Mardi matin 9 juin, munis de nos parapluies (il pleuvra toute l’après-midi) , nous prenons le métro ligne orange n° 3 jusqu’à Herrengasse.
/image%2F0651057%2F20260630%2Fob_dcc4c3_parcours.jpg)
Nos pas (nous en ferons 17000 pendant cette journée) nous conduisent jusqu’à cette maison de style historique tardif, construite en 1902. Elle se situe entre la Bognergasse, l’Irisgasse et la Naglergasse. À l’angle de cette maison, au coin de la Naglergasse et de l’Irisgasse, se trouve cette jolie statuette représentant un ange tenant une rose rouge. Au rez-de-chaussée, se trouve toujours la boutique de tissus Kranner, fournisseur officiel de la cour.
Puis nous empruntons la Naglergasse, rue médiévale assez courte et étroite
Freyung
Au centre de la place, la fontaine d'Autriche symbolise l’identité nationale. La figure féminine représente l'Autriche, elle tient un bouclier et une lance ; en dessous, quatre statues symbolisent les principaux fleuves de l'Empire (le Danube, l'Elbe, la Vistule et le Pô) ; chaque fleuve symbolise également une nation de l'Empire (la Hongrie, l'Allemagne, la Tchécoslovaquie et l'Italie).
Alma von Goethe, petite-fille du poète, aurait été le modèle de la fontaine.
À gauche, la Schottenkirche (église et abbaye des Écossais) fondée en 1155.
Le passage Fersten donne sur le palais Fersten et une galerie marchande.
Nous faisons demi-tour et arrivons sur une grande place : Am Hof, c’était la place de la cour des Babenberg.
Avant d’entrer sur cette grande place, nous faisons un court détour sur la Bognergasse pour admirer la pharmacie des Anges, construite en 1902 dans le style Art nouveau par Oskar Laske et Viktor Fiala. Le motif du serpent d’Esculape se retrouve enroulé autour d’un bras des anges ainsi que dans la frise aux tournesols.
Nous revenons vers la place Am Hof.
Au premier plan de la place, une colonne de ventilation en acier inoxydable assure l'aération des infrastructures souterraines. Nous verrons plus tard ces mêmes structures dans le monument Art nouveau de l’ancienne Caisse d’Épargne et de la Poste.
Derrière la colonne de ventilation, on voit la façade d'un beau bâtiment qui abrite actuellement l’hôtel Hyatt. C’était à l’origine le ministère de la guerre sous l’Empire d’Autriche jusqu’en 1913. En 1950, une plaque a été posée pour rendre hommage à Henry Dunant, créateur de la Croix Rouge, horrifié quand il a vu les dégâts causés à la bataille de Solférino (1859) entre la France et l’Autriche. Sur la plaque, est écrit : « Lors de la bataille de Solferino, la conscience mondiale s'est éveillée au devoir de compassion. Henry Dunant (1828-1910), l'immortel Samaritain, a créé la Croix-Rouge. Ici se trouvait l'ancien ministère de la Guerre. »
Au milieu de la place, se trouve une colonne mariale, la Mariensäule. Une première statue en grès, dédiée à la Vierge, avait été érigée sous Ferdinand III pour célébrer la fin de l’attaque suédoise en 1645 pendant la guerre de trente ans. En 1664, Léopold I a fait remplacer cette première statue par une copie en bronze (à partir des canons pris aux Suédois). En haut de la colonne, la Vierge transperce de sa lance un dragon. À la base de la colonne se trouvent quatre créatures mythiques, chacune représentant un fléau : le lion (symbole de la guerre), le dragon (la faim), le serpent (l’hérésie) et le basilic (la peste).
Une statue semblable a été érigée dans les mêmes conditions sur la place de la Vieille Ville à Prague. CLIC
En continuant sur le même côté, on voit l'église Am Hof appelée aussi Notre-dame des neuf chœurs des anges (ou église des Écossais).
Un peu plus loin, se trouve le palais Collalto (début XVIIIè), c’est là que Mozart, âgé de six ans et demi, a donné son premier concert devant l’aristocratie viennoise. Un noble viennois, le comte Karl von Zinzendorf, présent ce jour-là, raconte dans son journal intime : « À 8 heures du soir [...] chez Collalto, où un petit garçon, dont on dit qu'il n'a que cinq ans et demi, a joué du clavecin. » Le père Mozart trichait un peu sur l’âge pour renforcer l’effet « petit prodige ». Une plaque rappelle ce concert : WOLFGANG AMADEUS MOZART 1756 - 1791 S'est produit pour la première fois devant le public de cette ville au cours de la deuxième semaine d'octobre de l'année 1762 dans cette maison, qui allait un jour devenir sa patrie et son destin.
