Quand ma grand-mère Désirée Duteilleul (et sans doute avant elle sa mère Alphonsine Lécurier) allait à la messe, elle emportait avec elle cette petite chaufferette percée de trous dans laquelle elle mettait des braises. Elle posait ses pieds sur la chaufferette et comme elle portait des vêtements longs, la chaleur montait le long des jambes et réchauffait tout le corps.
Pour chauffer le lit, on utilisait des bassinoires en cuivre qu’on remplissait de braises et qu’on passait entre les draps.Quand j’étais petite, l’unique cuisinière à bois et à charbon, qui se trouvait dans la cuisine était éteinte. Le matin, on se réveillait avec des fleurs de givre sur les vitres mais pour ne pas avoir froid dans le lit, on mettait une brique chaude enveloppée dans du papier journal ou des chiffons. Ma grand-mère avait une brique plus jolie, en terre réfractaire vernissée (dessus il est écrit « chauffeuse ». Les deux trous permettaient de la saisir avec une pince.
J’ai toujours eu froid aux pieds (encore maintenant!) et quand j’arrivais de l’école, je fourrais mes pieds dans le bas de la cuisinière. Engelures garanties qu’on soignait avec du baume camphré.

