L’île de Taquile (5,4 km sur 1,3 km) se trouve à 3 heures de Puno. Le village se trouve tout en haut de l’île. Pour y accéder, il faut grimper par un escalier de 584 marches. Mais nous, nous avons abordé au port du nord et accédé au village par un sentier raide mais plus aisé que l’escalier. L’île est à 3950 m et il y a 264 m de dénivelé. Il faut monter doucement, inspirer et expirer profondément, ne pas parler ! Notre guide m’a fait respirer une branchette de « muña. », sorte de sarriette.
Sur cette île vivent 2000 personnes mais il y vient 40 000 touristes par an. Les gens circulent à pied : pas de voitures, pas de vélos sur l’île. Pas d’hôtel non plus, les touristes logent chez l’habitant. Peu de chats ou de chiens : leur possession est soumise à l’autorisation de la communauté. Les habitants sont groupés en communauté autogérée et leurs productions artisanales se vendent en coopérative. Les objets tricotés portent un numéro et la somme revient à celui qui a tricoté le vêtement. J’ai acheté de jolies mitaines colorées et un bonnet (chullo).
La devise de l’île est : « ama sua, ama llulle, ama quilla » : ne vole pas, ne mens pas, ne sois pas paresseux.
Les hommes tricotent et les femmes filent. Il faut 15 jours pour faire un bonnet. Sur le chemin, des hommes étaient assis sur un muret en train de tricoter. Photos autorisées à condition de donner 1 sol. Les costumes sont fort jolis. Les femmes portent un voile noir sur la tête et des jupes amples. Les hommes portent un bonnet de couleurs vives. S’il est rouge, l’homme est marié ; s’il est blanc et rouge, l’homme est célibataire. Leur ceinture est une sorte de calendrier qui décrit les activités agricoles.
Sur un banc de pierre de la place principale, un papy tricote en attendant qu’on le prenne en photo. Cela doit être son activité principale car j’ai vu sa photo sur le net prise par d’autres personnes. Il ne parle et ne comprend que le quechua. Félix, notre guide, se fait l’interprète. Le papy a 90 ans, il a 3 filles et 2 garçons mais ne connaît pas leur âge. Sous son chapeau de feutre, il porte un bonnet qu’il a tricoté quand il était plus jeune.
Les habitants de l’île sont catholiques mais ils continuent aussi à vénérer la déesse terre (la Pachamama) pour s’assurer des récoltes fertiles.
Du sommet de l’île, le paysage sur le lac est magnifique et tout au loin, on aperçoit les sommets enneigés de Bolivie.
les femmes filent en marchant
les hommes tricotent
la fleur de cantuta, symbole du Pérou, est partout
le moindre petit lopin de terre est cultivé
au loin, on paerçoit les sommets enneigés de Bolivie
regardez bien , près des rochers
confortable, à défaut d'intimité





















