Assalamaleikum !
Mardi matin 26 septembre, nous partons de la maison pour nous rendre à Orry-la-ville puisque c’est Laurent qui doit nous emmener à Roissy. Catastrophe, la porte du garage ne s’ouvre pas, le mécanisme de la serrure est cassé. Heureusement, Guy réussit à ouvrir et fermer. Nous arrivons à Roissy, en avance, l’heure du rendez-vous est à 19 h. Nous faisons connaissance de nos compagnons de voyage, nous sommes 17 plus Guy, l’accompagnateur. Il y a trois Guy que nous appellerons Guy-one, Guy-two et le mien sera Guy-try. Les contrôles se passent sans problème et nous décollons à 21 h 50. Après avoir parcouru 5137 km en 6 h 15 de vol sur un Boeing 767 de l’Uzbekistan airways (survol de l’Allemagne, Pologne, Biélorussie, Russie, Kazakhstan), nous arrivons à Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan. Il est 6 h 49 à Tachkent et 3 h 49 en France. Nous n’avons pas beaucoup dormi. Au bout d’un certain temps, nous récupérons nos valises ; notre passeport tamponné, nous rejoignons la sortie. Dans l’avion, il avait fallu remplir le formulaire pour la douane : déclarer les devises et le matériel apporté. Conserver soigneusement ce papier et en remplir un autre au retour.
Notre guide, Gayrat, nous attend et nous conduit au restaurant pour un petit déjeuner puis un bus nous emmène à l’aéroport domestique. Nous changeons quelques euros contre des sums, la monnaie du pays, mais nous pourrons souvent payer avec des euros en billets ou en pièces ou des dollars. Pas ou très peu de distributeurs, en tout cas, nous n’en avons pas vus. Les contrôles effectués, nous décollons à bord d’un A 357 en direction d’Andijan, dans la vallée de Ferghana. Il fait 25°.
Trois états imbriqués avec des enclaves. La vallée du Ferghana.
Gayrat nous épate car, très vite, il connaît tous nos prénoms alors qu’il me faudra au moins un jour pour mettre un nom sur chaque visage.
Notre car arrive, nous aurons de la place : 51 places pour 19 personnes ! Mais cela ne nous empêchera pas d’être secoués tout au long du voyage !
Après un repas dans un tchaikana, restaurant local d’Andijan, nous faisons connaissance des premiers sourires dorés, richesse des femmes. Les dents en or sont, paraît-il, moins chères que les prothèses classiques (l’Ouzbékistan est le 8 è pays producteur d’or). Nous avons droit à une table classique avec chaises encapuchonnées alors que les Ouzbeks s’assoient en tailleur sur le taptchan, sorte de banc surélevé avec balustrade, sur lequel se trouve une table basse. On nous sert une soupe avec des nouilles épaisses appelées laghman, des boulettes de bœuf, des tranches de melon et de pastèque et bien sûr, un pain rond décoré, le nan, qu’on ne coupe pas mais qu’il faut rompre.
les nouilles laghman :
Nous nous rendons ensuite dans le parc de Babour où se trouve le musée et mausolée. Babur n’est pas enterré ici. Il est mort à Agra, en Inde où il a aussi un mausolée et a été enterré à Kaboul. Babur a fondé l’empire moghol d’Inde et a fait d’Agra sa capitale. Son nom signifie « tigre ». Son arrière-arrière-petit-fils a fait construire le Taj-Mahal. Baburl est né en 1483 à Andijan. Le 510 è anniversaire de sa naissance a été l’occasion d’une grande fête. Babur descendait de Tamerlan par son père et de Gengis Khan par sa mère. Il a écrit ses mémoires « le Babur Nama ». À l’intérieur du petit musée, des peintures murales racontent l’histoire de sa vie.
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un poème de Babur
Échanson, le temps du plaisir est venu, ne le retarde pas de ton absence,
Apporte des boissons flamboyantes, laisse, en discussions, passer la nuit dans le vin,
Apporte du vin pur, prépare les instruments,
Orne la nuit de la lune car nous sommes avec cette lune-là.
Annule la tristesse du jour, installe la demeure du plaisir,
Réjouis l’âme et le cœur de ta voix, du tchang et de la flûte.
Fais que tous ceux de l’assemblée, bruyants du plaisir du vin,
Buvant verre après verre soient ivres et égarés.
Où est mon aimée consolante, où est celle qui partage ma tristesse,
Où est le nuage printanier qui va pleurer avec Babour ?
Babour (1483-1530)
Nous grimpons quelques marches pour admirer le monument où se trouve un peu de la terre de son tombeau.
Le mois de septembre est propice aux mariages en Ouzkékistan. Nous prenons quelques photos des mariés et Liliane est invitée à leur dire quelques mots de bonheur.
la statue de Babour :
La vallée de Ferghana est très riche, les cultures abondent : plaqueminiers (leurs fruits sont les kakis), pommiers, grenadiers, abricotiers, figuiers, mais il n’y a ni bananiers ni orangers. La principale culture est celle du coton (deuxième exportateur mondial et cinquième producteur). C’est la période du ramassage du coton. Le car n’a pas le droit de s’arrêter pour que nous puissions prendre des photos des champs de coton avec les travailleurs, les photos sont interdites (un article du Courrier international en 2013 mentionne le travail « forcé » de tous, même les écoliers, dans les champs de coton), de même que dans le métro de Tachkent, à l’aéroport, aux postes frontières entre les régions.
Cette journée a été très agréable mais cela ne me fait pas oublier qu’à Andijan, en 2005, l’armée a tiré sur la foule qui s’était rassemblée sur la place Babour.
Nous prenons la route pour nous rendre dans le sud, à Ferghana. La journée se termine par un délicieux repas en terrasse de l’hôtel Asia Ferghana. Une petite réunion organisée par l'accompagnateur nous permet de faire connaissance, de prendre connaissance des détails pratiques du voyage, de la mise en commun d'une cagnotte "taxes photos", ce qui nous évitera à chaque visite de payer pour notre appareil photo et camescope. Les pourboires donnés aux chauffeurs (nous en aurons plusieurs) et aux porteurs de bagages seront également gérés par l'accompagnateur et une dame du groupe. Bien pratique !
des manty, ravioles fourrées de viande et cuites à la vapeur




















