Le musée est ouvert depuis 2023. Un livret-jeux est proposé aux enfants et il y avait un parcours-énigmes pour les adultes que nous n’avons pas fait.
/image%2F0651057%2F20260826%2Fob_3294da_capture-d-ecran-2026-08-24-094156.png)
Une vidéo raconte l’historique de l’épopée diamantaire à Felletin.
L’épopée diamantaire à Felletin naît de la rencontre entre le diamantaire Auguste Edouard Willingstorfer et le Felletinois Blaise Vennat. Ce dernier avait appris la taille du diamant à Paris chez Louis Gruet.
En 1889/90, Willingstorfer et Vennat s’associent et installent un atelier de taille de diamant au moulin Chissat, rue de la Maison-Rouge.
Vennat avait convaincu Willingstorfer de s’installer à Felletin car l’énergie hydraulique fournie par la Creuse était importante, la main d’œuvre et les loyers bon marché. Les tapissiers qui avaient moins de travail à ce moment là sont venus embaucher à la diamanterie. En outre, le lieu était trouvé car le moulin Chissat appartenait, par héritage, à l’épouse de Vennat, Anne-Marie Chireix,
En 1893, les associés se séparent. Des sources diffèrent : on dit que Edouard Willingstorfer s’installe au moulin Combaudon près du pont Roby, à 400 m en amont du moulin Chissat. Ce moulin est plus vaste, a une meilleure puissance hydraulique et davantage de postes de travail.
/image%2F0651057%2F20260826%2Fob_ae73fa_capture-d-ecran-2026-08-24-120055.png)
D’autres sources disent qu’il s’installe en 1903 au moulin du Condé à Saint Quentin la Chabanne, ce qui semble cohérent car il meurt le 25 août 1914 à Saint Quentin (4E261/24, année 1914, acte n°9) CLIC
/image%2F0651057%2F20260826%2Fob_5a0b52_capture-d-ecran-2026-08-24-122713.png)
Blaise Vennat continue à exploiter l’atelier du moulin Chissat.
Il y avait quelques autres ateliers diamantaires à Felletin.
En 1906, les ouvriers diamantaires décident de ne plus travailler pour des patrons et s’associent en Coopérative, « La Felletinoise ». En 1912, ils rachètent le moulin Combaudon et y installent un atelier moderne avec 52 postes de travail.
Au début, les ouvriers travaillent les diamants naturels qu’ils faisaient venir d’Inde. Les diamants provenant de Golconde (pour situer cette ville en ruines, elle se trouvait dans l’état actuel de Telangana, à l’ouest de Pondichery) sont célèbres : le Régent, le Hope, le Koh-i-Nor…
L’activité diamantaire à Felletin atteint son apogée dans les années 1920/30. Il y a à ce moment-là plus de 100 tailleurs à Felletin.
À partir de 1950, l’activité décline suite à la concurrence de la Chine, Inde et Israël et aux outils peu modernes utilisés par les diamantaires de Felletin. Les ouvriers se rabattent sur la taille de diamants synthétiques destinés à l’industrie (outils de coupe, foreuses, diamant d’électrophone). L’activité cesse complètement en 1982.
Nous visitons ensuite dans l’ancien atelier.
/image%2F0651057%2F20260826%2Fob_5b3b68_awykhup7yq8tngpfto5cddvwqg-k6qfc66hh-j.jpeg)
/image%2F0651057%2F20260826%2Fob_acc35c_4jgcejovuvado7elrp9vk8edwyhykkyqmvuaeg.jpeg)
On nous donne un petit faux « diamant » qu’il faudra déposer sur une sorte de pyramide, elle-même posée sur les socles qui nous permettront d’avoir tous les renseignements possibles grâce à la vidéo (écouteurs indispensables)
Le carat tient son nom de la graine du caroubier. Dans l’Antiquité, on considérait que les graines de caroubier avaient le même poids (200 mg = 1 carat), ce qui est faux. Toutes les graines de caroubier n’ont pas le même poids.
caroubes du Pérou :
Un diamant d’un carat peut valoir entre 1500 et 15000 €. Le prix d’un diamant dépend des 4C : Carat (le poids), Cut (la taille), Clarity (pureté), Color (couleur, de B à Z, cette dernière étant une couleur exceptionnelle). La pureté évalue la présence d’impuretés invisibles à l’œil nu. La forme « rond brillant » est la plus chère car elle demande de perdre beaucoup de matière au polissage.
