Nous avons visité trois fois ce village et la maison de George Sand
J'aime beaucoup les fleurs qui poussent sur les talus : compagnons rouges, valérianes, pimprenelles, genêts, lychnis dioïques...
La maison de George Sand est toute petite.
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George Sand et son compagnon Alexandre Monceau découvrent Gargilesse en 1847. Manceau était graveur, dessinateur. Il avait un atelier rue Racine, à Paris. Si vous allez à Paris, il faut aller déjeuner au "Bouillon Racine", restaurant qui n'existait pas au XIX è, il a été créé en 1902. C'était l'atelier de Manceau. George Sand logeait aussi à cet endroit. Le monument est classé. Quand les pièces à scandale de George Sand ont été jouées, les étudiants l'ont portée de l'Odéon jusqu'à la rue Racine. Le restaurant Polidor, ouvert en 1845 (on voit les casiers où les étudiants, comme Verlaine, mettaient leur serviette, a été racheté par le"Bouillon Racine" (elle raconte cela dans "Minuit à Paris".
Manceau s'installe à Nohant comme secrétaire de George Sand, il devient son amant. Maurice, le fils de George, devient jaloux et , à la Saint-Jean, renvoie Manceau. George Sand part à Paris retrouver Manceau, ils s'installent à Palaiseau.
C'est le coup de foudre pour ce village où on n'arrivait qu'à cheval ou à âne. Elle descendait au Pin. George Sand y passa quelques années pour se ressourcer, travailler, se distraire, se promener, herboriser, chasser les papillons. George avait découvert ce village trente ans auparavant, avec son mari, le baron Casimir Dudevand. Puis elle revint à Crozant en 1843 avec Chopin.
Avec Manceau, elle loge à l'auberge Malesset (actuellement auberge des Artistes). Puis Manceau achète cette petite maison (800 francs or, l'équivalent de 7500 €) et l'offre à George Sand qui la nomme "Villa Algiraé" du nom d'un papillon africain trouvé à Gargilesse, C'était un papillon très rare dans la région, on ne le trouvait qu'à Montpellier. Elle trouve aussi le papillon Maculosa, originaire de Hongrie. Le papillon de nuit Algira mesure 4,5 cm; sa larve se nourrit sur les grenadiers. Mais à Gargilesse, elle se nourrit de buis et de genêts. Manceau et George élèvent des papillons et écrivent "le monde des papillons".
Pendant sept ans, ils font des séjours courts mais fréquents. Il fallait 6 heures pour venir en diligence jusqu'au Pin. Du Pin à Gargilesse, il fallait emprunter pendant 5 km à pied un sentier muletier. Ils sont seuls, il n'y a pas de gens de maison. Ils mangent des tacons (petits poissons) en friture, des omelettes aux écrevisses, très fréquentes dans les ruisseaux de la région. Le Père Moreau, un vieux braconnier, lui fait traverser la Creuse en barque.
Elle écrit sa vie à Gargilesse dans "Carnets de voyage à Gargilesse" et "Promenades autour d'un village".
Elle n'a pas de serviteurs et se nourrit de mets de la région : le tacon (saumon), l'omelette aux morilles et l'omelette aux écrevisses, plats servis à l'auberge Mallesset.
Elle trouve 22 sources, fait de la botanique, de l'entomologie.
À l'époque, le village comptait plus de 500 habitants, il y en a à peine 300 actuellement.
Après avoir gravi les sept marches du perron, on entre directement dans une pièce qui fut sans doute la chambre de Manceau.
Dans la vitrine qui lui est consacrée, sur le mur de gauche, un croquis d`Eugène Grandsire le montre, en l858, debout, botté, boîte d’entomologiste en bandoulière, filet sur l’épaule, lorgnant un papillon… peut-être le fameux Algira ?
Un beau portrait date de l849 – il a 32 ans – dessiné par Auguste Lheman le représente assis, de trois quart, dans sa blouse de travail à coté d’une de ses gravures représentant La Roche Lambert.
Sur un dessin qu’il fit de George en l852 – elle a 48 ans – on lit toute la tendresse que le graveur vouera à sa compagne jusqu’à sa mort, le 21 août 1865, à Palaiseau dans la maison dont une reproduction nous montre la façade côté jardin.
L’indispensable Père Moreau, le pêcheur de truites, le loueur d’ânes et de chevaux, «le guide, le factotum actif et intelligent des voyageurs en Creuse» dont George parle dans son JOURNAL DE GARGILESSE a évidemment sa place ici, avec quelques uns des objets et instruments faisant partie de l’attirail nécessaire à la chasse aux papillons.
