Orsay

peintre américain qui a travaillé à Londres et à Paris. Sa mère était veuve depuis 1849 et elle a quitté les États-Unis avec James au moment de la guerre de Sécession.

Ici, il a peint sa mère Anna Matilda Mac Neill, alors âgée de 67 ans et veuve. Il l'a représentée assise car elle peinait à rester debout.

Le décor est épuré, avec des lignes verticales et horizontales (le parquet, la plinthe,le haut de la robe, les lignes des cadres, le bas du rideau). L’un des cadres, représente une vue de la Tamise, en gris également, c’est une gravure réalisée par Whistler lui-même (il était aussi graveur) ; un morceau de cadre à droite dont on ne voit pas le sujet finalise la scène en lui donnant plus d’intimité et renforçant l’impression intimiste du tableau, centré sur le personnage et non sur le décor.

Tout est en gris et noir, avec quelques touches de blanc (dentelles , mouchoir, coiffe), de couleur dans le rideau, de beige (tabouret, parquet, visage et mains), de rose (les joues) et de doré (l’alliance).

Le titre de l'œuvre (qui fait partie d’une série car il y a un Arrangement n°2) fait référence à la musique, comme d’autres œuvres de Whistler (Symphonie en blanc n° 1 , harmonie en gris et pêche, nocturne en bleu et argent…). Il aimait sans doute beaucoup Chopin. Symphonie au sens musical mais aussi au sens pictural dans un camaïeu de couleurs.

Le tableau n’est pas signé mais en haut à droite du rideau, se trouve le monogramme propre à Whistler représentant un papillon. De loin, on dirait un idéogramme sur ce rideau japonisant (l’art japonais était très à la mode à cette époque)

Le portrait de Thomas Carlyle a la même disposition, de profil, ce qui n’est pas vraiment habituel à l’époque, les personnages étant surtout représentés de face ou de trois-quarts.

On pourrait comparer ce portrait, assez minimaliste, avec ce tableau d’Alexandre Cabanel, peintre très prolifique en peintures académiques : Portrait de la comtesse de Keller (née Maria Riznich, Marquise de Saint-Yves d'Alveydre). Cabanel était souvent moqué par Zola alors que l’écrivain appréciait Whistler (il y fait référence dans L’œuvre).

Le portrait de la mère de l’artiste reflète une femme austère, dévote, pieuse, habillée strictement. Je trouve cependant de la bonté dans le regard et Whistler l’a peinte avec respect mais aussi avec beaucoup d’amour, du moins c’est ce que je ressens… Le portrait peint est beaucoup plus doux que cette photographie où elle apparaît beaucoup plus sévère, même autoritaire.

Au contraire de sa mère, Whistler était un dandy, noceur, séducteur endiablé, il menait une vie de bohème. On le surnommait « L’Apollon de poche ».

C’était un ami (même s'il y eut des brouilles avec certains) de peintres (Manet, Courbet, Degas, Fantin-Latour), de poètes ou écrivains (Proust, Baudelaire, Mallarmé…), de dandys (Robert de Montesquiou)

Fantin-Latour l'a représenté, avec d'autres artistes, dans cet Hommage à Courbet.

Whistler aurait aussi été lié à un trafic d’armes au Chili (?).

Il a intenté un procès contre Ruskin qui avait critiqué « Nocturne en noir et or » « un pot de peinture jeté à la face du public ». Procès gagné mais qui a ruiné Whistler.

Peinture presque abstraite.

Le portrait de la mère me fait penser à ce célèbre tableau de Grant Wood « American Gothic », peint en 1930 au moment de la grande dépression. Portrait de fermiers du Middlewest, qui a suscité beaucoup de critiques de la part des fermiers en question. Portrait beaucoup plus austère, plus caricatural qui reflète bien l’inquiétude de ces fermiers puritains.

Le portrait de la mère de l’artiste a servi de modèle pour un timbre pour la Fête des mères émis en 1834 au moment de la Grande Dépression comme symbole de la mère idéale , totalement impliquée dans les tâches ménagères et dirigeant avec beaucoup de fermeté le foyer, ce qu’était sans doute la mère de Whistler.

 

Tag(s) : #Malesherbes.
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