Quatre jours plus tard, le 13 octobre 1762 ; Mozart a donné un deuxième concert au château de Schönbrunn. Accompagné de sa sœur Nannerl et de son père, il a joué du clavecin devant l'impératrice Marie-Thérèse et toute la famille impériale. Mozart, en jouant, avec les enfants de l’impératrice, est tombé, Marie-Antoinette qui avait son âge, l’a aidé à se relever.Mozart, charmé, l’embrasse et lui dit : « Je veux vous épouser »
Au fond de la place, à côté de la porte de la maison Türkenkugel, est suspendu un boulet de canon (le propriétaire l’a fait dorer). C’est un boulet du second siège turc qui s’était encastré dans le mur de la maison, aujourd’hui démolie (1683).
/image%2F0651057%2F20260630%2Fob_b4a32e_35.jpg)
Sous les maisons de la place, il y avait des couloirs souterrains qui reliaient les maisons, la cathédrale et qui permettaient de sortir de la ville. Dans les souterrains, des tonneaux remplis d’eau et des tambours recouverts de billes ou de pois chiches avaient été placés là : quand ils bougeaient, cela signifiait que l’ennemi creusait un tunnel pour poser des charges de poudre. Quand les soldats viennois avaient repéré une vibration, ils creusaient eux aussi pour intercepter le tunnel ennemi. Les combats souterrains qui se produisaient alors étaient effroyables.
Dans les faubourgs, il n’y avait aucune construction permanente, l’espace servait à l’entraînement des soldats.
Regardons maintenant le bâtiment à gauche (ancien arsenal civique) : sur le toit, quatre drapeaux sont sculptés : le mât de trois d’entre eux est terminé par une flèche dorée et les drapeaux sont déployés. Le quatrième est en berne et porte le croissant de lune ottoman. Cela signifie que les Turcs n’ont jamais réussi à déployer leur bannière sur la ville.
Nous empruntons un petit passage entre la Maison au boulet et la maison de Mozart pour accéder à une autre grande place : la Judenplatz.
Cette place était au centre du quartier juif de Vienne. J’en parlerai plus en détail dans le prochain article.
Au milieu se trouvent deux monuments : le mémorial de la Shoah (non visible ici) et la statue de Gotthold Ephraïm Lessing, (1729-1781), écrivain, critique, dramaturge allemand des Lumières qui prônait la tolérance religieuse. Il visita Vienne en 1775-76 et fut reçu en audience par Joseph II et contribua à l’essor intellectuel de la ville.
derrière : la Chancellerie (visible également sur la photo ci-dessus à gauche)
Ancienne chancellerie de la Cour de Bohême et d’Autriche Les figures féminines représentent les vertus (tempérance, sagesse, justice et force) ; au-dessus d’elles figurent les armoiries de la Bohême et de l’Autriche :
En 1783, Mozart a habité dans le bâtiment occupé actuellement par l’école autrichienne d’hôtellerie (à droite). Une plaque commémorative de 1929 rappelle : « La maison n° 244, dans laquelle WA Mozart a vécu en 1783, se trouvait à cet emplacement. » :
Sous la place, comme sous la place Am Hof, il y avait des souterrains, des caves reliés entre eux. Les passages ont été depuis condamnés par un mur de béton.
Nous quittons la place par des petites rues, Kurentgasse (photo), Seitkergasse ... Au coin de la rue Kurrentgasse, au n° 12, sur la façade d'une maison, à gauche de la porte cochère, voici une drôle de sculpture : une sorte de griffons avec un corps de lion, des ailes, des sabots de chèvre. Les putti ont l'air effrayés... De l'autre côté de la porte cochère (je n'ai pas photographié) il y a un dauphin avec des putti.
Kurrentgasse :
... contournons l’église Am Hof vue sur la Judenplatz (sur la photo : un trou d’échafaudage de l’église), ...
... passons devant la maison Chanel et le Graben ....
... pour arriver dans la Dorotheergasse où se trouve le deuxième bâtiment du musée juif.
Je reviendrai dans un prochain article sur la visite du musée juif (deux bâtiments) et sur la Judenplatz.
Un peu plus loin, dans la Dorotheergasse, se trouve le Palais Dietrichstein (construit dans la seconde moitié du XVII è siècle)
La statue représente Saint Jean Népomuk (c'est le nom allemand de saint Jean Népomucène dont nous avions vu des sattues à Prague). Il porte le rochet (vêtement ecclésiastique) et la mosette (courte pèlerine). C'est le patron des bateliers (il a été jeté dans la Vltava à Prague) :
et, peut-être aussi dans la Dorotheergasse, ou pas loin, ce bâtiment aux Atlantes :