Un diamant naturel de 1 carat coûte de 2000 à 25000 €, un diamant de synthèse de 1 carat coûte de 500 à 4500 €. Vaut-il mieux choisir un diamant naturel ou un diamant de laboratoire ? Le premier détruit le paysage et les conditions de travail sont parfois difficiles pour les mineurs mais il fait vivre l’économie du pays, le second consomme beaucoup d’énergie mais est meilleur pour les paysages et les conditions de travail.
Nous voyons ensuite les machines de taille qui étaient utilisées par les ouvriers. Le diamant ne peut être rayé que par lui-même. Pour la taille, on utilise donc de la poudre de diamant de qualité inférieure, impropre à la joaillerie. Ces diamants de mauvaise qualité étaient écrasés au pilon jusqu’à obtenir une poudre extrêmement fine (la boart). La poudre était mélangée avec de l’huile d’olive afin de former une pâte abrasive.
L’outil principal était le « skaif », un disque horizontal en fonte ou en acier enduit de la pâte boart. Ce disque était entraîné par un système de courroies relié à une turbine alimentée par l’eau de la Creuse. Il tournait à grande vitesse (2500 à 3000 tours/minute).
Le diamant ne pouvait pas être tenu à la main. Il était bloqué dans un « dop », sorte de petite coupole. Le tailleur devait ajuster correctement le positionnement du dop pour user la pierre correctement et ne pas la casser. Tailler une seule facette pouvait prendre de quelques minutes à une journée !
/image%2F0651057%2F20260826%2Fob_06f3a0_xh-a-rzntjagcdcglfhvb9e4to1z7wuoz0uzag.jpeg)
Les diamantaires se lavaient les mains dans des lavabos spéciaux, équipés de filtres. L’eau de lavage stagnait dans des bacs de récupération où la poussière de diamant coulait au fond. Cette poussière était utilisée pour la fabrication du boart.
Les diamants bruts arrivaient à l’atelier par colis sécurisés sous forme de petits lots glissés dans des enveloppes en papier rigide plié, appelées « plis ». Le chef d’atelier installé dans le bureau de direction (au fond, derrière l’atelier), répartissait ensuite les plis entre les tailleurs. Le diamant était d’abord très précisément pesé en carats avant d’être donné à l’ouvrier. Quand l’ouvrier rendait le diamant taillé, tout était pesé : le diamant taillé, la limaille, les débris. Cela devait correspondre au poids de départ (en tenant compte de la perte normale).
Un ouvrier taillait rarement la pierre de A à Z. Les apprentis la dégrossissaient (le débrutage) avant de la passer aux tailleurs confirmés qui façonnaient la table (facettes du dessus) ou la culasse (facettes du dessous).
L’atelier recevait des diamants de très petite taille (0,05 carat). Il n’était pas possible de les tailler en 57 facettes. Ils étaient donc taillés en 17 facettes : la table, 8 facettes de dessus et 8 facettes de dessous. Ces diamants 8/8 étaient destinés à l’entourage de grosses pierres ou à paver des broches.
La taille diamant en 87 facettes (Sakura) est réalisée sur des diamants plus gros, de qualité supérieure, provenant souvent d’Afrique du sud. Il faut obtenir la réfraction maximale de la lumière.
Les ouvriers étaient payés au rendement ; le salaire dépendait du nombre de pierres taillées, de la difficulté du travail. Chaque étape (ébauchage, taille des facettes ou de la culasse) avait un tarif précis fixé par la coopérative.
Les pièces taillées par l’ouvrier étaient inscrites dans son carnet de travail.
Les bénéfices étaient répartis entre tous les ouvriers sous forme de bonus. Les ouvriers étaient, semble-t-il, bien payés, bien mieux que les maçons ou ouvriers agricoles.
pour la pose : la cuiller à absinthe et le verre.
Après la visite, nous nous installons au restaurant « La Felletinoise ». Repas simple mais traditionnel et goûteux. CLIC