Au dessus de la vitrine, on s’étonnera de cette photographie tout à fait inattendue d’une George Sand déjà vieillissante drapée dans un tissu de velours noir et affublée d’une perruque Louis XIV façon Molière. Elle s’était prêtée au jeu du célèbre photographe Félix Nadar au point de s’en servir comme envers de cartes de visite réservées à ses proches
Sur le même mur, on peut consulter la lignée de George Sand avec sa double origine aristocratique par Frédéric Auguste de Saxe (Auguste II, roi de Pologne) et Aurore de Koenigsmark, et plébéienne par les familles Delaborde et Cloquard.
De chaque côté du tableau, les portraits des grands parents d’Aurore Dupin, alias George Sand : Louis Claude Dupin, dit de Francueil et Marie Aurore de Saxe.
George Sand est au centre dans un portrait dessiné par Couture et gravé par Manceau.
Dans une autre vitrine, sur la cloison qui donne sur la pièce suivante, divers objets et documents rendent hommage à Maurice de Saxe (1696-1750) aïeul de Maurice Dupin le père d’Aurore. Son portrait par Quentin de la Tour, à gauche sur le mur, vient juste d’être restauré.
La maison est meublée de souvenirs que sa petite-fille Aurore a rapportés de Nohant : épingles à chapeau, encriers, tapisseries et broderies (on trouve aussi des broderies réalisées par George Sand au "musée de la vie romantique" à Paris. Papillons brodés sur de la gaze, papillons brodés sur toile en peinture à l'aiguille.
Dendrites ; son fils Maurice l'avait initié à l'art des dendrites qu'elle appelait "aquarelles à l'écrasage". Voici la technique : entre deux bristols, on écrase des pâtés de couleurs qui donne des formes produites par le hasard. George Sand retouchait ces taches à l'aquarelle pour en faire des paysages, des forêts, des ruines, des châteaux.
Delacroix a habité aussi ici. Quand Maurice venait, il ne couchait pas ici mais au château.
On peut admirer ses bottines, toutes petites : elle chaussait du 34 !
On pénètre ensuite dans une pièce plus petite, «microscopique» écrit George, où il y a «tout juste la place de dormir, de se laver et d’écrire». Elle s’y est plu immédiatement, et même si, pendant ses séjours à Gargilesse, elle a donné plus de temps à la minéralogie ou I’herboristerie, elle a déclaré n’avoir jamais travaillé avec autant de plaisir que sur sa petite table face à la fenêtre «grande comme des carreaux des croisées de Nohant».
George écrit que Manceau avait creusé dans l’épaisseur des murs pour y laisser un minimum de vêtements : jupons de grosse toile, pantalons à coulisse, vieilles casaques, bottines rustiques pour courir les chemins à chèvres ou traverser la Creuse en bac. Une malle provenant du Bazar du Voyage, boulevard Poissonnière fait aujourd’hui office d’armoire.
Quelques pots à crèmes et onguents sur une coiffeuse à tiroirs, une lampe « Pigeon» sur une console au dessus de la table de nuit, quelques photographies des enfants, petites filles et amies (Pauline Viardot-Garcia, la cantatrice ; Marie Dorval, la comédienne),
une petite table sur laquelle elle écrivait.
Une autre pièce a été construite un peu plus tard. Elle est consacrée à son fils chéri, Maurice. Il était peintre, graveur, écrivain, géologue, entomologiste, grand voyageur, folkloriste, créateur d'un théâtre de marionnettes (c'est George Sand qui cousait les habits)
Une autre pièce a été construite un peu plus tard. Elle est consacrée à son fils chéri, Maurice. Il était peintre, graveur, écrivain, géologue, entomologiste, grand voyageur, folkloriste, créateur d'un théâtre de marionnettes (c'est George Sand qui cousait les habits). Maurice a voyagé en Amérique du Nord avec le Prince Napoléon, cousin de Napoléon III. . Il raconte ce voyage dans "6000 lieues à toute vapeur".
La région était prisée des artistes. Tout près de là, Maurice Rollinat s'installe à Fresselines. Son ami Claude Monet s'installe chez lui et peint les rives de la Creuse.
Il nous reste un peu de temps et nous grimpons jusqu'à l'église Notre-Dame. : CLIC et CLIC
Un coup d'œil à travers la vitre pour voir un drôle de squelette habillé d'une guêpière
une poubelle originale,
dans cette maison, ont habité Léon Detroy (1859-1955= puis George Sand (1866-1961)















