Les visites de la matinée sont terminées. Nous déjeunons au restaurant Naftis (cela signifie "le marin") à Crénidès (ce nom signifie "sources") : beignets de courgettes, salade, porc purée, dessert et café. Puis, direction Philippes, tout près de là. Philippes est à 60 km environ d' Amphipolis.
Philippes a été fondée en 356 BC par Philippe II pour contrôler les mines d'or du mont Pangée.
Le site de Philippes est très vaste (et pourtant, un cinquième seulement a été fouillé). La ville romaine pouvait abriter 70 000 personnes.
Nous entrons par la porte est.
Nous arrivons en peu de temps au théâtre. Rappelons que les femmes n'assistaient pas aux spectacles, les acteurs jouaient le rôle de femmes. Les Romains le transformèrent en arène et piscine pour les combats de gladiateurs. Il pouvait accueillir 1000 personnes.
Nous ressortons par le côté ouest. Les piliers de la porte représentent Mars, en armes ;
la Victoire (Niké) offrant une couronne (avec ses ailes, elle aurait inspiré les anges de l'iconographie chrétienne) ;
et Némésis, fille de la déesse de la nuit Nyx, déesse du châtiment céleste. Elle dernière porte la balance et, à ses pieds, se trouve la roue du destin.
Nous passons devant la basilique A (alpha) et ses chapiteaux théodosiens (mélange de ionique et corinthien). Ce qu'on appelle pilier a une section carrée ou rectangulaire et ce qu'on appelle colonne a une base circulaire.
le pilier est plus massif et la colonne plus élancée.
À côté de la basilique se trouve un petit hérôon (sanctuaire funéraire). Tout à côté, il faut descendre quelques marches pour voir ce qui est nommé comme "la prison de Saint Paul" mais le site est actuellement en fouilles donc fermé par une grille. Je n'y suis pas allée.
Philippes fait donc partie du périple de Saint Paul. C'est là qu'il convertit la première chrétienne, en 50 (c'était sous le règne de l'Empereur Claude) : Lydie, négociante en pourpre. Puis il guérit une jeune fille épileptique, ce qui ne plut pas aux habitants et il fut emprisonné avec un disciple. On peut dire que le christianisme est né ici.
Nous voilà maintenant au bord de la via Egnatia, appelée sur le plan Agion Christophoron (elle relie Dürres au bord de l'Adriatique) à Byzance-Constantinople-Istanbul.
La quasi-totalité du groupe se dirige vers la grande basilique B (construite au VI è siècle) via le forum et le centre commercial
à gauche on voit les boutiques du marché (le macellum) :
Je ménage mes jambes, reste au bord de la via Egnatia, prends quelques photos au zoom, écoute les explications d'Helena grâce à l'audiophone, fais un croquis de colonne.
Tout le monde repart vers une autre partie du site : le complexe de l'Octogone constitué de trois sites. Du plus ancien au plus récent : le herôon en sous-sol (sanctuaire funéraire du II è BC, époque hellénistique, dédié à un adolescent), le lieu de prière (la maison de Paul) construite en 340 au rez-de-chaussée et l 'église octogonale construite fin XV è car l' église primitive était trop petite. Ce site est classé UNESCO à cause de l'inscription : l'évêque Porphyrios qui a participé au Concile de Serdique a fait construire cette maison de Paul, c'est-à-dire la première église (on est en 340). Avant, il n'y avait pas d'église, seulement des salles de prière. La mosaïque est protégée par un auvent. Une partie de la mosaïque représente la fontaine de la sagesse.
Nous poursuivons notre visite. Des espaces de stockage (n° 10 sur le plan de l'Octogone) prouvent qu'il y avait beaucoup de personnes ici : c'était un centre de tourisme religieux important avec cinq églises.
Les hypocaustes servaient à chauffer l'eau du baptistère et des bains.
Sur cette pierre sont inscrites les lettres IΧΘΥΣ qui signifient POISSON, acronyme de Ἰησοῦς Χριστὸς Θεοῦ Υυἱός, Σωτήρ (Jésus-Christ fils de Dieu sauveur). Sur cette roue, les lettres sont imbriquées les unes dans les autres mais Hélena nous les bien indiquées. C'était un code secret utilisé par les chrétiens pour se reconnaître entre eux et indiquer l'endroit où aurait lieu l'office.
Philippes est aussi célèbre par un événement historique important (autre que la présence de Saint Paul)
Le site fut le théâtre d'une bataille déterminante pour l'histoire romaine. Après la mort de César, Octave, Marc Antoine et Lépide avaient constitué un triumvirat. Pour le Sénat, l'espoir de sauver la République reposait en Brutus (qui avait assassiné César deux ans plus tôt, en 44 BC) et Cassius. La rencontre entre les armées des Impériaux et celles des Républicains eut lieu dans les marais de Philippes en 42 BC (en deux batailles). La communication entre Cassius et Brutus ne s'étant pas faite (pas de téléphone portable à l'époque), les Républicains ont perdu. Les triumvirs se sont partagé l'Empire romain et fondèrent une colonie romaine à Philippes. Dix ans plus tard, en 31 BC, Octave et Marc s'affrontent à la bataille navale d'Actium (côte ouest de la Grèce). Marc Antoine est vaincu, il se suicide ainsi que Cléopâtre. Octave devient le premier empereur romain avec le titre d'Auguste.
Tous ces événements sont racontés dans la pièce de Shakespeare "Jules César" (le spectre de César apparaît à Brutus et lui dit "Je te verrai à Philippes")
Il y a aussi un musée que nous n'avons pas visité.
Arrivée à Kavala à l'hôtel Oceanis à 16 h 30. Quelques heures de repos et on se retrouve à 19 h 30 pour un petit tour en ville, il faut trouver un restaurant.
Kavala (l'ancienne Néapolis) compte 60 000 habitants. Elle a été fondée au milieu du VII è siècle BC par des colons venant de Thassos. Après la conquête de la Thrace par Philippe II (346 BC), elle devient le port de Philippes. Elle prend le nom de Christoupolis au VIII è siècle avec la christianisation. En 1387, Christoupolis est définitivement conquise par les Ottomans. En 1425, la forteresse de l'acropole est détruite par les Vénitiens et la ville, pillée, est quasi-abandonnée. À la fin du XV è siècle, elle prend le nom de Kavala. Comme c'était la ville de naissance de Mehemet Ali, la ville fut épargnée. En 1923, après la "Grande catastrophe", le traité de Lausanne impose l'échange de populations : les Grecs d'Asie mineure doivent regagner la Grèce et les Turcs de Grèce doivent regagner la Turquie. (Wikipédia)
sur la place Elefthérias : statue de Niké par Yannis Parmakelis (1970)
repas sur le port (sous toute réserve, c'était le restaurant Tsipouradiko Perdikis, 16 Eritrhrou Stravous sur le port) : salade olives et feta, concombre, tomates. Bière de 500 ml (c'est souvent la quantité qui nous est proposée). Le dessert nous est gracieusement offert. Le tout pour 17 euros pour nous deux. Adresse à recommander !
Merci à Bernadette qui m'a aidée à corriger ce texte.
CLIC vers ce blog exceptionnel, avec quantité de renseignements sur les sites que nous avons visités.































