Vendredi 6 octobre. 22 °, 140 km
Nous sommes à Kastoria, dans le nord-ouest de la Grèce. Ancienne cité byzantine richissime avec ses belles'églises byzantines en brique rouge (au XII ème siècle, l'explorateur géographe arabe Al Idriss la décrivait comme la ville aux cent églises). Il en reste plus de cinquante. Nous visiterons la Panagia Mavriotissa, au bord du lac, au sud de la presqu'île. Il y a un musée byzantin que nous n'avons pas visité (icônes d'Onufri, nous ne sommes pas loin de l'Albanie). De l'époque ottomane, il reste de belles demeures.
La région de Kastoria est constituée de montagnes et de plaines. La principale culture est celle des haricots blancs, la meilleure qualité se trouvant du côté du lac de Prespès. En grec, le mot "haricot blanc" se dit fasiola et haricots vert fasiolaka. Les haricots blancs sont de quatre tailles : petits, moyens, géants, éléphants. On peut cuisiner les géants/éléphants à la tomate. Le midi, nous avons mangé ce plat typique de la région.
On cultive également des choux, poivrons, tomates. Des fruits. Des oliviers.
des grenades
La ville se trouve dans une presqu'île du lac Orestias, nommé ainsi en raison d'une légende qui dit que la ville de Argos Orestiko, au sud du lac, aurait été fondée par Oreste, fils d'Agamemnon et de Clytemnestre, après le matricide. Le lac Orestias a une profondeur de 12 à 16 mètres et une température de 22 °. Une allée piétonne longe le lac et permet d'admirer les cygnes, les oiseaux, les fleurs... Le lac est aussi apprécié pour les sports nautiques. Les eaux sont évacuées vers le fleuve Aliakmon (le plus long fleuve qui coule entièrement en Grèce). Ce fleuve prend sa source au mont Grammos et se jette dans le golfe Hermaïque (mer Égée), près de Vergina.
Le lac de Kastoria abrite des colonies de castors mais contrairement à ce que nous fait au Canada, nous ne nous sommes pas levés dès potron-minet pour les regarder traverser le lac Orestiada. Nous nous sommes contentés d'admirer le lac le soir et le matin. La lumière était exceptionnelle.
Près de la Panagia Mavriotissa, un vieux sycomore de 700 ans, nommé monument naturel.
Kastoria est également le point de départ pour se rendre dans le parc national de Prespa, plus à l'ouest.
Kastoria a été fondée par Justinien I le Grand (Vème siècle) et était entourée par un rempart très épais, un des douze plus grands remparts justiniens.
La ville compte 15 000 habitants, il y en avait beaucoup plus par le passé, maintenant les jeunes reviennent après leurs études.
Le tourisme s'est beaucoup développé dans la région après la construction de l'autoroute qui permet de relier la région à Thessalonique en 2 heures (200 km) au lieu de 8 heures autrefois. À propos, Helena nous dit que le prix de l'essence est à plus de 2 euros et que cela va encore augmenter.
Les stations de ski ne sont pas loin sur les pentes de la chaîne du Vitsi (le Mont Verno : 2100 m). En hiver, il y a beaucoup de neige mais les écoles ne ferment pas !
Au sud de la presqu'île, la grotte du Dragon plaît aux spéléologues. Il y a 7 lacs souterrains, des rivières. Des ossements d'ours des cavernes (ursus spelaeus) ont été trouvés.
La légende de la grotte du Dragon :
« Il y a plusieurs siècles, la grande grotte située devant le monastère de Mavriotissa était une mine d'or et était gardée par un dragon qui respirait et émettait des flammes et des vapeurs venimeuses par sa bouche.
Après la construction de Kastoria (8 ème ou 10 ème siècle), le premier roi Castor, voulant divertir son frère invité Polydeuces et son beau-père Kelli, prêtre du dieu, révéla cette immense grotte. Mais la présence du dragon les empêcha d’approcher de la grotte. Alors le roi promit de grands cadeaux à celui qui tuerait le dragon. Un jeune homme fort est apparu. Un combat acharné avec le dragon s'ensuivit. En le frappant avec sa lance, les rochers environnants tremblèrent et les eaux du lac bouillonnèrent. Le monstre fut frappé et flotta mort sur les eaux du lac. Ils ont célébré l'événement et ont remercié Pan. Et puis, leurs torches allumées, ils se dirigèrent vers la grotte, la tête baissée pour ne pas heurter les stalactites. La profondeur s'étendait sur des kilomètres et l'atmosphère devenait étouffante faute d'oxygène. À un endroit où le tunnel se rétrécissait, les torches s'éteignirent et une épaisse obscurité les serra tous étroitement. Puis ils entendirent une voix étrange dire : « Celui qui se penche pour prendre une poignée de boue sur laquelle il marche se repentira ». Les plus courageux se baissaient, prenaient la boue et se remplissaient la poitrine. Les autres avaient peur et n’osaient pas prendre. Lorsqu'ils sortaient au soleil, ceux qui tenaient la boue étaient surpris de voir qu'ils tenaient de la poussière d'or humide… »
C'est ainsi que le folkloriste D. Giannousis (Acropole, 11-7-54) décrit la tradition de la Grotte de le dragon.
Les monts Vitsi et les monts Gramos furent le théâtre de batailles avec l'invasion des Italiens en 1940 et la guerre civile de 1945 à 1949. Des combats eurent lieu entre les partisans communistes (soutenus par les états communistes des Balkans) et les troupes monarchistes (soutenues par les États-Unis et les Britanniques). La montagne a encore des champs de mines.
Kastoria est également le point de départ pour se rendre dans le parc national de Prespa, plus à l'ouest.
Après les visites du matin, nous faisons un petit tour en ville et nous nous arrêtons sur la place Noltso pour boire un café et faire quelques achats.
La ville est réputée pour la fabrication de vêtements en fourrure, manteaux, vestes, écharpes, bonnets (climat très froid). C'était l'industrie principale jusque dans les années 80. Ensuite, elle a décliné à cause de l'apparition des fourrures synthétiques. Maintenant, l'activité reprend, même si les élevages de visons sont très contestés. Les meilleurs clients étaient les Russes, avant la guerre contre l'Ukraine. Les fourreurs confectionnent aussi des manteaux à partir des restes de fourrures (moutons, chèvres) sans qu'on voit les coutures.



















