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Depuis quelques semaines (c'est ici la troisième séance), nous participons à un atelier organisé par l'association ARTZ. L’association ARTZ (Art + Alzheimer) a été créée il y a 25 ans et a pour but de ralentir le déclin cognitif à travers la découverte d’œuvres d’art.

Multiplicité des stimuli, exercice de la pensée critique et de la créativité, échanges au sein du groupe, ces ateliers sont une belle opportunité d’apprendre et proposent une activité ludique et motivante.

Faire des mots fléchés, des mots croisés ou autres jeux permet de s’améliorer dans un domaine précis : avec la technique Artz, on travaille la mémoire davantage sur le long terme : la métacognition, l’attention, le langage, le raisonnement.

Artz s’attache à présenter des contenus culturels de qualité et à s’adapter aux capacités du public.

à chaque séance, quatre œuvres sont proposées.

Le thème du troisième atelier était "le mouvement en photographie"

Voici la première œuvre :

Dali Atomicus : Photographie de Philippe Halsman « l’homme qui a figé le temps », 1948. Publiée dans Life.

La photo a été réalisé par Philippe Halsman, ingénieur né à Riga puis photographe. D’origine juive, il faut faussement accusé d’avoir tué son père en montagne, ce qui montre bien l’antisémitisme de l’époque. Libéré grâce à l’intervention d’Einstein, de Freud, de Thomas Mann, il gagne la France puis les États-Unis. Il collabore avec Dali pour cette photo qui montre bien le surréalisme de Dali et la technique de « jumpologie » qu’il affectionnait.

On voit des objets, des chats, Dali, en lévitation. Ce n’est pas un montage mais bien une scène réelle. En observant de plus près, on voit que les objets sont suspendus par des fils, que la chaise est tenue par Yvonne, l’épouse de Halsman. Des chats sont lancés en même temps qu’une gerbe d’eau et que Dali saute. Pas facile de tout synchroniser, il a fallu six heures et 26 tentatives pour réussir la photo. Il fallait quatre personnes : trois lanceurs de chats, un lanceur d’eau et la femme qui tenait la chaise. Il fallait que le chat passe à travers la gerbe. Soit Dali sautait trop tard, soit le chat lui tombait sur la figure, soit c’est Dali qui était aspergé, soit on voyait la personne qui tenait la chaise…

le bras tient la chaise :

les photos ratées :

 

Au sol, on voit sur les papiers blancs l’ombre de Dali et du chevalet, sauf que l’ombre du cadre est vide ; c’est le seul trucage qui a été fait : le tableau a été peint sur la photo, on y voit les chats et au sol, une femme.

À droite, sur le chevalet, un tableau qui a inspiré cette photo : Leda atomica. Dali était passionné par la physique quantique. Les éléments sont suspendus, ne ne touchent pas. Chaque élément est détaché des autres, suspendu comme un atome ; Philippe Halsman fait de même dans sa photographie.

C’est une photographie intéressante, même si le personnage de Dali ne me plaît pas beaucoup : son narcissisme, sa mégalomanie, son amour de l’argent, son attitude politique ambiguë (bien que profondément choqué par l’assassinat de son ami Lorca, il a manifesté son admiration pour Hitler et Franco).

Mais aussi, pauvres chats ! Entre chaque essai, il fallait les sécher, les caresser, leur donner des sardines portugaises (c’était le travail d’Irène, la petite fille de Halsman) avant de les relancer. L’idée d’origine de Dali c’est de mettre un canard devant l’objectif et de le faire exploser ! Halsman a trouvé une idée un peu plus « soft », quoique… !

Karl Taylor a recréé l’histoire de cette photographie : CLIC 

Philippe Halsman a réalisé beaucoup de photos de personnages célèbres pour Life. Il aimait les faire sauter

le duc et la duchesse de Winsor :

 

cocteau : CLIC

autres photos : CLIC

Tag(s) : #Malesherbes.
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